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Le Nouveau-Brunswick ne protégera pas les locataires contre les hausses des loyers

La province endosse un rapport sur le logement et continue d'ignorer la crise, selon les défenseurs des locataires.

Une affiche annonce un appartement à louer, sur une maison.

Un logement à louer à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Guy Leblanc

Radio-Canada

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick appuie toutes les recommandations proposées dans le rapport sur le logement locatif dans la province, y compris celle de ne pas imposer de contrôle des loyers. De leur côté, les défenseurs des droits des locataires estiment que la province continue de nier l'existence d'une crise du logement.

L’Examen de la situation du logement locatif a été lancé afin d’apporter des améliorations à l’ensemble du système de logement locatif, indique le gouvernement, et pour répondre à l'appel de nombreux individus et organismes de soutien aux locataires, qui affirment que les loyers ont explosé depuis le début de la pandémie, ce qui rend l'accès à un logement abordable quasi impossible.

Des lacunes... et des outils pour améliorer la situation

Selon le ministre du Développement social, Bruce Fitch, l’examen de la situation a confirmé des lacunes au sein du système du logement locatif, tout en ajoutant qu'il y a des possibilités d’amélioration.

Nous voulons maintenant travailler vers un marché équilibré et réactif, où les locataires peuvent obtenir des logements locatifs abordables et accessibles et où les propriétaires peuvent bénéficier de leurs investissements, a déclaré le ministre dans un communiqué.

Bruce Fitch derrière un micro, debout devant un drapeau du Nouveau-Brunswick.

Le ministre du Développement social du Nouveau-Brunswick, Bruce Fitch

Photo : Radio-Canada

Selon M. Fitch, cet examen objectif et approfondi du secteur du logement locatif mené par une équipe interministérielle a conduit à des changements concrets et réalisables qui visent à résoudre des problèmes du système. Le ministre souligne toutefois qu’il n’y a pas de solutions rapides à la situation.

Nous pensons que les loyers devraient continuer d’être fixés par les conditions du marché dans notre province.

Une citation de :Bruce Fitch, ministre du Développement social du Nouveau-Brunswick

Un comité interministériel a été mis en place pour travailler sur les recommandations avec des échéanciers précis. Ainsi, le gouvernement veut notamment, avant la fin de l'année, examiner et moderniser la Loi provinciale sur la location de locaux d'habitation.  

La province parle d'améliorer d'ici l'automne le service téléphonique et le site Web du Tribunal sur la location pour répondre aux questions de location. Le gouvernement compte aussi fournir les outils et renseignements nécessaires aux groupes de défense pour aider les locataires et les groupes vulnérables à comprendre leurs droits.

Le gouvernement veut également augmenter le nombre de logements locatifs par une série de mesures qu'il compte implanter durant la prochaine année. La province souhaite notamment accroître le nombre d'ouvriers spécialisés, par un recrutement local et au moyen de l'immigration. Fredericton entend aussi créer une société sans but lucratif pour développer du logement en milieu rural.

Un parti pris en faveur des propriétaires?

L'annonce de la province a étonné les organismes qui parlent au nom des locataires.

Nous sommes encouragés par l'engagement du gouvernement à réviser la Loi sur la location à usage d'habitation, mais nous sommes consternés par le fait que le gouvernement a pris le parti des propriétaires corporatifs sur le contrôle des loyers, avant même que la législation ne soit rédigée et qu'une consultation n'ait lieu, peut-on lire dans un communiqué commun de la Coalition pour les droits des locateurs du Nouveau-Brunswick et de l'organisme ACORN.

Ces sociétés maximisent leurs profits au détriment des locataires et le font au prix d'énormes augmentations de loyer, peut-on lire dans le communiqué. Faire confiance au marché privé pour gérer les loyers va se traduire par la même chose : les gens continueront de souffrir d'augmentations de loyer importantes et d'expulsions sommaires.

Matthew Hayes.

Matthew Hayes, organisateur de la Coalition pour les droits des locataires du Nouveau-Brunswick, estime que laisser libre cours au principe de l'offre et de la demande dans le marché locatif est dépassé.

Photo : Radio-Canada

Les deux organismes se disent déçus de ce que le gouvernement ait ignoré toutes les preuves qu'il a lui-même recueillies et publiées sur l'existence d'une crise du logement. Nos organisations sont régulièrement inondées de courriels et d'appels téléphoniques de locataires confrontés à des augmentations de loyer de l'ordre de 20, 30 et même 50 %, selon le communiqué commun.

Les deux organismes se réjouissent cependant de l'engagement du gouvernement à fournir des outils pour éduquer les locataires sur leurs droits.

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, le 2 juin 2021.

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, le 2 juin 2021

Photo : Radio-Canada

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, est d'avis que le problème persistera, même lorsque les recommandations des fonctionnaires auront été mises en place.

C'est un enjeu encore pour beaucoup des gens du Nouveau-Brunswick dans chaque coin de la province, urbain et rural, a affirmé David Coon.

Avec des informations recueillies par Michel Corriveau

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