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Davantage de piégeage pour protéger le caribou

La face d'un coyote.

Même si les coyotes se tiennent généralement en basse altitude, dans le parc, ils ont été observés au sommet des montagnes fréquentées par les caribous.

Photo : iStock

Les entreprises sélectionnées par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs étendront cette année plus de pièges et dans plus d’endroits. L’objectif est d’augmenter l’effort de piégeage et le niveau de capture pour protéger la reproduction du caribou.

Il s’agit d’une des mesures préconisées en attendant le plan de rétablissement de l’espèce qui devrait être déposé en 2022.

Il restait à l’hiver 2020 environ une cinquantaine d’animaux dans le troupeau de caribous de la Gaspésie, dont une quarantaine sur les monts McGerrigle et Jacques-Cartier.

L’an dernier, plusieurs faons ont pu être observés dans le secteur, mais leur survie reste incertaine.

La prédation par l’ours ou par le coyote, notamment des faons, demeure un des principaux obstacles au rétablissement de cette petite population qui ne cesse de décliner.

La construction d’enclos pour les femelles gestantes est aussi une des actions que le ministère mettra de l’avant au cours des prochains mois.

La sortie de ces enclos est indissociable d’une intensification du prélèvement des prédateurs afin de protéger les faons.

Installation en cours

Cette année, l’appel d’offres du ministère se terminait à la fin mai. Les contrats ont été signés la semaine dernière et l’installation vient tout juste de commencer.

Cette opération, qui soit se faire très rapidement, est extrêmement importante puisque les femelles gestantes sont en période mise bas, indique le biologiste du ministère de la Faune et des Parcs, Mathieu Morin.

C’est là que l’effort doit être le plus important. On se dépêche à rendre opérationnel l’ensemble des pièges, on essaie d’optimiser les chances de survie des bébés qu’on aura cette année, explique M. Morin.

Au total, 110 pièges, destinés principalement aux canidés, ont été installés l’an dernier. Cette année, 54 de plus seront ajoutés. Ces pièges sont installés en permanence.

Une soixantaine de pièges amovibles qui ciblent l’ours noir sont déployés en rotation, jusqu’à la mi-juillet. Après, l’ours se nourrit surtout de baies et de petits fruits, trop abondants pour que les pièges soient efficaces.

Un ours noir dans la nature.

Un ours noir dans la nature.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Le programme, qui existe depuis plusieurs années, a pris de l’ampleur au fil des ans et ne vise plus seulement le territoire du parc de la Gaspésie.

Ça fait déjà quelques années qu’on a étendu des dispositifs dans la réserve des Chic-Chocs. On a étendu l’année dernière, dans la réserve de Matane. Maintenant, on a de nouveaux engins de piégeage depuis l’année dernière dans la portion sud du parc, qui était moins couvert, renchérit Mathieu Morin.

Cette année, le ministère souhaite ouvrir de nouveaux sites de piégeage dans le nord du parc de la Gaspésie. Le ministère veut ainsi entourer de pièges les sommets fréquentés par les caribous. En élargissant comme ça, on a plus de chances de les capter avant qu’ils se rendent dans les secteurs fréquentés par les caribous.

Le programme se poursuit aussi l’hiver, mais vise seulement le coyote dont c’est la période de reproduction. On assure une pression constante et ça évite de pomper une chaloupe percée. Si on arrête tout ce territoire va se repeupler , fait valoir Mathieu Morin.

Manque de données

L’efficacité du piégeage est pour le moment difficilement mesurable puisque plusieurs informations sont manquantes.

D’abord, la mort par prédation est difficile à évaluer puisqu’il est rare que les biologistes aient accès à une carcasse récente.

On voit de profil un jeune caribou sur un terrain rocheux. Le ciel est nuageux.

Un caribou sur le mont Jacques-Cartier, en Gaspésie

Photo : iStock / gotrain

La taille de la population de coyotes est aussi inconnue, donc le ministère ignore quel pourcentage de la population il prélève.

La donnée est d’autant plus importante que naturellement les portées du coyote tendent à augmenter quand sa population diminue. Il faut arriver à un niveau qui nous permette de surmonter cet effet , observe M. Morin.

Pour en savoir plus, le ministère a installé des colliers émetteurs sur une quinzaine de coyotes l’an dernier. Il fera de même cette année. Avec ces paramètres, on devrait être en mesure d’estimer la densité et là, préciser la cible de récolte qu’on souhaiterait avoir. L’objectif est d’ajuster notre taux de prélèvement pour que cette récolte soit efficace , indique M. Morin.

Le contrôle de la population d’ours noir, dont la densité est mieux connue, a un impact mieux connu, relève le biologiste.

L’an dernier, l’opération a permis d’attraper environ 215 coyotes et une soixante d’ours. S’ajoute à ce bilan tout le piégeage effectué par les chasseurs.

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