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De nouvelles ressources pour aider à la recherche de tombes anonymes

Un technicien tenant un géoradar se trouve sur un vaste terrain. Des croix y sont érigées ainsi que de petits piquets roses.

Jordan Swenson, technicien en géoradar chez G3Tech, à Saskatoon, utilise le GPS pour placer des piquets roses à tous les lieux de sépulture potentiels identifiés par le géoradar sur le territoire de la Nation crie de Beardy's & Okemasis en octobre 2019. L'entreprise a identifié près de 50 sépultures potentielles.

Photo : G3Tech / Craig Campbel

Radio-Canada

Un groupe d'archéologues et d'universitaires a créé des ressources en ligne gratuites portant sur les complexités et le processus de la recherche de tombes anonymes pour répondre aux questions des groupes autochtones. Ceux-ci craignent d'être exploités par des entreprises qui leur proposent de faire des relevés de terrain sans disposer de l'expertise ou de la technologie adéquate.

AVERTISSEMENT : Cette histoire contient des détails que certains lecteurs pourraient trouver pénibles.

Les experts affirment qu’avec cette initiative, les communautés autochtones auront les moyens de prendre des décisions fondées sur des informations fiables.

Certaines communautés sont prêtes à agir rapidement et nous voulons nous assurer que ces informations sont à leur disposition, ainsi qu'à celle des entreprises qui envisagent de faire ce travail, a déclaré Kisha Supernant, directrice de l'Institut d'archéologie des Prairies et des Autochtones et professeur associé au département d'anthropologie de l'Université de l'Alberta.

Kisha Supernant, directrice de l'Institut d'archéologie des Prairies et des Autochtones et professeur associé au département d'anthropologie de l'Université de l'Alberta.

Kisha Supernant et ses collègues de l'Association canadienne d'archéologie ont créé des ressources en ligne gratuites pour répondre aux questions que leur posent les groupes autochtones depuis la découverte à Kamloops.

Photo : Université d'Alberta / John Ulan

Mme Supernant et ses collègues reçoivent des questions allant de la façon dont fonctionne le géoradar à comment choisir quelle compagnie engager, en passant par les permis requis et la meilleure façon d'honorer les sites. Pour répondre à ces questions, l’équipe a notamment créé une vidéo et une FAQ, qui a été publiée sur le site de l'Association canadienne d'archéologie samedi.

Il faut faire plus de recherches.

Une citation de :Dennis Meeches, chef de la Première Nation de Long Plain

L'initiative du guide de ressources est applaudie par les chefs des Premières Nations et les entreprises qui font ce travail.

Le chef de la Première Nation de Long Plain, Dennis Meeches, a déjà fait effectuer des travaux de géoradar sur certaines parties du site de l'ancien pensionnat de Portage la Prairie, à l'ouest de Winnipeg, mais il affirme qu'il y a beaucoup plus de terres à sonder.

Il y a beaucoup d'inquiétudes quant à la possibilité que des tombes anonymes existent sur ce site, a-t-il révélé. Nous devons donc être vraiment sûrs et à l'aise, en sachant que nous avons utilisé un processus adéquat et fait de notre mieux pour examiner la situation.

Limiter les traumatismes

Mme Supernant a déclaré qu'elle a déjà entendu parler d'entreprises et de particuliers qui profitent des circonstances tragiques des découvertes de l'ancien pensionnat à Kamloops en contactant des chefs autochtones et en leur proposant de les aider à trouver des tombes anonymes.

Depuis que la nouvelle de la découverte de Kamloops a éclaté, Craig Campbell, de G3Tech à Saskatoon, reçoit des appels téléphoniques de personnes demandant un cours de fin de semaine sur l'utilisation du géoradar.

Ne provoquez pas d'autres traumatismes!

Une citation de :Craig Campbell, président et propriétaire de l'entreprise G3Tech

Des entreprises qui viennent d'acheter un équipement le mois dernier et qui veulent commencer à recueillir des données de terrain sur des sites de tombes potentiels me contactent. Et je leur conseille simplement de ne pas s'en approcher, a déclaré M. Campbell.

Celui-ci a ajouté qu’il est facile de collecter les mauvaises informations et d'interpréter les données de manière incorrecte.

Vous ne pouvez pas simplement aller louer cet [équipement] et décider de devenir un géomètre. C'est comme si vous achetiez un couteau et que vous pensiez devenir chirurgien, a-t-il illustré.

Une expertise essentielle

Will Meredith, géophysicien archéologue et spécialiste du géoradar pour une entreprise de Vancouver appelée GeoScan a reconnu que la recherche de tombes non marquées vieilles de plusieurs décennies est spécifique.

Un technicien portant un casque se trouve sur un terrain vaste.

Adam Czecholinski, un technicien de la société GeoScan de Vancouver, effectue un relevé magnétométrique en Colombie-Britannique. Ce relevé, ainsi qu'un relevé de conductivité électromagnétique, sont habituellement effectués en plus de l'utilisation du géoradar afin de produire des résultats plus précis sur ce qui se trouve sous le sol.

Photo : GeoScan

De nombreuses recherches historiques ainsi que des études du site sont nécessaires et des permis d'utilisation des terres doivent être obtenus. Plus un archéologue ou la communauté peut localiser un site avec précision, plus l'opération sera efficace et rentable, a-t-il ajouté.

Vous ne pouvez pas vous lancer à l'aveuglette et commencer à rechercher comme ça. C'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin, a déclaré M. Meredith.

Levé d'un géoradar.

Les données brutes d'un levé GeoScan utilisant un géoradar doivent être correctement analysées et interprétées par des techniciens expérimentés. Il s'agit d'une image en plan de la subsurface. Les objets noirs sont des sépultures de cercueils métalliques, c'est pourquoi ils sont si clairs. Lorsque les cercueils sont d'un matériau différent, ou qu'il n'y a pas de cercueil du tout, les experts disent qu'il est plus difficile d'identifier les sépultures.

Photo : GeoScan

Kisha Supernant sait qu'il est urgent pour certaines communautés de commencer enfin ce travail, surtout depuis que le gouvernement fédéral a annoncé qu'il distribuerait 27 millions de dollars pour aider les communautés à localiser et à identifier les enfants qui ne sont jamais revenus des pensionnats.

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