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Après une année d'embûches, le zéro déchet a du chemin à rattraper

Plusieurs villes comme Calgary et Edmonton ont collecté nettement plus d’ordures ménagères en 2020 qu'en 2019.

Une femme achète des macaronis en vrac.

L'achat en vrac fait partie des habitudes à adopter pour tendre vers le zéro déchet.

Photo : iStock

Après une année de pandémie dominée par les articles jetables, le mouvement zéro déchet tente de reprendre sa place. La première étape sera de déconstruire certaines des habitudes de consommation adoptées pendant le confinement, selon plusieurs organismes qui militent pour la diminution des déchets.

À quelques reprises depuis mars 2020, Karine St-Onge s’est demandé si elle avait pris la bonne décision en ouvrant un magasin de produits zéro déchet à Edmonton.

J’avais un peu peur, oui, admet la copropriétaire de la boutique Re:Plenish. Sa partenaire d’affaires et elle ont dû mettre sur pied à la dernière minute un système de vente en ligne et de livraison.

On a conduit tout autour de la ville pour donner des commandes, mais c’était une tonne de travail pour pas autant de clients.

Une citation de :Karine St-Onge, copropriétaire de la boutique Re:Plenish

Le magasin a également été forcé de fermer ses portes pendant plusieurs mois.

Karine St-Onge, portant un masque devant un étalage.

Karine St-Onge a ouvert sa boutique quelques mois avant le début de la pandémie de COVID-19.

Photo : Radio-Canada / François Joly

Avec la levée progressive des restrictions et la diminution du nombre de cas, elle se permet enfin d’être optimiste.

Ça fait environ deux mois qu’on a rouvert nos portes au public et, depuis, ça va extrêmement bien. On ne pourrait pas être plus heureux!, explique-t-elle.

Une pause d’un an

La pandémie de COVID-19 a eu l’effet d’un gros coup de frein pour le mouvement zéro déchet, selon Karine St-Onge. Les articles jetables à usage unique ont connu un regain de popularité. Aux emballages plastiques et aux tasses en carton se sont ajoutés les masques et les gants.

Karine St-Onge pense aussi qu’il était difficile pour de nombreuses personnes de rester motivées pendant la pandémie.

Je pense qu’on n’avait pas vraiment l’espace mental pour avoir d’autres priorités, explique-t-elle. Toutes les conversations portaient sur la pandémie et pas nécessairement sur l’environnement ou sur l'achat des produits en vrac.

Elle pense cependant que les choses commencent graduellement à se replacer. Plusieurs épiceries spécialisées ont recommencé à accepter les contenants réutilisables.

Les déchets domestiques en forte hausse

La pandémie semble aussi avoir modifié les habitudes de consommation de manière importante. À Calgary comme à Edmonton, la quantité de déchets générés par les ménages a augmenté de près de 9 % entre 2019 et 2020.

C’est une différence significative par rapport à ce qu’on a vu dans le passé, admet la responsable de la stratégie de réduction des déchets de la Ville d’Edmonton, Sarah Wilmot.

En tenant compte de l’augmentation de la population, la hausse annuelle est d’environ 7 %, précise-t-elle. On voit en moyenne des augmentations de 1,5 % par année.

Ces données ne tiennent cependant pas compte des secteurs commercial et industriel pour lesquels les deux villes n’ont pas de données.

Une partie de l’augmentation a donc pu être compensée par une baisse de la production de déchets sur les lieux de travail. Selon Statistique Canada, le secteur résidentiel ne représente qu’un tiers des déchets produits en Alberta.

Je suppose que, du côté résidentiel, c’est surtout relié à une certaine dépendance aux livraisons qu’on a acquise pendant la pandémie, dit la cofondatrice de l’organisme calgarien Plastic Free YYC, Isabelle Couture. On a eu plus de livraison de biens et de repas.

Elle croit cependant que la tendance pourrait s’inverser avec la levée graduelle des restrictions.

De sortie de crise à stratégie à long terme

La Ville d’Edmonton a annoncé en avril son intention de bannir l’usage de certains objets en plastique à usage unique. La Ville espère arrêter d’ici trois ans l’augmentation de la quantité de déchets générés par sa population.

C’est un peu comme un train qui accélère un peu plus chaque année, explique Sarah Wilmot. Notre premier objectif, c’est d’arrêter le train afin qu’on ne produise pas plus de déchets année après année.

Portrait de Sarah Wilmot sur un fond extérieur flou.

Sarah Wilmot admet que l'augmentation dans la production de déchets domestiques est supérieure à ce qu'on observe normalement.

Photo : Angela Chang

Il s’agit de la première phase d’une stratégie étalée sur 25 ans qui vise une diminution de 20 % de la production de déchets.

Tout est dans les détails, affirme cependant le président de l’organisme Waste Free Edmonton, Sean Stepchuk. Tant qu’on ne sait pas précisément quels articles jetables seront interdits ou comment fonctionnera le programme de subventions, c’est difficile de prédire si ce sera efficace.

Edmonton lancera, d’ici quelques semaines, son programme de compostage résidentiel.

Le gouvernement albertain souhaite également mettre sur pied un programme de responsabilité élargie du producteur. Ce type de programmes transfère la responsabilité de payer pour le recyclage aux entreprises qui fabriquent les objets qui se retrouvent à la poubelle et dans les bacs de récupération.

Selon Sean Stepchuk, il faudra là aussi attendre que les détails du plan soient dévoilés pour en évaluer l’efficacité.

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