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Plus de saisies aux frontières malgré la diminution des voyageurs

Les agents des services frontaliers ont été très occupés même s’il y a eu une baisse de plus de 90 % du nombre de voyageurs dans la dernière année.

Un agent des services frontaliers travaillant à l'ordinateur, vu de dos.

Moins de douaniers ont été affectés à l'accueil des voyageurs à l'aéroport international Montréal-Trudeau. Toutefois, davantage ont été dirigés vers le secteur des arrivées de cargaisons commerciales.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Bolduc

Le nombre de saisies effectuées par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a bondi de près de 50 % malgré une baisse majeure du nombre de personnes entrant au pays. La raison est simple : les contrebandiers se sont davantage tournés vers les colis livrés par messagerie et les cargaisons commerciales en raison des restrictions imposées aux frontières depuis le début de la pandémie.

Les assouplissements à la frontière sont imminents et l’augmentation du nombre de voyageurs aussi. Mais pendant cette pause imposée aux voyageurs, sous un calme apparent, il y a eu de l’action aux points d’entrée canadiens : le nombre de saisies a bondi dans la dernière année.

L’aéroport international Montréal-Trudeau reprend lentement vie, avec la promesse d'assouplissements prochains pour les voyageurs, mais ses activités sont encore au ralenti. Ce qui n’a pas ralenti au cours de la dernière année toutefois, ce sont les saisies réalisées aux douanes.

Au Canada, entre avril 2020 et avril 2021, le nombre de saisies, toutes marchandises confondues, est passé de 51 000 à 75 000, une hausse de près de 50 %. Les quantités saisies de fentanyl et autres opioïdes ont augmenté, tout comme celles des produits illégaux du cannabis et d'armes prohibées.

Une agente des services frontaliers du Canada pose devant l'aéroport international Montréal-Trudeau.

Marie-Ève Letellier travaille depuis 2008 à l'Agence des services frontaliers du Canada. Elle a été cheffe des opérations avant de devenir conseillère stratégique.

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Ce n’est pas parce que le nombre de visiteurs a diminué que nous, on a arrêté de travailler. Les criminels, les trafiquants, ce n’est pas une pandémie qui va les arrêter. Ils ont un marché à faire rouler, donc ça a continué!

Une citation de :Marie-Ève Letellier, conseillère stratégique à l'Agence des services frontaliers du Canada
Des timbres de fentanyl saisis par les douaniers.

Le 12 février 2021 à l’aéroport Montréal-Trudeau, les agents de l’ASFC ont saisi plus d’un millier de timbres transdermiques de fentanyl d’une valeur de 250 000 $ dans les valises d’un voyageur canadien.

Photo : Courtoisie de l'Agence des services frontaliers du Canada

Si le nombre de voyageurs qui arrivent au Canada a chuté de plus de 90 % durant cette année de pandémie, les agents des services frontaliers ne se sont pas tourné les pouces pour autant. On a trouvé de la méthamphétamine, des quantités de cocaïne, d’héroïne, ça continue toujours, énumère Marie-Ève Letellier. On parle de drogue, mais aussi de devises, d’objets de luxe.

Pandémie, pas pandémie, des gens qui vont vouloir se faufiler dans le système et "passer" quelque chose d’illégal, il va toujours y en avoir. C’est la nature humaine.

Une citation de :Marie-Ève Letellier, conseillère stratégique à l'Agence des services frontaliers du Canada

Nouvelles stratégies des contrebandiers

Ce qui explique surtout cette hausse importante des saisies, c’est ce qui se passe à l’extérieur de la zone des voyageurs, explique Mme Letellier. Les contrebandiers ont trouvé une manière créative de contourner les restrictions imposées aux frontières pour les voyageurs.

Avec l’explosion du commerce en ligne pendant la pandémie, on a reçu beaucoup plus de colis par messagerie dans nos installations. Et les contrebandiers en ont profité pour glisser de plus en plus de leur marchandise à l’intérieur de ces colis.

Une citation de :Marie-Ève Letellier, conseillère stratégique à l'Agence des services frontaliers du Canada

Parmi les saisies notoires, 21 kilos d’opium et 8 litres de GBL, une substance qui entre dans la composition du GHB, communément appelé la drogue du viol.

