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Croisières aux baleines : une 2e saison sans touristes européens sur le Saint-Laurent

 Les Entreprises Essipit proposent des croisières aux baleines dans l’estuaire du Saint-Laurent.

Les Entreprises Essipit appartiennent aux membres de la communauté innue située près de Tadoussac et proposent des croisières dans l’estuaire du Saint-Laurent (archives).

Photo : Marc Loiselle

Radio-Canada

Les entreprises de croisières aux baleines, qui comptent habituellement sur les touristes internationaux, travaillent bien fort pour garder la tête hors de l’eau depuis le début de la pandémie. Encore une fois cette année, ils pourraient devoir compter sur une clientèle uniquement québécoise.

Pour Croisières AML, l’absence de touristes internationaux et en provenance des autres provinces est un coup dur. Ces visiteurs représentent normalement 65 % de la clientèle annuelle.

C’est très difficile pour une compagnie comme la nôtre. La clientèle internationale, on en est privé, et on n’a pas non plus nos groupes, les groupes organisés qui viennent nombreux dans la région de Tadoussac, explique la directrice Lucie Charland en entrevue à Bonjour la Côte.

Elle révèle qu’en 2020, le chiffre d’affaires de l’entreprise a chuté de 75 % par rapport à l’année précédente. Elle s’attend à une saison similaire, bien qu'elle ait pu être préparée légèrement en avance et que les Ontariens risquent d'être de la partie, avec la réouverture de la frontière interprovinciale prévue mercredi.

Vous comprenez qu’avec deux années comme ça… on ne serait pas capable d’en prendre une troisième.

Une citation de :Lucie Charland, directrice générale de Croisières AML

Si ça va super bien et qu’il y a plus de touristes au mois d'août, si les Ontariens sont plus nombreux, on va peut-être finir avec 35 % du chiffre d'affaires de 2019, lance-t-elle.

Même son de cloche chez Croisières Neptune, une entreprise familiale de Tadoussac qui a réduit de moitié ses effectifs, compte tenu de la baisse d’achalandage. Sans les touristes européens, qui réservent leur expédition dès l'hiver, les réservations entrent au compte-gouttes.

Dans les étés, normalement, on transporte 50, 60 autobus d’Européens. L’année passée, il n’y en avait pas, et cette année, il n’y en aura pas.

Une citation de :Jeannot Larouche, copropriétaire de Croisières Neptune

Durant la saison 2020, l'entreprise a enregistré une perte de 300 000 $, déplore-t-il, disant suivre de près la situation épidémiologique avec espoir de connaître une meilleure saison. On va faire avec ce qu'on a, résume-t-il.

Plusieurs baleines ont fait tout un spectacle pour les nombreux amateurs de baleines.

Un rorqual à bosse dans la baie de Tadoussac (archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une saison hâtive

Le directeur des Entreprises Essipit, Nicolas Moreau, est plus optimiste. Il dit s’attendre à recevoir suffisamment de touristes en 2021, compte tenu du nombre de réservations pour leurs installations d’hébergement.

Quand nos hébergements sont pleins, normalement on a un bon achalandage sur les bateaux , affirme-t-il.

Comme leurs embarcations sont à ciel ouvert, le nombre de passagers à bord n’a pas non plus à être réduit. Par ailleurs, la saison a déjà débuté pour l’entreprise, qui a reçu ses premiers passagers le 11 juin.

Une embarcation de Croisières Essipit

Une embarcation de l'entreprise d'Essipit (archives)

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

L'an dernier, le feu vert de la santé publique n’a été donné qu’au mois de juillet, retranchant plus d’un mois d’activités pour les Entreprises Essipit. Ses bateaux avaient accueilli 50 % moins de clients qu’en 2019.

On sait un peu plus à quoi s’attendre cette année, reconnaît-il. L’an passé c’était différent, pour plusieurs raisons. On a fait maximum la moitié d’une année normale, mais on n'avait pas tous les effectifs, et on a opéré durant une moins longue saison.

Une aide fédérale pour se garder à flot

Si Lucie Charland, de Croisières AML, salue l’engouement des familles de la province pour les attraits du fleuve Saint-Laurent, elle souligne que cela ne suffira pas à garder en santé l’industrie touristique saisonnière encore longtemps.

Le quai de Tadoussac et des bateaux des Croisières AML

Croisières AML est forcé de garder des bateaux amarrés compte tenu du faible achalandage (archives).

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Elle réitère que les entreprises comme la sienne auront nécessairement besoin d’un coup de main du gouvernement fédéral.

Ce sont des fardeaux extrêmement importants. Alors quand vous êtes saisonniers, et qu’en plus votre saison est écourtée, et que vous n’êtes pas rentables… ce sont tous des éléments qui s'additionnent qui font en sorte que malheureusement, pour garder la tête hors de l’eau, on va avoir besoin de soutien , dit-elle.

Jeannot Larouche, de Croisières Neptune, dit lui aussi avoir profité des subventions salariales offertes pour la main-d'œuvre.

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