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Communications sur le climat : des entreprises canadiennes traînent la patte

Une bande défilante où on voit les mots « Toronto Stock Exchange ».

Selon Millani, seulement 23 % des entreprises de l'indice composé S&P/TSX s'alignent sur les recommandations du Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques dans leur rapports financiers.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Seulement 23 % des sociétés de la Bourse de Toronto intègrent dans leurs rapports les recommandations du Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques (GIFCC). Ne pas s'y confirmer peut pourtant entraîner des conséquences difficiles.

La firme Millani, spécialisée dans l’intégration des facteurs ESG (environnement, social et gouvernance), en arrive à ce constat après avoir épluché les rapports financiers des 228 sociétés inscrites à l'indice composé S&P/TSX en date du 20 avril.

D’après sa plus récente étude, ces entreprises canadiennes ne sont pas en position de répondre à la demande croissante d’informations sur le climat que sollicitent les investisseurs et organismes de réglementation.

Elles feraient conséquemment face à de lourdes conséquences, surtout en ce qui concerne l’accessibilité et le coût de l’accès aux capitaux, et, par extension, l'accès des investisseurs à leurs rendements.

Le GIFCC (ou TCFD en anglais), piloté par Mark Carney et Michael Bloomberg, émane du Conseil de la stabilité financière, un groupe international dont fait partie le Canada. En 2017, le groupe a établi onze recommandations sur la communication d’informations relatives au climat dans les rapports financiers, comme la divulgation des émissions de gaz à effet de serre et des risques qui y sont liés.

En l’absence de ces informations exigées par les investisseurs de plus en plus sensibles aux critères ESG, la présidente de Millani, Milla Craig, croit que le Canada se retrouvera dans une situation problématique.

La plupart des investisseurs à l’extérieur du Canada considèrent seulement le pays pour ses ressources [comme le pétrole], soutient-elle. L’argent quitte notre pays, mais on a besoin des capitaux pour faire les investissements en innovation et trouver les solutions pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Tout récemment, les ministres des Finances des pays du G7 ont annoncé leur soutien (Nouvelle fenêtre) à une éventuelle publication obligatoire d’informations selon le cadre du GIFCC. La Nouvelle-Zélande est devenue en 2020 le seul État à avoir emboîté le pas.

Une mascarade écologique?

De façon surprenante, ce sont les sociétés des secteurs de l’extraction et de la transformation des minerais, dont font partie les pétrolières canadiennes, qui adoptent des rapports les plus conformes aux recommandations du GIFCC, suivies par les services financiers.

Les secteurs des soins de santé, des ressources renouvelables, des services, de l'alimentation et des boissons et des biens de consommation tirent de l’arrière.

S’agit-il dans ce contexte de blanchiment vert, c’est-à-dire d'un pur outil de marketing? Ce n’est pas du greenwashing, aux dires de Milla Craig, car ce n’est pas facile de faire ce genre de rapport et ça prend un certain niveau de compréhension stratégique.

Bien que ce ne soit pas parfait, c’est vraiment pour démontrer jusqu’à quel point l’organisation comprend et intègre les enjeux des changements climatiques dans sa stratégie et comment elle gère ses risques.

Une citation de :Milla Craig, présidente et fondatrice, Millani

Les entreprises polluantes auront en effet tendance à adopter les principes du GIFCC, car elles font face à un plus grand défi d’acceptabilité sociale. Leur pondération dans l’indice S&P/TSX demeure néanmoins importante.

Pour se démarquer et faire contrepoids, les autres sociétés auraient en ce sens tout intérêt à divulguer leurs données liées au climat en vertu de ce nouveau cadre normatif.

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