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24 M$ de Québec reçoivent un accueil mitigé par le milieu communautaire de l’Est-du-Québec

Des tablettes sur lesquelles on retrouve des aliments dans une banque alimentaire.

Québec veut aider 1000 organismes grâce à l'aide annoncée aujourd'hui.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Radio-Canada

Le gouvernement du Québec octroie 24 millions de dollars sur trois ans pour aider les organismes communautaires de la province à la formation de sa main-d'œuvre. Une aide qui reçoit un accueil mitigé dans le milieu communautaire de l’Est-du-Québec.

De cette somme, 18 millions de dollars seront dédiés à l’utilisation de services d’intervenants externes pour conseiller les organismes dans la gestion de leurs ressources humaines.

Les six millions de dollars restant serviront à la formation des employés des organismes, notamment dans le domaine du numérique.

C’est le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet qui en a fait l’annonce lundi. Ce dernier estime que les organismes font souvent face aux mêmes défis de gestion que les entreprises privées.

Jean Boulet en conférence de presse.

Le ministre québécois du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Les difficultés de recrutement et de rétention, les organismes communautaires vivent ces mêmes difficultés-là, ils ont besoin de former leur monde, ils se numérisent, ils s’automatisent pour mieux satisfaire les besoins et mieux respecter leur mission. Parfois, ils ont besoin de services externes comme n’importe quelle entreprise du secteur privé, indique le ministre.

Accueil mitigé du milieu communautaire

Dans l’Est-du-Québec, les organismes communautaires accueillent cette aide, mais semblent douter de la pertinence, à ce moment-ci, d’une telle mesure face aux défis que doivent affronter les organismes communautaires.

Certains, comme Geneviève Giguère, coordonnatrice générale du Regroupement des organismes communautaires de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (ROCGIM), croient que les organismes ne souffrent pas d’un manque d’expertise. Ce serait plutôt le manque de moyens financiers pour mener à bien leur mission qui freinerait le monde communautaire.

Geneviève Giguère, coordonnatrice du ROCGIM

Geneviève Giguère, coordonnatrice du ROCGIM

Photo : Radio-Canada

Je suis complètement perplexe et médusée devant cette annonce-là. Je pense qu’on contribue déjà énormément avec l’innovation dont on fait preuve justement avec la gestion des ressources humaines, dans la mise en place de politiques salariales, d’outils de gestion interne, de formation aux conseils d’administration, indique Mme Giguère.

Ce sont toutes des choses que les regroupements régionaux d’organismes communautaires font déjà et peinent à répondre aux besoins [de leurs membres] par manque de financement. De la même manière que les groupes communautaires peinent à répondre aux besoins de base de la population par manque de financement, poursuit-elle.

Si l’aide à la formation des employés ne nuira sûrement pas aux organismes communautaires, c’est principalement la question des salaires qui les préoccupe.

Ce n'est pas ça qui va nous aider, selon moi, à vraiment retenir notre main-d'œuvre et assurer de la main-d'œuvre, parce qu’on n'a pas des taux horaires compétitifs dans le marché de l’emploi, résume Émilie St-Pierre, coordonnatrice à la Table régionale des organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent.

Émilie St-Pierre en entrevue à l'extérieur.

Émilie St-Pierre, coordonnatrice à la Table régionale des organismes communautaires du Bas-Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada

Même son de cloche du côté de la Côte-Nord, où Nancy Lamontagne, coordonnatrice à la Table régionale des organismes communautaires de la Côte-Nord, souligne la grande difficulté de recrutement et de rétention.

Nancy Lamontagne accorde une entrevue dans un corridor.

Nancy Lamontagne, coordonnatrice à la Table régionale des organismes communautaires de la Côte-Nord.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

On le sait, dans l’Est-du-Québec c’est difficile d’avoir des employés. On se bat avec de grosses corporations, comme les mines, etc. Donc c’est difficile de les concurrencer avec des salaires élevés si on n’est pas financé pour notre mission adéquatement, indique Mme Lamontagne.

Selon Québec, les investissements annoncés permettront de rejoindre annuellement plus de 1000 organismes.

Avec les informations de Félix Lebel

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