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Pensionnats autochtones : un guichet unique pour aider les recherches des communautés

Des politiciens et un représentant autochtone lors d'une conférence de presse

Le ministre responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, a annoncé la création d’un poste d’agent de liaison dont le mandat sera d’accompagner les communautés afin qu’elles retrouvent les disparus des pensionnats autochtones.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lefebvre

Ismaël Houdassine

Québec et Ottawa se sont entendus pour créer un guichet unique afin de permettre aux familles et aux survivants de retrouver leurs proches disparus dans les pensionnats autochtones.

Ce guichet unique prévoit l’entrée en poste dès lundi d’un facilitateur pour coordonner l'assistance. Le ministre québécois responsable des Affaires autochtones, Ian Lafrenière, en a fait l'annonce samedi en conférence de presse.

Il était accompagné de plusieurs membres des Premières Nations, ainsi que des ministres fédéraux des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, et des Services aux Autochtones, Marc Miller.

C’est Michel Martin, un retraité de la fonction publique et ancien chef de police de Kativik, au Nunavik, qui agira à titre d’agent de liaison. Il connaît bien l’appareil gouvernemental, a déclaré M. Lafrenière. Vous ne le verrez pas dans les médias, mais son travail sera de faciliter celui des Premières Nations.

En concertation avec les Premières Nations

L'agent de liaison aura pour mandat d’appuyer les communautés durant des fouilles sur des terrains d’anciens pensionnats autochtones, mais aussi pour la recherche documentaire. On veut qu’il y ait une porte d’entrée unique et les décisions seront prises par les Premières Nations, a ajouté le ministre des Affaires autochtones.

On ne veut pas jouer à une game de ping-pong entre le fédéral et le provincial. On va travailler ensemble étape par étape.

Une citation de :Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones

Pour s’assurer que tout soit culturellement adapté, M. Lafrenière a également annoncé la mise en place d’un cercle de concertation composé d’aînés et de représentants autochtones. À ce titre, le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, aurait proposé au gouvernement sa pleine collaboration.

Cette entente intergouvernementale fait suite à la macabre découverte en mai de 215 restes d’enfants autochtones à Kamloops, en Colombie-Britannique.

Selon la ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, la création d'un groupe de travail au Québec permettra aux communautés autochtones de trouver des réponses.

On propose un portail simplifié, sans tracasseries administratives, pour permettre aux familles d'entreprendre des fouilles et aussi commémorer leurs proches disparues, a-t-elle affirmé.

Il s'agit d'un premier geste pour trouver des réponses. Ce n'est pas le dernier.

Une citation de :Carolyn Bennett, ministre fédérale des Relations Couronne-Autochtones

Mme Bennett a expliqué qu'il y a probablement d'autres sépultures non marquées qui restent à découvrir au Canada et au Québec. Elle rappelle que dans le rapport de la Commission de vérité et réconciliation, on estime qu'il y a plus 4000 enfants autochtones qui sont morts dans les pensionnats.

Une fois que l'on connaît la vérité, on ne peut pas l'ignorer, a-t-elle dit. C'est pourquoi on sera là pour accompagner les communautés pour qu'elles retrouvent les disparus.

Nomination qui laisse perplexe

Le choix de l'ancien policier Michel Martin en tant qu'agent de liaison ne semble pas faire l'unanimité. Pourquoi on met autant d'agents policiers dans des enjeux de société aussi importants, se questionne la réalisatrice innue Mélissa Mollen-Dupuis, l'une des instigatrices du mouvement Idle No More.

Même si elle convient que M. Martin a une certaine expérience avec les communautés autochtones, elle précise que plusieurs corps de police ont été impliqués dans l'enlèvement des enfants à leurs familles pour les amener dans les pensionnats et évoque donc une nomination peut-être maladroite.

Un avis partagé par le professeur Sébastien Brodeur-Girard, qui a œuvré en tant que juriste et codirecteur de l’équipe de recherche aux travaux de la commission Viens. Ce dernier souligne que le facilitateur nommé par Québec a dirigé le corps de police de Kativik, un corps de police qui a eu et qui a encore de nombreux problèmes de relations avec la communauté inuit.

27 millions $ pour accompagner les recherches

Au début du mois de juin, Ottawa a débloqué une enveloppe de 27 millions $ pour soutenir les communautés autochtones qui désirent engager des recherches autour des sites qui ont autrefois abrité les pensionnats.

Un représentant autochtone et des politiciens durant une conférence de presse

Les différents paliers de gouvernement promettent de travailler ensemble.

Photo : Radio-Canada / Olivier Lefebvre

Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, a promis davantage de soutien financier si nécessaire et aussi du soutien technique comme les services de recherche des forces armées du Canada. Notre engagement auprès des communautés, c'est qu'on va être là le cas échéant. Ce serait malheureux de voir des communautés qui se sentent précipitées par peur de ne pas avoir accès à cet argent.

Durant la conférence, Richard Kistabish, survivant des pensionnats autochtones et ancien chef de la première nation abitibiwinni, a livré un poignant discours dans lequel il a expliqué en larmes comment le système des pensionnats a détruit des familles entières. Les pensionnats ont fait beaucoup de dommages, a-t-il raconté. Il y a 40 ans, quand je contais ce qui se passait dans les pensionnats, on ne me croyait pas. On me disait que des choses pareilles ne pouvaient pas arriver dans un pays comme le Canada.

M. Kistabish a dit en avoir assez des excuses futiles et milite maintenant pour une réparation pleine et entière des torts qui doit se faire à plusieurs niveaux. La reconnaissance du passé, dire la vérité, admettre ses fautes sont autant de façons de réparer, a-t-il plaidé.

Avec les informations de Rose St-Pierre.

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