•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Avenir de Terra Nova : des travailleurs du pétrole manifestent à Terre-Neuve

Un manifestant.

Une centaine de travailleurs du pétrole se sont rassemblés, lundi, à Saint-Jean, pour réclamer des mesures pour éviter l'abandon du projet pétrolier Terra Nova.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Une centaine de travailleurs du navire d'extraction Terra Nova ont manifesté devant la Chambre d'assemblée de Terre-Neuve-et-Labrador, lundi, tandis que les députés tenaient un débat d’urgence sur l’avenir du projet pétrolier.

L’heure est grave pour Terra Nova. Le principal actionnaire du projet, l’entreprise calgarienne Suncor, devrait annoncer mardi si le navire d'extraction et l'infrastructure sous-marine du champ pétrolifère du même nom seront remis à neuf ou s’ils seront désaffectés.

L’industrie du pétrole extracôtier atteint un point charnière. Aujourd’hui, 300 travailleurs de la plateforme flottante et 100 employés de bureau ne savent pas s’ils auront toujours un emploi demain.

Une citation de :Dave Mercer, président local d’Unifor

Le navire est en veilleuse depuis 2019 et doit subir une série de rénovations, mais quatre des sept entreprises impliquées veulent se retirer.

Dave Mercer.

Le président de la section 2121 d’Unifor, Dave Mercer, représente les travailleurs syndiqués de la plate-forme Hibernia et du navire Terra Nova.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Des négociations dans l'impasse

Le ministre de l’Énergie de Terre-Neuve-et-Labrador, Andrew Parsons, a annoncé jeudi dernier que le risque financier était trop élevé pour que le gouvernement achète une participation de 15 % dans le projet, comme le souhaite Suncor. La province offre toutefois aux pétrolières un appui de 200 millions de dollars tirés d’un fonds fédéral d’aide à l’industrie et il propose de renoncer à des redevances de quelque 300 millions de dollars.

Il y a beaucoup d’inquiétudes, estime le mécanicien, Adam Hodder, qui est venu appuyer les travailleurs de Terra Nova, dont son père. Nous sommes des travailleurs spécialisés et si nous n’avons pas d’emploi, il faut déménager ailleurs. Il n’y a personne qui veut quitter la province, mais, au final, ça devient de plus en plus probable.

Adam Hodder.

Adam Hodder était parmi une centaine de protestataires rassemblés devant la Chambre d'assemblée, lundi.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Seamus O’Regan, écarte la possibilité d’une participation fédérale au projet, mais souligne que les négociations peuvent s’étaler jusqu’à la dernière minute.

J'ai demandé aux partis d'être le plus créatifs que possible pour arriver à une entente, ajoute-t-il.

Un effet domino?

Les manifestants rassemblés, lundi, ont dit craindre la fin du champ pétrolifère si le gouvernement n’en devient pas aussi un actionnaire. Selon l’ancien maire de Saint-Jean, Dennis O’Keefe, Terra Nova représente un point tournant pour l’industrie pétrolière de la province.

Si Terra Nova est abandonné, d’autres projets le seront aussi et il faut l’éviter à tout prix, estime M. O’Keefe, aux côtés des représentants syndicaux et de l’Association des industries gazières et pétrolières de Terre-Neuve-et-Labrador.

Le ministre O’Regan croit cependant que l’abandon de Terra Nova ne mènera pas à l’annulation d’autres projets, tel que le projet d’expansion West White Rose.

Seamus O'Regan.

Seamus O'Regan est ministre fédéral des Ressources naturelles

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Ce n’est pas juste de parler d’un effet domino. C’est une histoire qui se raconte facilement, mais qui est au final incorrecte, affirme-t-il, en affirmant que chaque projet est unique et que les actionnaires ne sont pas les mêmes.

Mary Shortall, la présidente de la Fédération des travailleurs de Terre-Neuve-et-Labrador, dit s’inquiéter de l’avenir des travailleurs qui seraient touchés par l’abandon de Terra Nova. Elle déplore le manque de discussions entre le gouvernement et les syndicats à ce sujet.

Mary Shortall.

Mary Shortall est présidente de la Fédération des travailleurs de Terre-Neuve-et-Labrador

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Tu ne peux pas perdre les emplois et te demander à ce moment-là, "Qu’est-ce qu’on va faire?" Il faut avoir un plan, des ressources, d'autres emplois et de la formation, explique-t-elle. Il n’y a rien, il dit qu’il va avoir un plan, mais il n'y a pas de plan, et surtout pas de plan qui comprend les voix des travailleurs et travailleuses.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !