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Les camps d'été ontariens se préparent à ouvrir

Les enfants du camp Ongrandi à Moonbeam peuvent faire du canot sur le lac Rémi.

Le Camp Ongrandi de Moonbeam se tiendra de manière virtuelle cette année.

Photo : Radio-Canada

Les camps d'été ontariens se préparent à ouvrir leurs portes dans quelques semaines aux enfants en vacances, après avoir reçu le feu vert du gouvernement. L’autorisation est toutefois venue trop tard pour certains camps qui ont déjà été annulés encore une fois cette année ou qui tentent d'organiser des activités virtuelles.

Le Camp Tournesol, dans le Grand Toronto, accueillera des centaines d’enfants dès le 5 juillet. Pour arriver à suivre correctement les restrictions sanitaires en place, les gérants du camp ont dû prendre la décision de n’ouvrir que sept de ses 15 campus habituels. Cette année, le camp n’a pas pu louer d’espace dans les écoles non plus et tiendra entièrement ses activités dans des églises.

Environ 1000 enfants sont déjà inscrits, selon la présidente du camp, Martine Brouillet, qui ajoute d’ailleurs qu’elle reçoit de nombreux appels de parents depuis que le gouvernement a confirmé que les élèves ne seraient pas de retour à l’école cette année

Avec le début du déconfinement, la province a donné le feu vert aux camps de jour. Les camps résidentiels ne seront permis que lors de la deuxième étape du déconfinement, qui est prévue en juillet. 

Dans l’incertitude, le Camp Tournesol avait déjà décidé qu’il n’offrirait pas de camps résidentiels, mais le court préavis du gouvernement complique même l’organisation des camps de jour, souligne Mme Brouillet.

C’est très difficile de faire toute la préparation qu’on fait normalement pendant plusieurs mois en quelques semaines.

Une citation de :Martine Brouillet, présidente et fondatrice du Camp Tournesol 
Une femme aux cheveux gris.

Martine Brouillet est présidente du Camp Tournesol dans le Grand Toronto.

Photo : Radio-Canada / Fournie par Martine Brouillet

Elle explique que le camp doit commander beaucoup de matériel de protection en peu de temps; il risque donc de ne pas l’obtenir à temps et de devoir ainsi changer de plan à la dernière minute.

La formation des animateurs se déroule virtuellement pour réduire les contacts physiques, et les responsables du camp doivent aussi fournir beaucoup d’efforts pour informer les parents des nombreuses nouvelles consignes sanitaires à suivre.

C'est de les éduquer sur la façon qu'ils pourront venir laisser leurs enfants, les parents normalement aiment rentrer dans le camp, rencontrer les moniteurs qui seront avec leurs enfants, donc ça, c'est impossible cette année, explique-t-elle.

Martine Brouillet souligne que la distanciation physique sera de mise en tout temps au camp, et que les enfants et le personnel se soumettront à un dépistage actif des symptômes de la COVID-19 tous les jours.

La majeure partie des participants ont moins de 12 ans et ne sont pas encore admissibles à la vaccination, qui ne sera donc pas rendue obligatoire au camp.

Trop tard pour certains camps

Le président du groupe de travail sur la COVID-19 de l'Association des camps de l'Ontario, Jack Goodman, salue le plan de déconfinement de la province et rappelle que l’organisme qu’il représente avait longtemps réclamé que les camps d’été puissent ouvrir.

Mais il reconnaît que certains camps, malheureusement, n’ont pas été capables de faire face à l’incertitude et ont jeté l’éponge pour une deuxième année de suite.

C’est le cas du Camp Soleil de Noëlville, à Rivière des Français, qui a annoncé en février qu’il n’accueillerait pas d’enfants encore une fois cette année, au grand désarroi de certains parents.

Des participants du Camp Soleil.

Le Camp Soleil de Noëlville accueille généralement plusieurs dizaines d'enfants chaque année, mais a dû être annulé cette année pour une deuxième fois de suite.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Projean

Daniel Dubé de Callander, près de North Bay, y envoie ses enfants depuis plusieurs années. Deux d’entre eux sont d’ailleurs devenus des moniteurs.

On comprend bien la situation [...], mais certainement que c’est décevant. C’est une occasion ratée d’avoir une belle semaine de vacances au Camp Soleil, nos enfants adorent et ont toujours adoré le Camp Soleil et le fait qu’ils ne peuvent pas y aller ou y travailler, c’est un peu triste pour eux autres, relate-t-il.

Vers le virtuel

Le Camp Ongrandi de Moonbeam, lui, se tiendra virtuellement cette année. Les organisateurs tenaient à éviter une deuxième annulation après l’an dernier.

Le fameux ponton du camp de vacances Ongrandi à Moonbeam.

Le fameux ponton du camp de vacances Ongrandi à Moonbeam.

Photo : Radio-Canada / coutoisie camp Ongrandi

Pierre Dorval, membre du conseil d’administration du camp, indique que les animateurs sont en train de concevoir une formule et des activités pour garder l’intérêt des participants malgré la distance.

On travaille avec des jeunes qui ont été à l’école en ligne depuis quelques mois, qui ont hâte que l’année finisse, et on entend souvent des insatisfactions à ce niveau-là, donc on doit créer quelque chose qui va être différent de l’école, explique-t-il. 

On veut faire bouger les jeunes [...], ils vont être connectés en ligne, aller faire des activités à l’extérieur et revenir se connecter pour donner des idées.

Une citation de :Pierre Dorval, membre du conseil d’administration du Camp Ongrandi

Le camp pour maintenir les aptitudes linguistiques

Martine Brouillet croit que, malgré les défis d’organisation, les activités du Camp Tournesol auront une importance encore plus particulière cette année, surtout pour les participants qui sont élèves dans des écoles d’immersion française.

Ils ont eu très peu de contacts, de possibilités d’échanger. Ils sont dans des familles où les parents sont anglophones et ne peuvent jamais parler français, donc là, on les met dans une situation où ils pourront jouer ensemble et parler français [...] et les ramener vers la spontanéité de langage qui est très difficile à garder quand on ne l’utilise jamais, note-t-elle.

Daniel Dubé confirme que l’un des principaux avantages du Camp Soleil est qu’il permet aux enfants de participer à des activités en français quand il y en a quand même souvent peu autour.

Impact financier

Le Camp Ongrandi — un organisme sans but lucratif — pourra opérer cette année notamment grâce aux subventions qu'il a reçues. Mais cette année ne sera certainement pas une expérience rentable, avance déjà Pierre Dorval, précisant tout de même que le camp était en bonne posture financière avant la pandémie.

Malheureusement, il y a des frais fixes qui sont là, on a quand même des bâtiments à entretenir, donc ça a été difficile pour le camp, mais la générosité de nos partenaires communautaires est importante.

Une citation de :Pierre Dorval, membre du conseil d’administration du Camp Ongrandi

Au Camp Tournesol, Martine Brouillet indique que son organisme a pu passer à travers l’année dernière entre autres grâce aux programmes gouvernementaux de soutien financier liés à la COVID-19.

Notre équipe travaille très fort présentement et c’est absolument un mode de survie [...], on est relancé avec nos deux nouvelles lignes de produits, les camps en personne et virtuels. Ça augure bien présentement, mais ça a été une période très difficile.

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