L’Agence des services frontaliers, malgré la baisse de voyageurs, n’a pas réalisé de mises à pied parmi les douaniers. On a gardé tout notre personnel, indique Marie-Ève Letellier. Avec le boom du secteur commercial, on a redistribué des agents de façon à répondre aux besoins. Tout le monde a été mis à contribution.

La quarantaine et ses conséquences inattendues

Maxime Sauriol travaille en tandem depuis deux ans avec Gonzo, un beagle spécialiste de la détection des produits alimentaires et agricoles. Leur mission est de prévenir l’introduction au pays de tout ce qui pourrait représenter un risque pour la faune ou la flore du Canada. Le maître-chien a remarqué un phénomène nouveau ces derniers mois.

Un maître-chien et son complice, un chien de race beagle, posant devant un carrousel de bagages

Maxime Sauriol et son complice Gonzo, dans la zone de cueillette des bagages, à l'aéroport international Montréal-Trudeau

Photo : Radio-Canada / Fannie Bussières McNicoll

Étonnamment, on a vu beaucoup de passagers apporter de la nourriture pour la quarantaine, pour se préparer en vue de l'isolement à la maison. Les gens apportaient des aliments dans leurs bagages sans savoir s’ils étaient admissibles ou non. Donc, Gonzo a été bien occupé avec eux!

Une citation de :Maxime Sauriol, maître-chien, Agence des services frontaliers du Canada

Gonzo, qui a un faible pour les produits du porc, est également très utile dans la lutte contre une maladie virale qui fait des ravages en Asie notamment. Une des préoccupations majeures présentement, c’est la peste porcine africaine qui sévit dans le monde, indique Maxime Sauriol. Gonzo est prêt à intercepter à la frontière des produits importés qui pourraient être infectés par cette maladie.

L’ASFC et son rôle dans la pandémie

Mme Letellier insiste pour rappeler qu’au-delà des saisies plus traditionnelles, l’Agence des services frontaliers a aussi mis l’épaule à la roue dans l’effort collectif de lutte contre la COVID-19.

Les douaniers qui travaillent dans l’équipe cargo, la section commerciale de leurs activités, ont été mis à contribution pendant des mois pour recevoir masques, chemises médicales, autres équipements de protection individuelle (EPI) ou encore appareils médicaux. Ils ont aussi saisi des quantités importantes de masques contrefaits, les empêchant ainsi de circuler au pays.

Des masques frauduleux saisis à l'aéroport international Montréal-Trudeau.

Le 15 mars 2021, les agents de l’ASFC à l’aéroport Montréal-Trudeau section commerciale ont intercepté plus de 6,5 tonnes de masques N95 contrefaits. Un autre envoi de masques frauduleux avait aussi été intercepté le 22 février 2021.

Photo : Services frontaliers du Canada

Il ne faut pas oublier que depuis le mois de décembre nous avons accueilli 25 millions de doses de vaccins. Notre équipe a donné un bon coup de main pour s’assurer que les vaccins soient distribués à travers le Canada rapidement.

Une citation de :Marie-Ève Letellier, conseillère stratégique à l'Agence des services frontaliers du Canada

Ce que la pandémie va nous avoir apporté, ce sont de nouvelles techniques de travail, de nouveaux outils de travail qui facilitent nos tâches, aussi. Elle donne comme exemple l’application mobile ArriveCAN, qui a vu le jour pendant la pandémie et dont l’objectif est d’accompagner les voyageurs avant leur arrivée au Canada et pendant leur quarantaine. Celle-ci pourrait fort probablement être appelée à rester, même après une sortie de crise, selon elle.

Cette opinion est aussi partagée par une source gouvernementale, qui ajoute qu’ArriveCAN pourrait aussi servir à télécharger la preuve de vaccination qui sera obligatoire pour les personnes autorisées à entrer au Canada qui voudraient bénéficier des assouplissements qui devraient entrer en vigueur en juillet.

L’ASFC demeure aux aguets quant à un nouveau changement des mesures sanitaires en place et planche d’ailleurs en ce moment même sur plusieurs plans de contingence qui leur permettront de se préparer à une affluence accrue de voyageurs, selon Marie-Ève Letellier.

Ce qu'on fait très bien ici depuis le début de la pandémie, c’est s’adapter. Donc, quand les restrictions seront levées, nous serons prêts à accueillir tout le monde, conclut-elle.

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