•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Fermeture des bars : des tenanciers de Gatineau veulent un arrimage avec Ottawa

Un serveur prend la commande d'un client dans un bar.

Certains tenanciers et restaurateurs de l'Outaouais critiquent le manque de cohérence, disent-ils, entre le plan de déconfinement du Québec et de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’approche différente du déconfinement entre l’Ontario et le Québec fait serrer des dents certains tenanciers de bars, en Outaouais.

Les restaurateurs d’Ottawa ont le feu vert, vendredi, pour ouvrir leur salle à manger extérieure, au même moment que les propriétaires de bars en Outaouais peuvent maintenant servir en terrasse.

Mais l’heure de fermeture diffère d’une juridiction à l’autre, même si les villes sont voisines. Un non-sens que déplorent certains tenanciers de l’Outaouais.

Depuis le début de la pandémie, on remarque une incohérence au sujet des mesures sanitaires. Il n’y a jamais eu d’harmonisation entre Ottawa et Gatineau, même si on est à deux minutes de marche, pour nous, dans le Vieux-Hull, souligne Dominique Tremblay, la copropriétaire du Pub du bon vivant, du côté de Gatineau.

En Outaouais, selon le plan de déconfinement, les bars devront cesser de vendre de l’alcool à partir de 23 h et fermer boutique à minuit. Or, de l’autre côté de la rivière des Outaouais, les restaurateurs et tenanciers de pubs, par exemple, pourront fermer à 2 h dans la capitale fédérale.

Il est toujours interdit de traverser la frontière entre Ottawa et l'Outaouais, même les points de contrôle pourraient bientôt être levés. La fermeture actuelle est prévue jusqu'au 16 juin, mais l'Ontario entretient toujours le doute d'une éventuelle prolongation de cette mesure.

Un tenancier craint une compétition déloyale

Éric Gaudreault, le copropriétaire du Café bistro le Troquet et membre du conseil d’administration de Vision Centre-Ville Gatineau, craint un exode de la clientèle vers les bars d’Ottawa, alors que les temps ont été difficiles au cours des derniers mois.

Un homme accorde une entrevue devant un bar.

Éric Gaudreault, copropriétaire du Café bistro le Troquet, à Gatineau (Archives)

Photo : Radio-Canada

Il doit y avoir un certain arrimage entre les différentes consignes de santé publique à Ottawa et à Gatineau, étant tellement près l’une de l’autre. Encore une fois, ce sera probablement de la compétition déloyale, dit-il.

M. Gaudreault a d’ailleurs milité activement au cours des dernières années pour que soient prolongées les heures d’ouverture des bars dans Vieux-Hull jusqu’à 3 h du matin, comme partout au Québec.

En 1997, un règlement municipal a été adopté pour que les heures d’ouverture des bars du secteur du Vieux-Hull soient harmonisées à celles des bars d’Ottawa. On voulait ainsi éviter que des fêtards de la capitale fédérale traversent en Outaouais après la fermeture des bars, pour prolonger la soirée.

Manque de main-d'œuvre, un problème plus urgent

Le copropriétaire du Café bistro le Troquet se dit plus à l’aise avec l’approche du Québec qui permet une réouverture au compte-gouttes, dit-il, pour éviter, d’une part, une quatrième vague de COVID-19, mais aussi permettre aux commerçants et propriétaires de bars et de restaurants de bien se préparer.

C’est que même s’il voulait ouvrir jusqu’à 3 h du matin, M. Gaudreault n’a pas encore tout le personnel nécessaire, explique-t-il.

On ne se le cachera pas, de minuit à 2 h du matin, les besoins ne sont pas les mêmes. Des fois, les gens vont être un peu plus de bonne humeur. Il y a plus de défis au niveau de la gestion. Oui, c’est plus compliqué. Si demain matin, M. Legault nous annonce qu’on peut ouvrir jusqu’à 3 h, oui j’ai un énorme défi d’avoir des employés pour faire le travail jusqu’à cette heure, explique Éric Gaudreault.

Dominique Tremblay, du Pub du bon vivant, fait face à la même problématique de main-d'œuvre.

Une femme accorde une entrevue via visioconférence.

Dominique Tremblay, copropriétaire du Pub du bon vivant, à Gatineau

Photo : Radio-Canada

[L’enjeu des heures d’ouverture, c’est] un défi, oui, mais pas tant que ça, parce que notre plus gros problème, c’est le manque de personnel. Même si on voulait ouvrir jusqu’à deux heures du matin, on ne pourrait pas et je pense que dans tous les bars et restaurants dans le coin, on a tous le même problème, admet Mme Tremblay.

Sécurité accrue à Ottawa

De leur côté, les autorités à Ottawa promettent d’être très présentes dans les rues pour faire respecter les directives de santé publique, alors que l’heure est au déconfinement.

D’ailleurs, à compter de vendredi soir, il y aura une présence policière accrue, particulièrement dans les secteurs du Marché By et du centre-ville Rideau, avertit la Ville d’Ottawa.

Les agents adopteront une approche de tolérance zéro à l’endroit des débordements et troubles à l’ordre public, notamment les infractions à la Loi sur les permis d’alcool, a indiqué la Ville d’Ottawa, par voie de communiqué, vendredi.

Pour sa part, Mathieu Fleury, le conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier, à Ottawa, demande la collaboration de tous afin que le déconfinement se déroule rondement.

Un homme brandit un masque, alors qu'il accorde une entrevue à la caméra

Mathieu Fleury, conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier, à Ottawa

Photo : Radio-Canada

Ce n’est pas parce qu'on est aux petites heures du matin et que l’on consomme de l’alcool qu’on doit mettre en retrait l’évidence et le sérieux de la pandémie. À travers tout ça, on demande, oui, d’appuyer les commerces locaux à toutes heures du jour, parce qu’il y a aussi beaucoup de commerces dans le marché le jour dans le Marché By. Mais si on vient le soir, on doit être encore conscient qu’il faut porter le masque et respecter la distanciation, rappelle le conseiller d’Ottawa.

Avec les informations de Jérémie Bergeron et Rémi Authier

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !