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Des familles francophones craignent la relocalisation du Centre éducatif Pinocchio

Des jouets dans la cour de la garderie Pinocchio.

La garderie Pinocchio est située au 111, promenade Sussex.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Ville d’Ottawa songe à relocaliser le Centre éducatif Pinocchio, qu’elle gère au 111, promenade Sussex, dans un quartier socioéconomiquement moins nanti. Des parents prévenus il y a quelques jours craignent que la garderie francophone ne ferme ses portes.

Les garderies gérées par la Ville d’Ottawa ont un mandat précis. Celui de représenter les groupes [qui le sont ] moins bien [...] tels que les francophones, les groupes racialisés et les familles à faibles revenus, indique le conseiller du quartier Rideau-Vanier.

Pinocchio, par son emplacement, ne dessert pas la clientèle cible que la Ville a dans son mandat au niveau des groupes minoritaires et des groupes à faibles revenus, explique Mathieu Fleury.

La Ville dit avoir observé que moins de 7 % des familles fréquentant la garderie francophone correspondent à la clientèle cible. Elle a plutôt comme objectif de desservir, dans ses garderies, près de 90 % des familles qui ont besoin d’une aide financière.

C’est pour cette raison qu’elle veut se défaire de la gestion du Centre éducatif Pinocchio en se tournant vers le privé.

Mathieu Fleury en entrevue devant les locaux de Radio-Canada rue Sparks à Ottawa.

Le conseiller municipal Mathieu Fleury (archives)

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

Ça ne remplit pas le mandat et la responsabilité de la Ville, ajoute M. Fleury. Quand on observe qui va là, c’est surtout des employés du gouvernement fédéral. […] On sait que ce sont des gens qui sont bien nantis.

Le souhait de la Ville est de rapatrier ce service de garderie municipale dans un quartier où les besoins sont plus criants.

Ça m’angoisse

Samedi, plusieurs parents se sont rassemblés au parc pour organiser leur riposte. Pour eux, il est hors de question que le Centre éducatif Pinocchio passe des mains de la Ville à celles du privé.

Ça m’angoisse, lance Khadija Marfouk dont l’enfant fréquente la garderie grâce à une place subventionnée.

Khadija Marfouk

La fille de Khadija Marfouk fréquente la garderie Pinocchio.

Photo : Radio-Canada

Il n’y a pas assez de garderies francophones. […] Moi, je veux que ma fille parle français.

Une citation de :Khadija Marfouk, mère

Sa fille avait 20 mois quand elle a obtenu sa place au Centre éducatif Pinocchio. J’étais contente qu’enfin, j’aie trouvé une garderie municipale et francophone, s’exclame Mme Marfouk.

Avant de contacter la garderie, la mère de famille croyait qu’elle ne pourrait pas y avoir accès. Quand elle était toute petite, ma fille, je n’ai pas appelé parce que j’ai dit "moi, je ne travaille pas avec le gouvernement, je n’aurai aucune chance d’y accéder", témoigne Mme Marfouk. La plupart des gens, ils croient que comme c’est dans un bâtiment du gouvernement, qu’en fait, c’est une garderie qui est ouverte juste pour les fonctionnaires.

La Ville se veut rassurante

La Ville d’Ottawa lancera éventuellement un appel d’offres pour transférer la gestion de Pinocchio.

La Ville a également la responsabilité de s’assurer que […] ce site-là à Pinocchio demeure un service francophone, tente de rassurer Mathieu Fleury.

Le conseiller du quartier Rideau-Vanier insiste sur le fait qu’aucune coupure n’est prévue par la Ville.

La Ville garantit que ce sera une transition vers un organisme à but non lucratif francophone dans le même espace.

Une citation de :Mathieu Fleury, conseiller du quartier Rideau Vanier

Mais la relocalisation du Centre éducatif Pinocchio n’est pas sans rappeler la fermeture de la garderie Beausoleil.

Là aussi, la Ville parlait non pas de fermeture, se rappelle Andréa Talarico, dont l'enfant fréquente aussi la garderie Pinocchio. Dire qu’on va relocaliser, c’est la même tactique qui a été utilisée avec la garderie Beausoleil.

Andréa Talarico

Andréa Talarico craint qu'une fermeture comme celle de la garderie Beausoleil ne se reproduise.

Photo : Radio-Canada

En plus de s’inquiéter de l’accès à un milieu de garde en français pour les enfants, Mme Talarico craint que les coûts augmentent.

Une garderie municipale coûte environ la moitié de ce que coûte une garderie privée, croit-elle.

Jeudi, des parents de la garderie Pinocchio tenteront de défendre leur position lors de la réunion du conseil municipal

Avec les informations de Nafi Alibert

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