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Québec met à l'essai une nouvelle approche policière à Longueuil

Un policier de dos se tient devant un immeuble.

Les policiers du SPAL qui seront choisis dans le cadre du projet Policiers RESO devront se soumettre à une immersion de plusieurs semaines sans arme ni uniforme dans la communauté.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, et son collègue de la Santé et des Services sociaux, Lionel Carmant, annoncent l’octroi de près de 4 millions de dollars pour la mise en place à Longueuil du projet Policiers RESO, une approche qui pourrait jeter les bases d’un nouveau modèle policier au Québec.

En point de presse lundi matin, la ministre Guilbault a annoncé le versement d’une enveloppe de 3,6 millions de dollars sur trois ans pour le démarrage du projet Policiers RESO qui sera implanté au sein du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL).

Le ministre responsable de la Santé et des Services sociaux, Lionel Carmant, a quant à lui annoncé une somme supplémentaire et récurrente de 300 000 $ pour renforcer le volet psychosocial du projet. Il est question ici d’une équipe d’intervention psychosociale (ESIP) qui sera appelée à travailler en collaboration avec des agents du SPAL lors d'interventions dites de proximité auprès de clientèles plus vulnérables.

C’est un projet avant-gardiste, un projet qui pourrait, à notre sens, jeter les bases d’un nouveau modèle policier au Québec.

Une citation de :Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique du Québec

Développé en collaboration avec le directeur du Service de police de l'agglomération de Longueuil, Fady Dagher, qui y a consacré plus de trois ans de travail, le projet Policiers RESO consiste à former une équipe de policiers triés sur le volet dont les activités seront guidées par des principes de disponibilité, de visibilité et d'accessibilité.

Ces policiers bénéficieront de stages d’immersion sociale et citoyenne et d’un programme de formation de cinq semaines où, sans arme ni uniforme, les agents seront appelés à évoluer au sein de la communauté et dans laquelle ils seront appelés à travailler.

Un nouveau modèle de police

Grâce à la philosophie de la police de concertation […] on redéfinit la place du policier dans sa collectivité afin que son rôle ne se limite plus juste à assurer la sécurité et à créer des relations de proximité avec les citoyens, explique le directeur du SPAL, Fady Dagher. Appuyé par des partenaires, il vivra une immersion permanente au sein de la population afin d'intervenir en amont, donc bien avant que des appels d'urgence soient faits au 911.

Ce changement de cap dans l'approche policière de proximité est rendu nécessaire, selon Fady Dagher, qui explique que le nombre d'appels au 911 qui touchent des problématiques psychosociales sont en constante augmentation.

C'est pourquoi le projet Policiers RESO vise à rapprocher les policiers de la réalité que vivent les clientèles plus vulnérables, notamment les gens aux prises avec une dépendance, en situation d'itinérance, les personnes âgées ou les victimes de violence conjugale, d'agressions sexuelles, etc. Le travail des policiers sera complété sur le terrain par une équipe d’intervention psychosociale gérée par le CIUSSS de la Montérégie-Est.

Québec espère également que cette nouvelle approche immersive permettra d’améliorer le travail policier face aux problématiques de profilage racial et social qui minent les relations entre les communautés ethniques et les forces de l'ordre.

Un rapprochement entre nos policiers et nos citoyens va générer une meilleure compréhension de part et d'autre, et ainsi favoriser des interventions davantage préventives que répressives, a expliqué la ministre Geneviève Guilbault, qui voit dans cette approche une formule qui pourrait être étendue aux autres corps policiers du Québec, si elle s’avère concluante.

Je suis convaincue que le projet Policiers RESO est susceptible d'entraîner des émulations dans les autres services de police du Québec, a-t-elle ajouté.

C'est à l'Université Laval qu'il incombera d'évaluer les résultats du projet Policiers RESO à l'aide d'indicateurs et d'un processus d'évaluation qui permettra à Québec et au SPAL de mesurer les progrès accomplis sur la base de données probantes.

Les services de police débordés

Depuis plusieurs années maintenant, les policiers du Québec doivent répondre à un nombre sans cesse croissant d'appels concernant des individus qui souffrent de problèmes de santé mentale. Certains corps de police se disent même débordés par la multiplication de ces cas qui visiblement passent à travers le filet social pour aboutir en fin de compte dans les mains de la police.

En général, 15 % à 20 % des appels récurrents viennent des mêmes endroits et ça occupe 80 % des patrouilleurs, soulignait à ce propos Fady Dagher dans un article de nos collègues Daniel Boily et Davide Gentile de novembre 2020.

Pour combler le manque de ressources, plusieurs corps policiers se sont adjoint les services de travailleurs sociaux et de personnes-ressources en santé mentale pour permettre soulager en quelque sorte les patrouilleurs débordés par ces dossiers et leur permettre de faire le travail pour lequel ils sont engagés.

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