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Début des plaidoiries dans le procès de François Asselin

François Asselin, accusé du meurtre non prémédité de son père, à son arrivée au palais de justice de Trois-Rivières.

François Asselin à son arrivée au palais de justice de Trois-Rivières (archives)

Photo : Radio-Canada

Sarah Désilets-Rousseau

Le procès de François Asselin en est à la dernière étape. La Couronne et la défense présentaient lundi leurs plaidoiries aux 12 membres du jury.

La procureure de la défense, Me Véronique Robert, s’est adressée directement aux jurés lundi matin, sur les raisons pour lesquelles, à son avis, François Asselin a tué son père et son collègue de travail en mai 2018.

La défense plaide l’article 16 du Code criminel, soutenant ainsi l’hypothèse que l’accusé était atteint d’un trouble mental au moment des événements, un trouble psychotique qui l’empêchaient de juger de la nature et de la qualité de ses actes ou de comprendre que ses actes étaient mauvais.

Il était malade mentalement à ce moment-là. Rien d’autre ne peut expliquer les gestes insensés qu’il a commis, a soutenu Me Robert. Elle indique que François Asselin est d’ailleurs traumatisé de ses gestes, et qu’il exprime beaucoup de regrets et de remords.

L'avocate a d'ailleurs repris tous les témoignages présentés au procès pour y ajouter des remarques en lien avec le trouble mental dont souffrirait François Asselin.

Selon la défense, son intoxication et son impulsivité ne suffisent pas pour expliquer ses gestes. François Asselin n’avait aucune raison d’agir comme il a agi si ce n’est son trouble mental, a-t-elle martelé aux jurés.

Il est évident qu'il n'a pas commis ces deux crimes scabreux simplement parce qu'il a pris des stupéfiants. Ce que je vous demande de retenir, c'est que si François Asselin avait été suivi, bien suivi par un psychiatre et médicamenté aux antipsychotiques, il n'aurait jamais tué, a insisté Véronique Robert, l'avocate de François Asselin.

Elle leur a rappelé d’ailleurs qu’un verdict de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux n’est pas un acquittement. Il va se diriger à l’hôpital pour se faire soigner. C’est là sa place, selon la défense.

La Couronne a une tout autre vision des gestes de François Asselin. Lundi après-midi, Me Benoit Larouche a plaidé à l'effet que la preuve qu'il a présentée au procès démontre qu'Asselin était dans un état d'esprit normal au moment de ses gestes, si ce n'est qu'il était intoxiqué, et qu'il n'était pas atteint d'un trouble mental au sens du Code criminel.

Me Larouche est revenu sur les témoignages, notamment de proches de François Asselin et de gens qu'il a croisés en mai 2018 et qui ont témoigné qu'il avait l'air normal.

Il a aussi mis en lumière les témoignages des experts de la Couronne qui n'ont pas conclu au trouble psychotique, mais plutôt à l'intoxication et à une personnalité antisociale.

L'accusé [...] a commis l'irréparable par deux fois, soit le meurtre de deux personnes innocentes. Nous avons tenté de vous démontrer, qu'au moment des meurtres, l'accusé n'avait pas de maladie mentale, et si nous avons échoué [...] cette maladie ne pouvait pas entraver la responsabilité des gestes qu'il a posés. Me Benoit Larouche.

La Couronne souhaite qu'Asselin soit déclaré coupable des accusations de meurtres non prémédités et d'outrage au cadavres.

La juge Manon Lavoie doit donner ses directives au jury plus tard cette semaine, après quoi les jurés seront séquestré pour rendre un verdict.

Peut-être une des décisions les plus importants de votre vie, a dit Me Véronique Robert aux jurés, qui auront le sort de François Asselin entre leurs mains.

Le procès de François Asselin s’est ouvert le 3 mai dernier. Selon les accusations déposées contre lui, il aurait d’abord tué son père Gilles Giasson à son appartement de la rue Sainte-Cécile entre le 8 et le 11 mai 2018 avant de disposer de son corps dans les ordures.

Il aurait également tué son collègue de travail François Lefebvre, dont le corps a été retrouvé à Sherbrooke le 17 mai 2018.

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