•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un an après les mobilisations liées à Black Lives Matter, qu'est-ce qui a changé?

Une foule de personnes avec les poings brandis en l'air

Les manifestations de l'été dernier n'ont pas eu l'impact escompté par certains activistes de Windsor. (Archives)

Photo : Jacob Barker/CBC

Radio-Canada

Des membres de la communauté noire de Windsor ont l'impression que peu de choses ont changé dans la région, plus d'un an après de grandes manifestations liées au mouvement Black Lives Matter.

Le 25 mai 2020, George Floyd était étouffé à mort par le policier Derek Chauvin à Minneapolis, aux États-Unis. La scène, en plein jour et filmée, a secoué les consciences et a mené à une vague mondiale de protestations contre la discrimination raciale et systémique et la brutalité policière. Des Afro-Canadiens reviennent sur ces événements, sur ce qui a changé et ce qui reste à faire, un an après.

L'activiste Teajai Travis pense que tout avait pourtant bien commencé.

L'été dernier il y a eu un tourbillon d'énergie et d'excitation. Les gens se sont rassemblés dans les rues , explique-t-il.

C'était vraiment incroyable à vivre, mais se rassembler dans les rues et créer ce type d'énergie n’est que la première étape de nombreuses étapes pour créer le type d'équité et de justice qui permettront de faire des gains.

Une citation de :Teajai Travis, activiste

Il y a un peu plus de douze mois se tenaient à Windsor, au bord de la rivière Détroit, deux manifestations.

Une de ces manifestations était un hommage à George Floyd. L’autre avait eu lieu en souvenir de Regis Korchinski-Paquet.

Une souffrance chaque jour présente

Selon certains résidents noirs, l'élan pour les initiatives contre le racisme anti-Noirs semble s’essouffler à l'extérieur de la communauté. À l’intérieur de la communauté par contre, le feu brûle toujours intensément, disent-ils.

Leslie McCurdy, présidente par intérim du Black Council of Windsor-Essex, estime d'ailleurs que les Noirs n’ont pas d’autre choix que d’agir.

Les Blancs peuvent s'en lasser et ne plus s’en préoccuper. Les Noirs se réveillent avec cette réalité tous les jours et y font face.

Une citation de :Leslie McCurdy, présidente par interim du Black Council of Windsor-Essex

Dans la foulée des manifestations de l’année dernière, le Black Council of Windsor-Essex a été créé. Il s'agit d'un groupe composé de plus de 50 personnes et organisations locales.

Il vise à créer du changement pour les communautés africaines, noires et caribéennes de Windsor-Essex.

Une femme debout qui regarde la camera.

Mme McCurdy espère des changements à l'intérieur du système scolaire.

Photo : CBC News

Un de ses objectifs actuels est de rendre les programmes d'études et les pratiques d'embauche plus inclusives dans les conseils scolaires catholiques et publics de Windsor.

Nous voulons également mettre sur pied une formation contre le racisme, explique Mme McCurdy.

Les changements ne se font pas partout au même rythme, selon elle. Elle affirme que le conseil catholique anglophone se mobilise, mais que le conseil public anglophone ne fait pas évoluer les choses au même rythme.

Loin des projecteurs

M. Travis regrette la dispersion des énergies au fil du temps et le manque de cohérence dans l’organisation des luttes sociales.

Une semaine, tout le monde se rassemble autour de la communauté noire, puis la semaine suivante, nous nous rassemblons autour des communautés autochtones et des communautés asiatiques, etc. [...] Cela ne fonctionne pas. Collectivement, nous devons faire mieux en tant que personnes, indique-t-il.

Un homme avec un chapeau sur la tête, debout devant un bâtiment.

Teajai Travis souhaite que la Ville de Windsor s'engage plus encore à protéger les personnes opprimées.

Photo : CBC News

La Ville de Windsor semble pourtant consciente des inégalités et des discriminations. 200 000 $ dans le budget 2021 de la Ville sont alloués aux initiatives de lutte contre le racisme.

Mais dans un courriel envoyé à CBC News, le chef de cabinet du maire, Andrew Teliszewsky, a déclaré que la Ville attendait toujours de déterminer comment dépenser l'argent et que le conseil recevrait plus tard cet été un rapport allant dans ce sens.

M. Travis considère que le financement alloué est un début, mais il ajoute que ce type de ressources doit maintenir un soutien continu à tous les types de communautés marginalisées.

Il aimerait également voir plus d'investissements dans les entreprises locales, les centres communautaires, les quartiers marginalisés – en particulier les logements abordables et accessibles – et des changements politiques significatifs qui protègent les personnes opprimées.

Mme McCurdy dit quant à elle souhaiter voir des personnes travailler pour mettre sur pied de pratiques d'embauche plus inclusives dans la Ville de Windsor.

Avec les informations de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !