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Le gouvernement manitobain en partie responsable de l'inondation de 2011, dit une juge

Une vue aérienne, datant de juin, des dégâts causés par les inondations à Twin Lakes Beach, sur les rives du lac Manitoba.

Une vue aérienne, datant de juin 2011, des dégâts causés par les inondations à Twin Lakes Beach, sur les rives du lac Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Une juge du Manitoba a estimé que le gouvernement provincial est en partie responsable des inondations qui ont détruit des maisons et forcé des évacuations il y a dix ans, dans une décision publiée vendredi. 

La juge Joan McKelvey de la Cour du Banc de la Reine du Manitoba a reconnu que les fortes précipitations ont contribué à l'inondation des terres, mais que cela n’exclut pas l'impact de la décision du Manitoba de détourner intentionnellement l'eau dans le lac pour protéger Winnipeg.

C’est juste de conclure que le déversement de millions 4,7 millions d'acres-pieds d'eau [plus de 5 milliards de mètres cubes] dans le lac Manitoba a considérablement augmenté le niveau du lac et a engendré le scénario de destruction qui s'est produit, a écrit la juge.

En 2011, la province a détourné l'eau de la rivière Assiniboine vers le lac afin de protéger les propriétés situées en aval, à Winnipeg.

L'utilisation de la dérivation du Portage a fait monter la hauteur du lac de 2,6 à 2,8 pieds [0,7 à 0,8 m]- probablement plus - ce qui a entraîné des inondations et des dommages importants, précise la juge McKelvey.

Elle ajoute que le niveau d'eau élevé a exacerbé l'impact de la tempête du 31 mai 2011, lorsque des vents puissants ont soulevé des vagues qui se sont écrasées sur la rive et ont endommagé des propriétés le long du bassin sud.

L'exploitation de la dérivation Portage est une cause directe et substantielle des conditions d'inondation et des dommages matériels qui en découlent sur le lac Manitoba, a-t-elle poursuivi.

Les avocats de la province ont fait valoir que, bien que le canal de dérivation de Portage ait augmenté le débit d'eau dans le lac, ces niveaux d'eau auraient débordé naturellement en raison des volumes d'eau élevés existants.

La juge répond qu'il ne fait aucun doute que la décision du Manitoba de manipuler les débits d'eau, accompagnée de conditions météorologiques naturelles défavorables, a entraîné la dévastation. 

Cela dit, une combinaison de causes ne permet pas de conclure à l'existence d'un lien de causalité et d'une entrave substantielle , a ajouté Joan McKelvey

Des dégâts importants

Des centaines de maisons et de chalets autour du lac ont été endommagés ou complètement détruits.

La Première Nation de Lac St-Martin a été entièrement relocalisée et reconstruite, et les personnes évacuées sont retournées chez elles des années plus tard. 

Jack King, un résident de la région de Twin Lake Beach, juste au sud de St-Laurent, n'a pas pu retourner à sa résidence pendant environ un an après l'inondation de 2011. Il se réjouit de la décision de la cour. 

C'est une sorte d’excuse, a déclaré M. King. Au-delà de tout règlement financier qui nous arrive, je pense que cela aide les gens à se sentir mieux.

Après ces événements, plusieurs propriétaires ont intenté un recours collectif contre la province, alléguant qu'elle n'avait pas indemnisé correctement les personnes touchées par les inondations.

L’avocat principal des huit plaignants, Brian Meronek, explique qu'environ 4 000 personnes ont reçu une certaine compensation résultant de l'inondation par le biais de la Société des services agricoles du Manitoba, et il soupçonne que beaucoup moins seront admissibles à un paiement futur.

Il espère que les propriétaires touchés et le gouvernement pourront parvenir à un règlement financier hors cour. 

La route a été longue et il était loin d'être certain que ce jour viendrait , a indiqué M. Meronek. 

La province à l’écoute

Le ministre de l'Infrastructure, Ron Schuler, a déclaré samedi que la province allait examiner la décision. 

Cette poursuite remonte aux événements malheureux de l'inondation de 2011 sous le précédent gouvernement néo-démocrate, précise-t-il dans un communiqué. Notre gouvernement s'est engagé à travailler continuellement avec les collectivités et les chefs de file de l'industrie pour construire et maintenir des infrastructures durables afin d'aider à prévenir de futures inondations comme celle de 2011.

La province a creusé deux nouveaux canaux de décharge sur le lac Manitoba et le lac Saint-Martin. Le projet a été confronté à de nombreux obstacles réglementaires au fil des ans.

Avec les informations de Ian Froese

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