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Israël : feu vert à la marche controversée de l'extrême droite à Jérusalem-Est

Des manifestants brandissant des drapeaux près d'un vieux mur.

Des jeunes brandissant des drapeaux israéliens près des murs entourant la vieille ville de Jérusalem, le 10 juin dernier.

Photo : Reuters / NIR ELIAS

Agence France-Presse

Le nouveau gouvernement israélien a donné son feu vert lundi soir à une marche controversée de militants juifs nationalistes et d'extrême droite qui doit avoir lieu mardi à Jérusalem-Est, dont la tenue dans le secteur palestinien occupé de la Ville sainte fait craindre de nouvelles violences.

Prévue au départ jeudi dernier, la marche avait été repoussée à mardi par le gouvernement de Benyamin Nétanyahou malgré les menaces du mouvement islamiste palestinien Hamas d'une nouvelle escalade si elle était maintenue.

Israël s'est depuis doté d'un nouveau gouvernement, dirigé par le chef de la droite nationaliste Naftali Bennett, qui s'est allié au centriste Yaïr Lapid dans le cadre d'une coalition ayant mis un terme à 12 ans de règne ininterrompu de M. Nétanyahou.

Et lundi soir, le nouveau ministre de la Sécurité intérieure, Omer Bar-Lev, a décidé de maintenir la manifestation : La police est prête et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour préserver le tissu délicat de la coexistence [...], ont indiqué ses services dans un communiqué.

Après l'entrée en fonction du nouveau gouvernement, les organisateurs ont craint une interdiction de la marche, mais le ministre de la police a soutenu que le droit de manifester est un droit pour tous en démocratie, pour justifier sa décision de la maintenir.

Cette marche des drapeaux, à l'appel de plusieurs figures de l'extrême droite nationaliste israélienne, notamment le député Itamar Ben Gvir, devait rassembler des centaines de personnes dans la vieille ville de Jérusalem.

Son parcours a toutefois été établi après des négociations entre ses organisateurs et la police israélienne dans l'espoir d'éviter des affrontements avec les Palestiniens.

Mise en garde

La marche a pour objectif de marquer la journée de Jérusalem, commémorant pour les Israéliens la réunification de la ville en 1967, mais qui symbolise pour les Palestiniens la conquête et l'annexion de Jérusalem-Est.

Elle devait dans un premier temps se tenir le 10 mai dernier, mais elle avait été annulée dans la foulée de tensions à Jérusalem-Est, théâtre de violentes manifestations contre la colonisation israélienne qui ont été l'étincelle d'une guerre de 11 jours entre les factions palestiniennes et Israël.

Le Hamas avait mis en garde la semaine dernière Israël contre des représailles si la marche s'approchait du secteur palestinien de Jérusalem et notamment de l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam.

Et lundi soir sur Twitter, le premier ministre palestinien, Mohammad Shtayyeh, a mis en garde contre les dangereuses répercussions que pourrait avoir la décision de la force occupante d'autoriser des colons israéliens extrémistes à tenir la "marche des drapeaux" dans Jérusalem occupée. Il a dénoncé une provocation et une agression contre notre peuple [palestinien], Jérusalem et ses lieux saints qui doivent cesser.

Biden promet de travailler avec le nouveau gouvernement

À en juger par l'empressement avec lequel il a félicité le nouveau premier ministre israélien, Joe Biden semble soulagé par le départ de Benyamin Nétanyahou.

Le président des États-Unis a été dimanche le premier dirigeant à promettre de travailler avec le gouvernement de Naftali Bennett, dans un communiqué publié une demi-heure seulement après son intronisation parlementaire, puis lors d'une conversation téléphonique dans la foulée.

Arrivé à la Maison-Blanche en janvier, le démocrate Joe Biden avait laissé Benyamin Nétanyahou patienter pendant 28 longs jours avant de s'entretenir pour la première fois avec lui.

Le délai avait suscité une polémique en Israël, mais aussi à Washington, où certains ténors républicains y avaient vu un signe de mépris à l'égard du premier ministre d'un allié clé, particulièrement choyé pendant le mandat de Donald Trump.

Au sujet de l’accord nucléaire avec l’Iran, Israël restera probablement hostile à la volonté de Washington de le réintégrer après la décision de Donald Trump d'en sortir.

Le nouveau gouvernement pourrait, à la différence de Benyamin Nétanyahou, s'abstenir d'aller au combat politique avec Biden.

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