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L’éclosion de COVID-19 à Kashechewan continue de prendre de l’ampleur

Une rangée de maisons jaunes et bleues, le long d'une route enneigée.

Il y a 222 cas actifs dans la région de Kashechewan, proche de la baie James.

Photo : Radio-Canada / Olivia Stefanovich

Alors que la pandémie battait son plein plus tôt cette année en Ontario, les communautés proches de la baie James étaient relativement épargnées. Maintenant, la situation est inversée : la province entame son déconfinement, alors que les Premières Nations de la région font face à une éclosion sans précédent.

Il y a 222 cas actifs dans la Première Nation de Kashechewan, qui compte une population totale de 1800 personnes. Il y a également une dizaine de cas actifs dans les communautés d'Attawapiskat, Fort Albany, Moosonee et Moose Factory.

Lundi avant-midi, le Bureau de santé Porcupine a signalé 11 cas, dont 5 dans les communautés des baies James et d'Hudson. Le bilan quotidien pourrait toutefois s'alourdir en soirée.

Le moral est au plus bas, témoigne le chef de Kashechewan, Leo Friday. La communauté est triste et a peur lorsque les enfants contractent la maladie, les aînés sont particulièrement inquiets.

Les jeunes plus touchés

La directrice des communications de l’Autorité de santé de la région de Weeneebayko, Mme Yolaine Kirlew, confirme que les moins de 17 ans représentent la majorité des cas actifs.

Heureusement, au cours des semaines passées, nous avons observé une augmentation du taux de vaccination chez les jeunes. À Kashechewan, plus de 200 jeunes ont été vaccinés depuis la semaine dernière, confirme-t-elle.

Un jeune Autochtone reçoit une dose du vaccin Pfizer contre la COVID-19.

Le conseiller spécial de la Première Nation de Neskantaga, Chris Moonias, a publié cette photo sur Twitter de Theron Anderson, 13 ans, recevant lundi sa première dose du vaccin Pfizer contre la COVID-19.

Photo : Marcia Anderson

Assistance du gouvernement fédéral

Dans un communiqué, le ministre des Services aux Autochtones, Marc Miller, a annoncé que 15 Rangers canadiens et six infirmières supplémentaires allaient être envoyés dans la région.

De plus, un montant de 453 000 $ tiré du Fonds de soutien aux communautés autochtones et du Fonds pour les mesures de santé publique sera octroyé pour répondre aux besoins immédiats, notamment l’approvisionnement et le transport de nourriture et l’installation de structures temporaires pour créer des espaces d’isolement supplémentaires.

Selon Mme Kirlew, ces espaces d’isolement sont absolument nécessaires pour renverser la tendance.

Lorsqu’il y a une transmission communautaire et que plusieurs familles vivent entassées sous le même toit, il n’y a pas de possibilité de s’isoler, et la transmission communautaire accélère, explique-t-elle.

Le chef de Kashechewan, M. Friday, partage cette inquiétude. C’est difficile de se cacher de la COVID quand il y a beaucoup plus de personnes que de logements, commente-t-il.

Des enfants tiennent des écriteaux en cartons réclamant une nouvelle école.

Le chef de Kashechewan, Leo Friday, juge que les installations temporaires ne vont pas à la source du problème.

Photo : Charlie Angus

M. Friday espère que la réponse du gouvernement fédéral ciblera les enjeux de logements dans la région.

Nous avons besoin de plus qu’une solution temporaire.

Une citation de :Leo Friday, chef de Kashechewan

Le député fédéral de Timmins—Baie James, le néo-démocrate Charlie Angus affirme que la communauté se dit frustrée par le manque d'action du gouvernement dans les dernières semaines.

M. Angus affirme que si les tentes d'isolement avaient été envoyées plus tôt, plusieurs cas auraient pu être évités. Il y a jusqu'à 15 personnes qui habitent dans une même maison. C'est la raison de la catastrophe médicale.

Kashechewan n'a pas les ressources pour protéger la communauté, ajoute le député. C'est une communauté sans hôpital et il y a une grande crise du logement.

Avec les informations de Zacharie Routhier

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