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L’avenir du français, un intérêt commun pour le Québec et la francophonie canadienne

Un drapeau québécois avec en fond un drapeau acadien.

Le Québec et les francophonies canadiennes ont besoin l'un de l'autre, selon plusieurs intervenants.

Photo : Facebook/Secrétariat du Québec aux relations canadiennes

Benjamin Vachet

Le Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes a débuté samedi. Deux panels se sont intéressés à la relation passée, présente et future entre le Québec et les francophonies canadiennes. Leur constat est clair : les deux parties ont besoin l’une de l’autre.

Je pense que [ce sommet] nous permettra de nous soutenir beaucoup mieux et de soutenir la vie en français partout au Canada, a lancé la ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne Sonia LeBel dans son mot d’ouverture.

Organisé à l’initiative du gouvernement du Québec, en collaboration avec la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, l'événement arrive à point nommé, selon Valérie Lapointe-Gagnon, professeure agrégée d’histoire à la Faculté Saint-Jean de l’Université de l’Alberta.

Il y a des choses qui vont mal dans certaines provinces, des gouvernements provinciaux qui ne sont pas du tout sensibles à la réalité de leurs communautés francophones, notamment dans le dossier postsecondaire. Et là, le fait d’avoir une reconnaissance du Québec, qui est quand même le foyer de la francophonie canadienne et nord-américaine, ça vient rassurer et donner de la visibilité aux communautés, a-t-elle dit.

Seul, on va vite. Ensemble, on va plus loin.

Une citation de :Sonia LeBel, ministre responsable des Relations canadiennes et de la Francophonie canadienne

La souveraineté, les référendums et les questions constitutionnelles ont pu créer des malaises entre le Québec et les communautés francophones, note Joseph Yvon Thériault, professeur associé au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal. Il estime aussi que la société québécoise francophone a toujours été sensible à la question de la francophonie.

Il porte un foulard pastel et des lunettes rondes noires.

Joseph Yvon Thériault, professeur associé au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal (Archives)

Photo : Radio-Canada / Hamza Abouelouafaa

L’élection de la Coalition Avenir Québec (CAQ), a-t-il dit en entrevue, offre une fenêtre de rapprochement, car il est dans l’intérêt de la formation politique.

La CAQ est capable de jouer un rôle au niveau de l’État fédéral, de l’espace canadien. Le Québec peut s’affirmer comme un État défenseur de la francophonie pancanadienne, a-t-il soutenu. La diminution de la présence francophone dans l’imaginaire canadien et dans les institutions canadiennes est défavorable au Québec, tant que le Québec est dans le Canada.

Concrètement, M. Thériault imagine des ententes dans certains domaines, comme la santé, l’éducation ou l’économie, en partenariat avec les provinces. Il cite l'exemple de celle entre le Nouveau-Brunswick et le Québec pour la formation des médecins francophones.

Mme Lapointe-Gagnon encourage également la mobilité des étudiants québécois dans les universités de la francophonie canadienne, afin de leur faire découvrir les communautés.

Un avenir commun

Pour que ce sommet soit une réussite, il faut qu'on imagine qu'on a un destin commun, a répété Gino LeBlanc, directeur du Bureau des affaires francophones et francophiles de l’Université Simon Fraser, à Vancouver, dans un des deux panels de samedi.

Cet avenir commun, c’est notamment celui du français.

Les francophones hors Québec ne cherchent pas à être sauvés. Ils cherchent la collaboration. On a vraiment besoin l'un de l'autre.

Une citation de :Gino LeBlanc, directeur du Bureau des affaires francophones et francophiles de l’Université Simon Fraser

Rapprochements et échanges peuvent aider, souligne le comédien franco-ontarien Vincent Poirier, qui cite l’exemple du Concours LOL, créé en 2014 par l’Association canadienne-française de l’Ontario Stormont, Dundas et Glengarry (ACFO-SDG) qui s’est associée à Juste pour rire Management et à l’École nationale de l’humour.

Selon Gino LeBlanc, au-delà des projets, aussi réussis soient-ils, il faut institutionnaliser ces rapports.

Ça ne peut pas être juste des sommets, des colloques ou des projets, a-t-il dit.

Selon lui, la francophonie canadienne ne peut se permettre de tourner le dos au Québec, notamment à sa culture qui peut convaincre les jeunes francophones de continuer à parler le français.

Pour les jeunes francophones hors Québec qui vivent dans des milieux où le français est fragile, où le français est une activité familiale, avoir un lien avec le Québec étroit, c’est démontrer que le français, au Canada, c’est aussi une langue vivante, historique et moderne [...] qui rejoint la vivacité d’une société, a acquiescé M. Thériault.

Gino Leblanc en entrevue dans un gymnase

Gino LeBlanc, directeur du Bureau des affaires francophones et francophiles de l'Université Simon Fraser (Archives)

Photo : Radio-Canada / Denis Dossman

Vincent Poirier partage cet avis. Sans la culture québécoise pour nourrir mon quotidien, il y aurait de gros, gros manques, a-t-il illustré.

Si on veut faire société en français, l’idée d’un partenariat avec le Québec est essentielle.

Une citation de :Joseph Yvon Thériault, professeur associé au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal

Les attentes envers le Québec sont nombreuses, mais Mme Lapointe-Gagnon se montre réaliste.

Le Québec ne pourra pas régler tous les maux de la francophonie canadienne [...], mais je pense que le Québec a la chance d’avoir une voix forte dans le domaine de la francophonie. Il peut l’utiliser à bon escient.

La ministre LeBel l’a assuré : c’est sa volonté. J’ai de très grandes aspirations pour le futur. J’espère que ce sommet et la nouvelle politique [qui en découlera] seront un peu le jalon, l’étincelle qui nous amènera vers une solidarité et une unicité encore plus forte.

Le sommet se poursuit jusqu’à jeudi. Des ateliers thématiques sont prévus en début de semaine et la ministre LeBel a annoncé que le premier ministre François Legault sera présent pour la clôture du sommet.

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