•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« C'est juste ridicule », les lacunes au Manoir Belle Vue choquent dans la communauté

L'accès au Manoir Belle Vue était contrôlé, comme le montre cette photo prise le 24 février 2021

Le Manoir Belle Vue a vécu une éclosion importante de COVID-19 cet hiver.

Photo : Radio-Canada / Bernard LeBel

Radio-Canada

Un rapport d'inspection qui révèle d’importantes lacunes dans le respect des mesures sanitaires au Manoir Belle Vue, au moment d’une éclosion de COVID-19 cet hiver, choque plusieurs personnes à Edmundston.

Sylvie Martin, dont la mère habite le foyer de soins, dit être abasourdie par les conclusions du rapport. Je n’ai pas envie de blâmer personne, indique-t-elle d’abord. Mais, c’est juste ridicule. C’est ridicule que ça n'a pas été pris plus au sérieux que ça.

C’est sûr que s’il y a des choses qui auraient dû être faites et qui n’ont pas été faites, c’est triste.

Une citation de :Sylvie Martin, fille d’une résidente

Un rapport d'inspection révèle qu’en janvier, plusieurs mois après le début de la pandémie, des employés du foyer pouvaient manger ensemble sans distanciation et sans protection.

De plus, les employés n’auraient pas toujours désinfecté leur équipement. Et la zone chaude, où se trouvaient les personnes malades, était séparée du reste de l'établissement par une simple ligne faite avec du ruban adhésif sur le plancher.

Au total, 89 personnes ont été infectées et neuf sont mortes de la COVID-19 lors de l’éclosion dans cet établissement, qui a duré de janvier à mars.

Sylvie Martin, chez elle, discute avec un journaliste à l'aide d'une vidéoconférence.

Sylvie Martin, en entrevue avec un journaliste au Téléjournal Acadie.

Photo : Radio-Canada

Ça serait facile de se choquer et de se dire : voyons, pourquoi ça n’a pas été plus on the ball que ça?, lance Sylvie Martin. Pourquoi n’ont-ils pas pris ça au sérieux plus que ça? Je trouve ça extrêmement dommage.

Mais j’ai un autre côté humain qui se dit que ça n’a pas dû être facile, relativise-t-elle. Dans les situations comme ça, c’est dur de blâmer, il n’y a personne qui est parfait.

Climat invivable

Sylvie Martin avait justement décidé de sortir sa mère du foyer. Elle raconte le climat qu’elle qualifie d’invivable à l’intérieur, entre autres dû au manque de personnel et de ressources.

Il n’y avait personne pour l’aider. Elle a besoin de quelqu’un, mais personne ne pouvait rentrer parce qu’à chaque fois, ils devaient changer de costume pour entrer et sortir, raconte-t-elle.

Ils hésitaient, ou ils étaient trop pressés. Ils n'avaient pas assez de personnel juste pour même entrer [lui donner] les pilules à elle. Il fallait qu'elle aille chercher les pilules à la porte.

Le député préoccupé

Jean-Claude D'Amours en entrevue à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick.

Le député libéral du Nouveau-Brunswick Jean-Claude D'Amours.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le député local, Jean-Claude D’Amours s’est dit extrêmement surpris de voir l’ampleur de la situation, mais aussi déçu de voir qu’est-ce qu’il y a pu se passer à l’intérieur du foyer de soins.

Il évoque un laxisme par rapport aux délais de mise en place des procédures.

Il estime que le ministère du Développement social doit tirer des leçons de ce rapport. Il avait une responsabilité et il a toujours une responsabilité de s’assurer que les règles importantes soient respectées.

Il ne faut pas seulement en retenir des leçons. Il y a des actions concrètes qui devront être faites.

Une citation de :Jean-Claude D’Amours, député libéral d’Edmundston-Madawaska-Centre

Le Québec a lancé des enquêtes du coroner à la suite d’éclosions mortelles semblables dans les CHSLD.

Le député Jean-Claude D’Amours ne demande pas nécessairement une telle enquête, mais estime qu’il doit avoir une réflexion importante de la part du gouvernement sur l’ensemble des procédures qui ont été mises en place.

Des erreurs qui auraient pu être évitées

Marcel Larocque en entrevue par webcam.

Marcel Larocque, le président de l’Association des aînés francophones du Nouveau-Brunswick, en entrevue le 4 mars 2021.

Photo : Radio-Canada

Le président de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick, Marcel Larocque, dit toutefois ne pas être surpris par le rapport.

Le virus, il est brillant, mais il ne peut pas se déplacer seul. Il faut qu’il y ait des erreurs humaines, il faut qu’il y ait des gens qui l’apportent.

Il constate toutefois que plusieurs erreurs auraient pu être évitées.

Il semble y avoir de vraies lacunes de base, comme lorsqu’on parle d’équipement pas stérilisé.

Une citation de :Marcel Larocque, président de l’Association francophone des aînés du Nouveau-Brunswick

Soyons clairs : je ne veux pas porter d’accusation sur le personnel, ajoute-t-il.

Il espère toutefois que l’on pourra tirer des leçons de cette histoire pour qu'elle ne se répète pas. Je ne suis pas sûr qu’on était prêt à faire face à la situation.

Radio-Canada a demandé une entrevue à la gérante du Manoir Belle Vue, la semaine dernière. Nous n’avons pas eu de ses nouvelles.

Avec les informations de Marie-Hélène Lange et Bernard Lebel

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !