•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Israël : la victoire de Naftali Bennett fait resurgir la question palestinienne

Naftali Bennett.

Le nouveau premier ministre israélien, Naftali Bennett, est un représentant de la droite radicale et est proche des colons israéliens, qu'il a autrefois représentés au sein d'une organisation.

Photo : AP / Ariel Schalit

Radio-Canada

Issu de l'extrême droite religieuse, Naftali Bennett a été élu nouveau premier ministre d’Israël dimanche. Ce changement à la tête du Parlement après un règne inégalé de 12 ans pour Benyamin Nétanyahou a suscité l’espoir d’un renouveau politique et diplomatique. Au moment où les félicitations usuelles affluent de la part des dirigeants du monde entier, la Palestine maintient néanmoins craintes et critiques à l’encontre du gouvernement israélien.

Le premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a estimé lundi que le départ de Benyamin Nétanyahou du pouvoir marquait la fin d'une des pires périodes du conflit israélo-palestinien. Nous ne considérons pas ce nouveau gouvernement comme moins mauvais que le précédent, a-t-il poursuivi, tout en condamnant les annonces du nouveau premier ministre Naftali Bennett de soutenir les colonies israéliennes.

Le nouveau gouvernement [israélien] n'a pas d'avenir s'il ne prend pas en considération l'avenir du peuple palestinien et ses droits légitimes.

Une citation de :Mohammed Shtayyeh, premier ministre palestinien

Plusieurs pays, dont le Canada et la France, ont appelé le nouveau gouvernement à considérer une solution à deux États en transmettant leurs félicitations au nouveau gouvernement.

Des Israéliens couverts de mousse célébrant dans la rue la victoire électorale de leur candidat.

La fin de règne de Benyamin Nétanyahou, à la longévité historique, a suscité des scènes de liesse dans les rues de Tel-Aviv.

Photo : AP / Oded Balilty

Le premier ministre Justin Trudeau a salué l’élection de son nouvel homologue israélien tout en rappelant qu'il demeurait en faveur de la coexistence de deux États: Le Canada et Israël sont de proches amis, unis par des valeurs démocratiques communes, une longue tradition de coopération et des liens dynamiques entre leurs populations, a-t-il indiqué en soulignant qu’Ottawa demeure fermement engagé en faveur d'une solution à deux États.

La France a salué lundi l'investiture du nouveau gouvernement israélien et a appelé de ses vœux la reprise du dialogue dans la région dans un contexte de tensions croissantes.

La France est prête à accompagner tout effort permettant une reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens en vue d'un règlement juste et durable du conflit, dans le cadre d'une solution à deux États, a indiqué son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

L'espoir d'un nouvel élan diplomatique

Quant au président allemand Frank-Walter Steinmeier, il doit se rendre prochainement en Israël pour discuter entre autres avec le nouveau gouvernement de l'État hébreu. La visite offrira aussi l'occasion d'approfondir les échanges politiques sur la situation actuelle dans la région avec le nouveau gouvernement israélien.

M. Steinmeier, dont les fonctions sont essentiellement protocolaires, souhaite notamment aborder les questions de l'avenir de la société israélienne et des défis communs.

Photo de groupe du nouveau gouvernement.

Le premier ministre israélien Naftali Bennett (assis à gauche), le président Reuven Rivlin (au centre) et le premier ministre suppléant et ministre des Affaires étrangères Yair Lapid (assis à droite) posent en groupe avec les ministres du nouveau gouvernement à la résidence du président à Jérusalem, le 14 juin 2021.

Photo : AP / Maya Alleruzzo

De son côté, le président américain Joe Biden a déclaré dans un communiqué avoir hâte de travailler avec M. Bennett pour renforcer tous les aspects de la longue et étroite relation entre [nos] deux pays.

Israël n'a pas de meilleur ami que les États-Unis. Le lien entre nos peuples est la preuve de nos valeurs partagées et de décennies d'étroite coopération.

Une citation de :Joe Biden, président des États-Unis

En Russie, le président Vladimir Poutine a également évoqué la situation au Moyen-Orient en félicitant le nouveau gouvernement élu. J'espère que votre travail à la tête du gouvernement facilitera une nouvelle étape d'une coopération bilatérale constructive dans tous les domaines, a déclaré le président russe au nouveau premier ministre israélien dans un message diffusé par le Kremlin.

La coopération russo-israélienne, d'un intérêt vital pour nos peuples, renforcera la paix, la sécurité et la stabilité au Moyen-Orient, a ajouté M. Poutine.

Reprise économique

Âgé de 49 ans, M. Bennett prendra les rênes d'un gouvernement hétéroclite de 26 ministres, représentant la gauche, le centre et la droite, ligués par la volonté de chasser du pouvoir Benyamin Nétanyahou, jugé pour corruption.

Dans son discours d’investiture, M. Bennett a priorisé la croissance économique, disant vouloir atteindre 15 % de main-d'œuvre dans la haute technologie dans quatre ans, contre environ 10 % actuellement.

Naftali Bennett entouré de son nouveau gouvernement.

Le premier ministre élu Naftali Bennett entouré de son nouveau gouvernement, à Jérusalem le 14 juin 2021.

Photo : AP / Maya Alleruzzo

À 49 ans, la trajectoire de cet ancien officier d’élite de l’armée, ex-entrepreneur à succès dans la sécurité informatique, reste étroitement liée à celle de Benyamin Nétanyahou, dont il a été chef de cabinet quand il était chef de l’opposition, de 2006 à 2008.

Les défis du gouvernement Bennett

Avec 60 députés pour la coalition du changement et 59 contre (sur 120 à la Knesset), le Parlement a tourné dimanche une page importante de son histoire politique, mais la scission claire au Parlement risque de faire blocage à l'exercice du pouvoir.

Naftali Bennett devra composer avec un rival expérimenté, Benyamin Nétanyahou, rétrogradé chef de l'opposition, mais qui se tient en embuscade pour faire chuter cette coalition hétéroclite au moindre faux pas, provoquer de nouvelles élections et revenir sur le poste qu'il a occupé ces 12 dernières années.

Selon Guy Ben-Porat, professeur de sciences politiques à l'Université Ben Gourion, le gouvernement pourrait également être rattrapé par des questions sensibles comme le développement des colonies israéliennes en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, ou la situation dans l'enclave palestinienne de Gaza, sous blocus israélien.

La question palestinienne va définitivement déranger ce gouvernement. Ils vont faire de leur mieux pour l'écarter, mais cela ne fonctionnera pas à long terme, estime M. Ben-Porat.

Pour Saleh Al-Naami, spécialiste des affaires israéliennes à l'université islamique de Gaza, M. Bennett va devoir également gérer la pression des États-Unis, lors de son mandat.

L'un des plus grands défis du gouvernement sera de gagner la confiance du Parti démocrate et de l'administration Biden, ce qui impliquera de jouer un jeu plus sophistiqué sur l'Iran et le dossier israélo-palestinien, analyse à son tour Gayil Talshir, professeur de sciences politiques à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Avec les informations de AFP

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !