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Lutter contre la tordeuse des bourgeons de l'épinette avec son propre ADN

Une tordeuse des bourgeons de l'épinette sous sa forme larvaire.

La tordeuse des bourgeons de l'épinette (archives).

Photo : Christian Bélisle, ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs

Radio-Canada

Une équipe de chercheurs québécois tentera de mettre en application une découverte récente pour développer un insecticide biologique contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Celui-ci utiliserait l’ADN de l’insecte lui-même.

On utilise la découverte récente que l’ADN co-spécifique, donc l’ADN propre à un organisme, est toxique pour lui-même, résume Annie Deslauriers, la chercheuse principale du projet et professeure au département des sciences fondamentales de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

La scientifique explique que pour qu’il soit toxique, l’ADN doit être fragmenté et concentré, ce qui constitue un grand défi.

Présentement des centaines de milliers d'hectares de forêt, notamment dans l’Est-du-Québec, sont pulvérisées au Bacillus thuringiensis kurstaki (BTK). Il s’agit d’un insecticide biologique qui a le défaut de s’attaquer également aux espèces similaires à la tordeuse, mais qui ne causent pas les mêmes dommages.

Des avions de la SOPFIM sont stationnés en rangée à la base de Matane.

Les avions de la SOPFIM pulvérisent le BTK sur les forêts visées (archives).

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Ça cause quand même quelques dommages pour la biodiversité, résume Annie Deslauriers, qui veut développer un insecticide spécifique qui ne s’attaquerait qu’à la tordeuse des bourgeons de l’épinette, grâce à son ADN.

Cet ADN, quand il va être ingéré par l’insecte, il va être toxique parce qu’il cause des ravages au niveau cellulaire et au niveau de la paroi intestinale. Par la suite, ça vient causer la mort de l’insecte, explique-t-elle, en entrevue à l’émission Boréale 138.

La découverte du phénomène revient à une équipe de l’université de Naples, en Italie.

Quand [les chercheurs de l'université de Naples] m’ont raconté ça, on s’est dit qu’on pourrait essayer ça sur la tordeuse.

Une citation de :Annie Deslauriers, professeure au département des sciences fondamentales de l’UQAC

Des tests préliminaires ont démontré aux chercheurs québécois le potentiel de l’idée. Beaucoup de recherche doit toutefois avoir lieu et d’importants défis techniques doivent cependant être relevés avant de pouvoir espérer utiliser l’insecticide novateur.

Équipe multidisciplinaire

L’étude est financée par le Fonds québécois de la recherche sur la nature et les technologies (FRQNT) et le ministère des forêts de la Faune et des Parcs du Québec.

Une équipe multidisciplinaire est nécessaire pour le projet. Ilga Porth, de l’Université Laval, a le défi de produire une grande quantité d’ADN de tordeuse. Lionel Ripoll, de l’UQAC, doit de son côté trouver une manière d’enrober l’ADN de cellulose pour que l’insecte puisse la manger.

Éric Bauce, professeur titulaire à l’Université Laval, mènera des tests sur la concentration létale du produit avant qu’Annie Deslauriers analyse l’impact du produit sur les arbres.

La chercheuse indique que le développement et l’homologation d’un tel produit peuvent être très longs. Il ne pourrait peut-être pas être utilisé pour combattre l’épidémie actuelle de tordeuse.

Elle espère toutefois que la technologie puisse trouver des applications contre d’autres insectes ou pour d’autres industries, comme l’agriculture.

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