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Avec Biden, le G7 passe à l'action face à la pandémie, la crise climatique et la Chine

Joe Biden s'exprimant à un micro.

Le président américain Joe Biden, lors d'une conférence de presse en clôture du G7 au Royaume-Uni.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

Agence France-Presse

Sans les esclandres ou portes claquées de l'époque Trump, le premier sommet du G7 de Joe Biden s'est terminé dimanche sur des promesses d'agir ensemble, entre alliés, contre la pandémie et le réchauffement climatique, tout en défiant la Russie et la Chine.

La rencontre de trois jours en Cornouailles (sud-ouest de l'Angleterre), la première en personne en presque deux ans, marquait le retour des contacts directs entre dirigeants du Royaume-Uni, des États-Unis, de France, d'Allemagne, d'Italie, du Japon et du Canada.

Mais aussi l'entrée dans le club des dirigeants des grandes puissances du président américain démocrate, déterminé à relancer le multilatéralisme, lors de son premier déplacement à l'étranger qui doit se conclure par un très attendu face-à-face avec Vladimir Poutine mercredi.

Joe Biden, venu reconquérir des alliés échaudés sous Donald Trump, a salué un sommet extraordinairement collaboratif et productif.

Il a apporté un nouvel élan, s'est félicitée la chancelière allemande sur le départ Angela Merkel, après son dernier sommet du G7.

Si les bisbilles entre Européens et Boris Johnson sur le Brexit sont venues porter un coup à la bonne entente affichée devant les caméras au fil des photos de famille, réceptions et barbecue sur la plage, les pays industrialisés, sous son impulsion, se sont efforcés de montrer un front uni sur les grands dossiers internationaux.

Des dirigeants du G7 en train de marcher et discuter.

Les dirigeants du G7 font face à des attentes très élevées de la part de la communauté internationale.

Photo : Reuters / PHIL NOBLE

Face à la multiplication des appels à la solidarité, ils ont convenu de distribuer un milliard de doses de vaccins contre la COVID-19 d'ici la fin 2022, en les finançant ou via le système de partage COVAX, pour combler le retard d'immunisation dans les pays pauvres et favoriser une reprise plus égalitaire.

Cela porte à deux milliards les engagements totaux depuis le début de la crise sanitaire, selon eux.

Je sais que le monde comptait sur nous pour rejeter l'égoïsme et les approches nationalistes [...] J'espère que nous avons été à la hauteur.

Une citation de :Boris Johnson, premier ministre britannique

Non, ont déploré de nombreuses ONG. Au moins 11 milliards de doses sont nécessaires pour en finir avec la pandémie. Les dirigeants du G7 ont complètement échoué à relever les défis de notre temps, a accusé OXFAM.

La Chine au cœur des débats

Les dirigeants du G7 ont également défini un plan de bataille avec l'espoir que le monde soit prêt en moins de 100 jours pour faire face à une nouvelle pandémie et demandé une enquête plus approfondie de l'OMS sur l'origine du virus en Chine.

Cette dernière s'est retrouvée particulièrement visée au fil du sommet, avec la Russie. Dans son communiqué final, le G7 a appelé Pékin à respecter les droits de la personne dans le Xinjiang, où vit la minorité ouïgoure, et à Hong Kong. Il a exhorté la Russie à cesser ses activités déstabilisatrices par son soutien notamment aux cyberattaques.

Pour contrer les nouvelles routes de la soie chinoises, le G7 a lancé un vaste plan d'infrastructures dans le climat, la santé, le numérique et la lutte contre les inégalités afin d'aider les pays pauvres à se relever de la pandémie.

Il sera beaucoup plus équitable que le chinois, a assuré M. Biden, tout en assurant qu'il ne cherchait pas le conflit, Pékin n'appréciant guère ces annonces. Le président français Emmanuel Macron a aussi assuré que le G7 n'était pas un club hostile à la Chine.

Décarbonisation

Autre gros volet : le climat, avec un plan d'action pour tenter de limiter le réchauffement. Une question cruciale pour le Royaume-Uni avant la grande conférence de l'ONU sur le climat (COP26) qu'il accueillera en novembre à Glasgow (Écosse).

Les dirigeants du G7 assis autour d'une table de travail.

Au troisième et dernier jour de leur sommet, les dirigeants du G7 abordent l'urgence climatique.

Photo : AP / Brendan Smialowski

L'objectif est de limiter l'augmentation des températures en dessous de 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle, seuil au-delà duquel les scientifiques estiment que le changement climatique deviendra incontrôlable.

Pour y parvenir, les dirigeants du G7 se sont prononcés pour une réduction de moitié de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030, voire plus pour certains.

Ils veulent tourner le dos aux centrales au charbon, énergie fossile la plus polluante, sauf si des mesures de compensation environnementale sont en place, comme le captage de CO2. Les aides publiques seront arrêtées dès cette année.

Dans ce cadre, les dirigeants prévoient de signer un chèque allant jusqu'à 2 milliards de dollars pour accompagner la transition verte dans des pays défavorisés.

Les contributions du G7 seront augmentées en vue d'atteindre l'objectif des pays développés de financer à hauteur de 100 milliards de dollars par an d'ici 2025 les politiques climatiques des pays pauvres.

En matière de fiscalité, le G7 a soutenu un projet de taux d'impôt minimum mondial afin de lutter contre la concurrence fiscale entre pays.

Après le G7 et un thé avec la reine Élisabeth II au château de Windsor, Joe Biden participera au sommet de l'OTAN ainsi qu'à une rencontre très scrutée avec le président russe Vladimir Poutine, avec qui il a promis d'être très clair sur leurs désaccords.

Des figures parodiques des dirigeants du G7

La désormais traditionnelle photo parodique des dirigeants du G7, représentés avec des têtes enflées, n'a pas échappé au sommet qui se déroule en Cornouailles, au sud-ouest de l'Angleterre.

Photo : Getty Images / Hugh Hastings

Des ONG très critiques envers le G7

Pour ONE Campaign, une ONG qui lutte contre la pauvreté et le sida, le sommet du G7 est décevant, car il a été incapable de répondre à l'urgence du moment.

Pour réellement se préparer contre la prochaine pandémie, il faut un réseau de fabricants de vaccins à travers le monde, financé et géré par les pouvoirs publics, libéré des contraintes de la propriété intellectuelle, a insisté Anna Marriott, responsable de la politique de santé chez Oxfam.

S'il s'est engagé en faveur d'une répartition plus équitable des vaccins en faveur des pays pauvres, le G7 ne s'est pas prononcé sur la suspension des brevets, qui permettrait une production de masse partout à travers le monde.

Sur le climat, le G7 est comme un disque rayé, répétant les mêmes promesses, comme la fin des subventions publiques aux centrales à charbon à l'étranger, a dénoncé le directeur général de l'association de défense de l'environnement Greenpeace.

Pour Ruth Valerio, de l'ONG Tearfund, le sommet s'est traduit par des mots creux, sans parvenir à décliner concrètement la fin des aides aux énergies fossiles ni lancer la révolution verte dont nous avons tant besoin.

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