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Half Moon Run lance un premier microalbum 100 % autoproduit

Trois jeunes hommes sont attablés à une banquette de restaurant, près d'un juke-box.

De gauche à droite : Conner Molander, Dylan Phillips et Devon Portielje, le trio qui forme Half Moon Run.

Photo : Page Facebook de Half Moon Run / Alexis Sevenier

Charles Rioux

Après avoir remporté son premier Juno et lancé un microalbum l’été dernier, le trio montréalais est de retour avec Inwards & Onwards, un microalbum de six titres créé de A à Z sans aucune aide de l’extérieur; une première pour le groupe. Entrevue avec Dylan Phillips, batteur, claviériste et l’un des chanteurs de la formation.

En juin 2020, près de dix ans après ses débuts, Half Moon Run a remporté son premier prix Juno, celui de l’album adulte alternatif de l’année pour A Blemish in the Great Light (2019). À peine un mois plus tard, le groupe lançait le microalbum Seasons of Change, composé de chansons créées pour A Blemish in the Great Light, mais laissées de côté à l’époque par souci de concision.

Puis au cours du confinement des derniers mois, les musiciens ont créé des vidéos dans lesquelles ils ont repris certaines de leurs chansons les plus populaires en formule dépouillée, chacun s’enregistrant de chez soi. Des sessions immortalisées dans un album lancé en septembre dernier, The Covideo Sessions.

Cette dernière année prolifique, Dylan Phillips l'attribue grandement à la pandémie et à ses multiples confinements. On a l’habitude d’être sur la route, de faire tellement de shows et de toujours avoir quelque chose qui s’en vient. La pandémie, [...] il fallait voir ça comme une occasion de donner du temps à la création, explique-t-il par vidéoconférence, à quelques jours de la sortie du nouveau microalbum du groupe, le vendredi 18 juin.

Cette pause forcée a aussi permis à Devon Portielje, Conner Molander et Dylan Phillips de se rendre compte qu’ils aimaient bien faire les choses eux-mêmes; une prise de conscience qui a donné naissance à leur première œuvre autoproduite, Inwards & Onwards.

Le titre est inspiré d’une certaine manière de ce qu’il fallait qu’on fasse au début et pendant la pandémie. L’idée de inwards, c’est de regarder vers l’intérieur. C’est une période de réflexion [qui nous a permis] de penser au passé, au présent et au futur; ce qu’on veut pour nous comme individu, mais aussi comme groupe, résume Dylan.

Une production plus épurée

À ce point dans leur carrière, les membres de Half Moon Run sont à la recherche d’un son nouveau, sans rejeter toutefois la formule qui les a si bien servis à ce jour. La richesse de la production qui a marqué leurs efforts précédents est encore présente, mais le groupe semble moins porté à remplir chaque interstice de ses compositions.

Je pense qu’il y a plus d’espace, affirme Dylan Phillips. Une partie de notre nouvelle philosophie de musique, c’est de [se] laisser de l’espace pour exister. Ça peut être grand des fois; il peut y avoir beaucoup d’éléments électroniques ou d’autres choses pour remplir le spectre, mais j’aime l’idée de se donner du temps pour écouter ce que les autres font.

Du côté de l’ambiance, Inwards & Onwards navigue entre l’optimisme, la contemplation et la mélancolie, voire l’angoisse, plus particulièrement sur la chanson It’s True, qui a été composée pour la série d’horreur The Walking Dead, avant d’être écartée par l’équipe de production de l’émission, selon Dylan.

Il y a tellement d’émotions et de choses qu’on vit pendant une pandémie. Des fois, c’est très dark, c’est très sombre. Et d’autres fois, c’est plus léger et uplifting, comme lorsqu’on joue avec son chien ou qu’on fait du jardinage.

Liberté totale en studio

Habitué à travailler en équipe, le groupe a dû apprendre certains rudiments de l’enregistrement et du mixage pour arriver à fonctionner seul. L’essentiel de la tâche a été dévolu à Dylan Phillips, qui s’est découvert une passion pour l’aspect plus technique de ces journées passées en studio.

En tant qu’ingénieur, c’était le fun et des fois vraiment frustrant : quel micro [choisir], pourquoi ça sonne horrible, qu’est-ce qu’il faut faire? Des fois on faisait des recherches sur d’autres bands qu’on aimait, pour trouver c’est quoi le processus derrière leur son. C’était vraiment des essais-erreurs, explique-t-il.

J’ai découvert que je peux travailler toute la journée et toute la soirée sans perdre d’énergie ou de focus. Il y a des choses que je ne peux pas faire plus qu’une couple d’heures, mais pour le mixage, je me lance dans le monde de la toune, le spectre du son, et le temps passe très vite.

Et Half Moon Run, ça travaille mieux sous les pressions d’une maison de disques ou l’esprit complètement libre?

On aime la pression. Mais cette fois-ci, c’est nous qui nous sommes mis une pression. On s’imagine un deadline, on se dit "hey, ça serait le fun de sortir ça l’année prochaine", explique Dylan. Donc il faut écrire pendant cette période, et on se laisse ce [laps] de temps pour enregistrer et mixer.

Questionné sur la quasi-décennie qui sépare Inwards & Onwards du premier album de Half Moon Run, Dark Eyes (2012), Dylan Phillips affirme être satisfait du travail accompli, tout en affirmant que c’est loin d’être la fin pour le groupe.

Je trouve qu’on est encore des bébés avec beaucoup à apprendre. Inwards & Onwards, c’est un point de départ, et j’ai hâte de voir où ça va nous amener.

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