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La crise des opioïdes s'est aggravée pendant la pandémie, selon un rapport

La Dre Eileen de Villa, médecin hygiéniste Toronto, répond à une question en conférence de presse.

La Dre Eileen de Villa, médecin hygiéniste Toronto, a présenté le rapport lundi. (Archives)

Photo : CBC/Evan Mitsui

Radio-Canada

Un nouveau rapport du service de santé publique de Toronto invite le gouvernement fédéral à décriminaliser les drogues afin de lutter contre l'aggravation de la crise des opioïdes dans la plus grande ville du Canada.

La Dre Eileen de Villa, médecin hygiéniste de Toronto, a présenté le rapport au conseil de santé de la ville lundi. Il comprend un résumé de la crise et une liste de recommandations pour les trois ordres de gouvernement.

Le conseil a adopté les recommandations avec deux modifications (la liste complète peut être consultée sur le site Web de la ville de Toronto (Nouvelle fenêtre), en anglais seulement).

Toronto a connu 521 décès confirmés par surdose d'opioïdes en 2020, soit 78 % de plus qu'en 2019 et 280 % de plus qu'en 2015.

Il s'agit d'une augmentation sans précédent, a déclaré Nicole Greenspan, gestionnaire à Santé publique de Toronto, qui a présenté les chiffres au conseil de santé avec la Dre de Villa.

Le nombre de surdoses d'opioïdes mortelles présumées auxquelles les ambulanciers ont assisté a également augmenté depuis le début de la pandémie en mars 2020. Avant la pandémie, les ambulanciers assistaient en moyenne à 13 appels par mois. Ce chiffre a doublé en 2020, selon Mme Greenspan.

Le rapport indique également qu'en janvier 2021, les ambulanciers ont répondu à 38 appels de surdoses mortelles, le nombre le plus élevé jamais retrouvé à Toronto.

Des recommandations pour tous les ordres de gouvernement

Il ne fait aucun doute qu'une crise de cette ampleur et de cette portée exige une activité de tous les ordres de gouvernement, a déclaré la Dre de Villa lors de la réunion.

Le rapport demande à la ministre fédérale de la Santé, Patty Hajdu, d'user de son autorité pour décriminaliser l'usage personnel de toutes les drogues, de déclarer une urgence nationale de santé publique et d'élaborer un plan pancanadien.

Il recommande également un certain nombre de mesures au gouvernement de l'Ontario. Ces recommandations comprennent l'intensification des services de prévention, de réduction des méfaits et de traitement, ainsi que le financement d'un centre d'aide aux toxicomanes en situation de crise.

De plus, la Dre de Villa a demandé au conseil de la santé de reconnaître la crise de l'empoisonnement par la drogue comme une crise de santé publique dans la ville de Toronto. Elle a aussi recommandé qu’elle crée, elle-même, un nouveau groupe de travail pour élaborer une approche alternative aux sanctions pénales fondée sur la santé et l'équité sociale pour la consommation personnelle de drogues.

Cette crise ne peut être traitée par une seule agence et ses actions, ou par un seul ordre de gouvernement à lui seul.

Un groupe de défense des droits boycotte la réunion

La Toronto Overdose Prevention Society a boycotté la réunion. Selon l’organisme, des gens qui ont offert des témoignages aux réunions du conseil d'administration sont morts depuis en raison de l'inaction de la Ville.

L’organisme a organisé une manifestation à l'extérieur de l'hôtel de ville en mémoire des personnes qui sont mortes de surdoses, ce qui, selon eux, est dû à l'inaction des politiques et aux lois racistes, coloniales et oppressives qui ont directement conduit à cet approvisionnement en drogues toxiques.

Ce comité a fait recommandation après recommandation sans action concrète, ont-ils déclaré dans un communiqué. Assez des recommandations et des groupes de travail : Il est temps pour la ville de Toronto d'agir.

Les Harper, promoteur de santé autochtone au South Riverdale Health Centre, a déclaré avoir pris la parole à plusieurs reprises devant le conseil de santé de la Ville. Ça ne mène nulle part, selon lui.

J'ai déjà été députée au conseil de la santé, et depuis ma dernière députation, beaucoup de gens sont morts, a déclaré Sarah Greig, responsable du programme au service de consommation et de traitement de Moss Park, qui était présente à la manifestation.

J'aimerais voir un soutien plus intersectoriel, coordonné et complet en matière de réduction des risques et un plan d'action contre les surdoses.

Elle aussi aimerait que le gouvernement fédéral décriminalise les drogues pour mieux réguler les chaînes d'approvisionnement.

Ces morts sont 100 % évitables, selon elle. Nous pouvons faire mieux.

Avec les informations de CBC News

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