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L'OTAN serre les rangs face à la Russie et la Chine

Le président américain, Joe Biden, se tient avec d'autres chefs d'État de l'OTAN pendant une photo de groupe.

L'OTAN a tourné la page Donald Trump, rassurée par le président Joe Biden.

Photo : Associated Press / Yves Herman

Agence France-Presse

Les dirigeants de l'OTAN ont décidé lundi de faire front commun face aux ambitions déclarées de la Chine en Europe et à « la menace grandissante » du renforcement militaire de la Russie, lors de leur sommet annuel à Bruxelles.

Il y a une prise de conscience croissante, ces deux dernières années, que nous avons de nouveaux défis, avait souligné le président américain Joe Biden à son arrivée pour son premier sommet au siège de l'Alliance à Bruxelles, en insistant sur la nécessité d'une plus grande coordination entre alliés.

La déclaration adoptée à l'issue de la réunion traduit les préoccupations des alliés : la Russie, la Chine, les nouvelles menaces dans l'espace et le cyberespace, le terrorisme, la montée des régimes autoritaires. Le texte long de 45 pages compte 79 points.

La Russie reste la préoccupation numéro un de l'Alliance. Nous allons adresser un message important à Moscou : nous restons unis et la Russie ne saura pas nous diviser, a prévenu le secrétaire général de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN), le Norvégien Jens Stoltenberg.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau.

Le premier ministre, Justin Trudeau, a partagé ses inquiétudes au sommet de l'OTAN quant à la montée de l'influence russe sur la scène internationale.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Tant que la Russie ne montre pas qu'elle respecte le droit international et qu'elle honore ses obligations et responsabilités internationales, il ne peut y avoir de retour à la normale, ont averti les Alliés. Mais nous restons ouverts à un dialogue périodique et substantiel, ont-ils assuré.

Joe Biden doit rencontrer le président russe Vladimir Poutine mercredi à Genève (Suisse), dernière étape d'un périple en Europe pour un sommet du G7 au Royaume-Uni, suivi par le sommet de l'OTAN et par une réunion avec les présidents des institutions de l'UE mardi à Bruxelles.

La Chine est également devenue une source de préoccupation.

Les ambitions déclarées de la Chine et son comportement déterminé représentent des défis systémiques pour l'ordre international fondé sur des règles et dans des domaines revêtant de l'importance pour la sécurité de l'Alliance, ont affirmé les alliés.

La Chine dans le viseur

Mais pas question d'une nouvelle guerre froide. La Chine n'est pas notre adversaire, notre ennemi, a soutenu Jens Stoltenberg. Mais nous devons faire face aux défis posés par la Chine pour notre sécurité, a-t-il souligné.

Nous constatons que la Russie et la Chine coopèrent de plus en plus ces derniers temps, tant sur le plan politique que militaire. Cela représente une nouvelle dimension et un défi sérieux pour l'OTAN, a-t-il expliqué.

Joe Biden a obtenu que le défi sécuritaire posé par la Chine figure dans la déclaration, même si certains alliés européens, notamment la France, renâclaient.

Le sommet a également lancé la révision du concept stratégique de l'Alliance adopté en 2010 pour la préparer à faire face aux nouvelles menaces dans l'espace et le cyberespace.

L'OTAN a tourné lundi la page Donald Trump, rassurée par la volonté affichée de Joe Biden de revitaliser les alliances des États-Unis.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, est accompagné de son ministre des Affaires étrangères.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, est arrivé en Belgique pour assister au sommet de l'OTAN au siège de l'Organisation à Bruxelles.

Photo : Getty Images / Kenzo Tribouillard

Si le retrait américain d'Afghanistan, décidé sans concertation avec ses alliés, a mis à mal la crédibilité des opérations extérieures de l'OTAN, les Alliés ne vont pas abandonner ce pays aux talibans.

Un financement sera accordé pour assurer le fonctionnement de l'aéroport international de Kaboul, indispensable au maintien d'une présence occidentale en Afghanistan. La Turquie a proposé de maintenir un contingent pour assurer sa sécurité et les modalités de cette contribution militaire ont été discutées par le président Recep Tayyip Erdogan avec ses homologues.

L'Alliance doit se consulter davantage et investir mieux, a plaidé Jens Stoltenberg. Les Européens s'y disent prêts après avoir obtenu la reconnaissance de leur contribution à la sécurité collective.

Encore faut-il que les Américains les jugent fiables. 21 pays de l'UE sont membres de l'OTAN, mais 8 seulement tiennent l'engagement de consacrer 2 % de leur PIB à leurs dépenses militaires. La France est du nombre, mais pas l'Allemagne, ni l'Italie, ni l'Espagne.

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