•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Retour à la case départ pour le parc d’hivernage de Grande-Rivière

Un navire, le Yan-Philippe, installé hors de l'eau pour l'hiver.

Les équipements du parc d'hivernage de Grande-Rivière sont désuets (archives.)

Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat

Le projet de réaménagement de l’aire d’hivernage pour bateaux de Grande-Rivière devra trouver une autre source de financement que le Fonds des pêches. La réponse officielle a été reçue il y a quelques semaines.

C'est la ministre des Pêches, Bernadette Jordan, qui a redirigé la Municipalité vers le programme de ports pour petits bateaux.

Le programme sera doté d’un budget de 300 millions pour deux ans. Les crédits doivent être votés à la Chambre des communes avant la fin de la session parlementaire.

Le maire de Grande-Rivière, Gino Cyr, doute toutefois que ce soit le programme approprié. Mon inquiétude, commente M. Cyr, c’est que c’est un programme pancanadien et que par le passé, ça ne finançait pas les parcs d’hivernage et il n’y a aucun signe qui indique le contraire.

Le ministre des Pêcheries du Québec, André Lamontagne, arrive aux mêmes conclusions. L’analyse qu’on a faite au MAPAQ, on a analysé le projet de façon fine avec les critères du programme, on en est venu à la conclusion que ça ne fonctionne pas avec ce programme-là. On est comme revenu à la case départ, commente le ministre Lamontagne.

André Lamontagne devant une affiche du ministère et un drapeau du Québec lors d'une entrevue.

Le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, André Lamontagne, souhaite parvenir à une solution.

Photo : Radio-Canada

Il demande de nouveau à Ottawa de faire montre de plus de souplesse dans l’interprétation des critères du Fonds des pêches.

L’aménagement d’une aire d’hivernage pour les bateaux avec services, caméras de surveillance, électricité, clôtures, pour des bateaux de moins de 15 mètres est évalué à deux millions de dollars. Le projet inclut l’achat d’un chariot élévateur ou grue-portique d’une capacité de levage de 60 tonnes ainsi que la construction d’une rampe pour les bateaux.

À la recherche d'une solution

Pour la ministre du Revenu et députée de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Diane Lebouthillier, la décision de ne pas retenir le projet dans le fonds des pêches a été prise par les fonctionnaires des deux gouvernements, qui financent le projet. Ce n'est pas qu'une décision fédérale.

Elle admet par contre qu’il reste du travail à faire avant d’attacher le financement. Est-ce que les sommes qui vont être versées dans les ports pour petits bateaux pourraient venir en aide au projet de Grande-Rivière? Ça reste à voir entre les autorités de Pêches et Océans et la Municipalité de Grande-Rivière. C’est un défi d’entreprise. Les dossiers demandent du travail, de la collaboration, de la concertation.

Des homardiers à quai

À l'automne, les bateaux devront être sortis de l'eau et remisés.

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

La ministre se dit aussi bien consciente des retombées importantes attendues par la communauté. C’est important de continuer à travailler ensemble parce que c’est un projet majeur.

Le maire de Grande-Rivière ne demande pas mieux que d’en arriver à une solution. Je ne veux pas juste un appui moral, lance Gino Cyr.

Comme le ministre Lamontagne, il pense encore que le Fonds des pêches pourrait être un bon outil. Si le fédéral croit au projet, qu’il trouve que c’est structurant et qu’il veut soutenir l’industrie des pêches, et s’assurer d’offrir une infrastructure sécuritaire aux utilisateurs à Grande-Rivière, mais s’il n’y a pas de programme, il faudra peut-être se raviser et retourner à la charge avec le fonds des pêches, parce que l’enveloppe est là.

De plus gros bateaux

La Municipalité travaille sur le projet depuis février 2020. Plus le temps passe, plus la situation devient urgente et le transbordement des bateaux, de moins en moins sécuritaire. Les installations ne conviennent plus pour les bateaux de 45 pieds. La Municipalité travaille sur une solution temporaire pour l'automne.

Pour des raisons technologiques et sécuritaires, les bateaux de pêche sont de plus en plus gros et de plus en plus larges. Le réaménagement des parcs d’hivernage ainsi que l’installation de grues-portiques ou de bers cavaliers plus performants sont des problématiques qui touchent tout le golfe du Saint-Laurent.

Les demandes comme celles de Grande-Rivière pourraient donc se multiplier.

D'autres projets

En Gaspésie, le parc d’hivernage de Newport aura aussi besoin bientôt d’investissements.

L’Association des crabiers gaspésiens souhaiterait obtenir un nouveau ber cavalier pour soulever les bateaux. Les espaces d’entreposage des bateaux ont aussi besoin d’être élargis. Il y a plusieurs bateaux qui ne peuvent pas monter parce que la machine n’est pas assez grosse et le trou n’est pas assez grand. Plusieurs s’en vont ailleurs, explique le président des crabiers gaspésiens, Daniel Desbois.

Le projet qui est en cours d’évaluation pourrait se réaliser à la faveur de la rénovation du port de pêche de Newport, attendue pour 2022.

Le site d’hivernage de Newport accueille environ 80 bateaux, mais aurait aussi besoin d’être agrandi. Daniel Desbois estime qu’une vingtaine de bateaux sont sur une liste d’attente et que ce nombre pourrait augmenter si le début de la pêche au crabe se fait plus tôt dans le futur, comme ce fut le cas cette année. Mais on doit régler le problème du trou et de la machine avant.

À Rivière-au-Renard, un projet d’agrandissement est aussi dans les cartons. Des esquisses et des estimations sont en cours.

Sur un quai enneigé se trouve un bateau de pêche à la crevettes.

Bateau de pêche à la crevette à Rivière-au-Renard (archives).

Photo : Radio-Canada

Le maire de Grande-Rivière souligne qu’il n’existe aucun programme pour soutenir ce type d’infrastructures. Ce n’est pas normal pour une industrie aussi importante aux Îles-de-la-Madeleine, en Gaspésie et sur la Côte-Nord qu’on ne soit pas en mesure de prévoir des budgets et des crédits nécessaires pour des mises à niveau pour permettre à l’industrie d’évoluer et de s’assurer d’avoir des équipements sécuritaires.

Gino Cyr rappelle que chaque bateau est en soi une mini-entreprise qui emploie deux, trois, voire quatre personnes et que ces investissements sont essentiels pour l'économie des communautés comme la sienne.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !