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Les éditeurs de la publication antisémite et misogyne Your Ward News perdent leur appel

Photo deux hommes en complet près d'ascenseurs dans un édifice

James Sears et LeRoy St. Germaine du journal « Your Ward News » à leur sortie du palais de justice, le 24 janvier 2019.

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Radio-Canada

Les deux hommes qui ont été reconnus coupables d’avoir fomenté volontairement la haine dans leur publication extrémiste ont perdu leur appel lundi.

Dans sa décision, le juge Peter Cavanagh de la Cour supérieure de l'Ontario a rejeté les arguments de James Sears, rédacteur en chef de Your Ward News, et de son éditeur, LeRoy St. Germaine, selon lesquels le juge de première instance avait commis de nombreuses erreurs ou fait preuve de partialité.

Sears a été condamné à un an en prison alors que St. Germaine a été condamné à 12 mois de détention à domicile, en août 2019.

Leurs arguments en appel, notamment le fait que l'avocat de Sears était incompétent, n'ont tout simplement pas été retenus, par le juge Cavanagh.

Les 22 numéros de YWN ont fourni les preuves nécessaires pour que (le juge) parvienne à des conclusions sur la question de savoir si les déclarations de YWN encourageaient la haine contre des groupes identifiables, peut-on lire dans le jugement.

Je n'accepte pas les arguments des appelants selon lesquels les motifs du juge de première instance sont insuffisants ou que les verdicts sont déraisonnables parce qu'(il) a mal appréhendé les preuves ou les soumissions des avocats.

Selon la preuve déposée au procès, la publication gratuite a été distribuée pendant trois ans à plus de 300 000 foyers et entreprises de la région de Toronto, ainsi qu'en ligne.

La publication dépeignait constamment les femmes comme étant inférieures et invitait au viol. Elle dépeignait également des Juifs buvant le sang des enfants chrétiens et niait l'existence de l'Holocauste. Ces thèmes faisaient partie de la publication même après le début du procès.

Sears a fait valoir en appel que son avocat de première instance, Dean Embry, était incompétent parce qu’il avait refusé d'appeler un antisémite notoire et négationniste de l'Holocauste comme témoin de la défense.

Le juge Cavanagh a carrément rejeté cet argument.

M. Sears n'a pas démontré que Me Embry a agi de manière incompétente, a déclaré M. Cavanagh. M. Sears n'a pas réussi à démontrer qu'il a bénéficié d'une assistance inefficace.

Des groupes juifs ont salué la décision du juge Cavanagh.

Noah Shack, vice-président du Centre for Israel and Jewish Affairs, a déclaré que Sears avait pu promouvoir les théories de conspiration antisémites, la misogynie, l'homophobie et le racisme dans leurs formes les plus grotesques pendant trop longtemps.

Il est crucial qu'un message clair soit envoyé à ceux qui encouragent la haine : vous serez tenus pour responsables, a déclaré M. Shack.

Plus de temps

Sears, qui avait été libéré sous caution, a demandé à Cavanagh de lui accorder plus de temps avant de se rendre en détention pour prendre des dispositions pour son jeune fils. Il a également déclaré à la cour qu'il avait demandé à titre préventif à la Cour d'appel une remise en liberté provisoire dans l'attente d'un nouvel appel.

Le procureur Michael Bernstein s'est opposé à tout délai supplémentaire.

Il doit être placé en détention aujourd'hui, a déclaré M. Bernstein au juge Cavanagh. Il savait en février que la cour rendrait son jugement [lundi]. Il a eu des mois pour se préparer.

Le juge Cavanagh a donné à Sears jusqu'à la fin de l'après-midi pour se rendre. Ce dernier a qualifié cette disposition de grossièrement injuste.

Compte tenu du fait que je suis condamné pour des faits remontant à plus de six ans, et que la cour a mis près de deux ans à se prononcer sur mon appel, il n'était que juste de me donner quelques jours pour mettre mes affaires en ordre, a déclaré Sears à La Presse canadienne.

Avec les informations de La Presse canadienne

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