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L'Ukraine doit éradiquer la corruption avant de se joindre à l'OTAN, dit Biden

Devant un lutrin et des microphones, Joe Biden s'adresse aux journalistes, avec le logo du sommet de l'OTAN en arrière-plan.

Le président Joe Biden a tenu une conférence de presse à la fin du sommet de l'OTAN.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Radio-Canada

À l'issue du bref sommet de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) à Bruxelles, lundi, le président américain, Joe Biden, a modéré les ardeurs de Kiev, qui se montre impatient de se joindre à l'alliance.

Devant l'empressement de nouveau affiché par l'Ukraine, Joe Biden a affirmé en conférence de presse que le pays avait encore des réformes à mettre en place.

Le fait est qu'il leur reste encore à éradiquer la corruption et à répondre à d'autres critères pour pouvoir faire partie du Plan d'action pour l'adhésion (MAP), a-t-il dit en conférence de presse, interrogé sur une requête exprimée dans des médias par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.

Ce plan est un programme de l'OTAN par lequel l'organisation offre une aide adaptée aux besoins spécifiques à certains des pays qui veulent en être membres. Pour l'instant, seule la Bosnie-Herzégovine, invitée en 2010, en bénéficie, mais une dizaine de pays qui ont intégré l'OTAN depuis 2004 sont passés par cette étape.

Sur Twitter, le président ukrainien avait pourtant laissé entendre en après-midi que son pays avait obtenu le feu vert de l'OTAN pour son adhésion éventuelle. Je salue le fait que les partenaires de l'OTAN comprennent tous les risques et défis auxquels nous faisons face. Les dirigeants de l'OTAN ont confirmé que l'Ukraine deviendra membre de l'Alliance, et le MAP fait partie intégrante du processus d'adhésion, a-t-il écrit.

L'Ukraine mérite que son rôle dans la sécurité euroatlantique soit reconnu, a-t-il ajouté.

Comme le précise l'OTAN sur son site web, la participation au MAP ne préjuge en rien de la décision de l'Alliance concernant l'adhésion future.

Dans une entrevue commune d'une heure accordée plus tôt à l'Agence France-Presse, Reuters et l'Associated Press, M. Zelensky avait dit vouloir de la part du président Biden une réponse tranchée sur sa demande de voir son pays se joindre à l'OTAN et au MAP.

Nous devons obtenir des dates claires et connaître la probabilité que cela se produise pour l'Ukraine, a-t-il dit.

Nous montrons chaque jour que nous sommes prêts à être dans l'Alliance, et ce, davantage que la plupart des pays de l'Union européenne, car cela fait sept ans que nous sommes en guerre.

Une citation de :Volodymir Zelensky, président de l'Ukraine

Volodymyr Zelensky a en outre exprimé le regret de ne pas avoir été invité au sommet de l'OTAN.

Au cours des derniers mois, M. Zelensky a pressé l'organisation d'accélérer son adhésion pour envoyer un vrai signal à la Russie.

S'il n'a pas acquiescé aux demandes de clarté exprimées par son homologue ukrainien, Joe Biden a une fois de plus signifié son soutien à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de l'Ukraine face à la Russie.

D'ici là, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour faire en sorte que l'Ukraine soit en mesure de continuer à résister à l'agression physique russe.

Une citation de :Joe Biden, président des États-Unis

Vendredi dernier, le Pentagone a annoncé avoir accordé à Kiev une nouvelle tranche d'aide militaire de 150 millions de dollars.

L'OTAN éprouve des réticences à accueillir l'Ukraine, par crainte que cela n'attise les tensions avec Moscou, qui considère l'élargissement de l'organisation à l'ouest de sa frontière comme une menace.

Kiev est pour sa part en quête d'un soutien fort de la part de l'Occident alors qu'il fait face aux rebelles séparatistes, soutenus par la Russie, qui ont pris le contrôle d'une grande partie de l'est du pays.

En avril, Moscou a massé près de 100 000 soldats à la frontière ukrainienne, selon les estimations européennes, s'attirant des avertissements de l'OTAN.

La Russie a par la suite annoncé un retrait, mais les Occidentaux et Kiev ont fait valoir que ce dernier était limité.

Selon M. Zelensky, quelque 95 000 militaires russes se trouvent toujours près de l'Ukraine

La guerre dans cette région a fait plus de 13 000 morts depuis son déclenchement en 2014.

Zelensky regrette que Biden rencontre Poutine avant lui

 Volodymyr Zelensky, devant un drapeau ukrainien, gesticulant

OTAN : front commun contre la Russie et la Chine

Photo : Reuters / GLEB GARANICH

À deux jours du premier tête-à-tête entre Joe Biden et Vladimir Poutine, le président ukrainien a par ailleurs signalé sa déception de ne pas avoir pu rencontrer son allié américain avant qu'il ne s'entretienne avec le président russe.

M. Zelensky ne s'est pas gêné pour exprimer ses doléances dans l'entrevue accordée à trois agences de presse occidentales.

S'il a reçu la semaine dernière une invitation à la Maison-Blanche pour le mois prochain, le moment de sa réunion avec le président américain aurait à ses yeux dû être devancé.

Il aurait été préférable que la rencontre ait lieu avant le sommet entre les deux présidents [russe et américain], d'autant plus que l'Ukraine et le conflit avec des séparatistes prorusses dans l'est du pays seront au menu des discussions, a-t-il affirmé, selon le compte rendu de l'Agence France-Presse.

Je crois que cela n'aurait été qu'un plus dans la position de négociation du président des États-Unis, a-t-il soutenu.

Il est impossible de décider à la place de l'Ukraine, voilà pourquoi il n'y aura pas de résultat concret.

Une citation de :Volodymyr Zelensky, président de l'Ukraine

Déjà, avant que Joe Biden ne s'envole pour l'Europe, le président ukrainien avait plaidé la semaine dernière pour une rencontre avec son homologue américain. Dans une entrevue accordée au site d'information américain Axios, il s'était dit prêt à le rencontrer à n'importe quel moment et à n'importe quel endroit de la planète avant le 16 juin.

Il a par ailleurs regretté une fatigue des pays occidentaux devant les problèmes ukrainiens, les accusant d'être injustes envers son pays, qu'il s'agisse de son ambition de rejoindre l'Union européenne, de la distribution des vaccins contre la COVID-19 ou de l'aide financière du Fonds monétaire international (FMI). Au lieu de subordonner un soutien occidental à des réformes, tout le monde doit être plus flexible et comprendre que nous sommes en guerre et que nous protégeons la démocratie en Europe, a-t-il martelé.

Le 46e président américain profite des sommets du G7 et de l'OTAN, qui se sont respectivement tenus au Royaume-Uni et en Belgique au cours des derniers jours, pour étendre sa tournée européenne à Genève, en Suisse, où il rencontrera mercredi le dirigeant russe, avec lequel les contentieux sont nombreux.

Avec les informations de Agence France-Presse, Reuters, et Associated Press

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