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Lutter contre la tordeuse des bourgeons de l'épinette tout en protégeant les caribous

Des avions de la SOPFIM à la base de Matane.

L'équipe de Matane doit pulvériser de l'insecticide dans le parc de la Gaspésie.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Radio-Canada

Ceux qui prennent part à la bataille contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette doivent affronter de nouveaux défis cette année, dans l'Est-du-Québec. Parmi ceux-ci, celui de protéger les caribous montagnards du parc de la Gaspésie, un animal menacé de disparaître.

Les équipes de la Société de protection des forêts contre les insectes et maladies (SOPFIM) s’activent ces temps-ci, dans l’Est-du-Québec.

Leur objectif est de pulvériser l’insecticide biologique BTK sur 7470 kilomètres carrés de forêt du Québec. Cette pulvérisation s'effectue notamment par avion.

Le but est de protéger les arbres des ravages provoqués par un insecte : la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Défendre les épinettes pour protéger les caribous

Les aviateurs doivent asperger leur produit dans les montagnes abruptes du parc de la Gaspésie, qui accueillent des femelles caribous en gestation. Une opération de protection évaluée à 1,5 million de dollars.

Un avion de la SOPFIM roule sur la piste, alors qu'un autre est déjà dans le ciel.

L'objectif de l'opération est de protéger les épinettes de la tordeuse.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

L'objectif est de défendre le garde-manger des caribous, mais aussi les arbres qui les protègent des prédateurs.

La population a diminué énormément puis l’objectif est d’assurer une zone de mise bas dans les [secteurs] de confinement du caribou des montagnes, explique le directeur général de la SOPFIM, Yves Arsenault.

Les spécialistes assurent que l'épandage de l'insecticide biologique aura peu d'impact sur la santé des caribous, qui ne compte plus qu'une cinquantaine de membres aujourd'hui.

Le professeur en écologie animale à l'Université du Québec à Rimouski (UQAR), Martin-Hugues Saint-Laurent, explique que les avions de la SOPFIM, qui volent à basse altitude pour épandre l'insecticide dérangeront les animaux, mais c'est un moindre mal. L'important, c'est de protéger les arbres des insectes ravageurs.

Il faut quand même concevoir que cette perturbation-là, de courte durée, n’a aucune commune mesure avec la perte des vieilles sapinières qui pourrait survenir après plusieurs années de défoliation et ça serait vraiment problématique pour plusieurs générations de caribous, explique-t-il.

Un caribou mâle, de profil, avancer sur un sol rocheux, en hiver.

Les caribous de la Gaspésie forment le dernier troupeau au sud du Saint-Laurent.

Photo : SEPAQ/Denis Desjardins

Le professeur souligne que les arrosages de BTK sont des opérations qui existent depuis longtemps au Québec, sans évidence des problèmes directs avec la faune.

Yves Arsenault ajoute que le terrain accidenté du parc de la Gaspésie complique aussi les opérations. Ce sont des secteurs qui sont moins accessibles.

C'est un défi technique [...] de procéder à des arrosages de secteurs accidentés. Il a fallu faire une analyse très sérieuse pour assurer la sécurité [des équipes].

Une citation de :Yves Arsenault, directeur général de la SOPFIM

Nous, on travaillait dans le passé toujours avec des secteurs qui étaient disponibles pour la récolte de bois. Donc, limités à 40 % de pente, précise-t-il.

Des défis liés aux caribous, mais aussi à la COVID-19

Le chef de la base de Matane souligne que les travailleurs de la SOPFIM doivent affronter d'autres défis cette année comme celui de se protéger de la COVID-19. Les membres dont une bonne partie proviennent de l'extérieur de la province, doivent respecter des règles strictes de sécurité.

Une éclosion dans une petite équipe comme celle de Matane aurait des conséquences désastreuses parce qu'ici le travail ne dure qu'environ un mois.

On ne peut pas se permettre de [...] risquer de faire rentrer la COVID ici. Ça mettrait en péril la base de Matane au complet et ça aurait un impact énorme.

Une citation de :Guy Poirier, chef de base à Matane pour les opérations aériennes de la SOPFIM

L’an dernier, la pandémie a forcé l’annulation abrupte des opérations. Un dur coût pour l'organisation qui dispose d'un financement de 55 millions de dollars par année.

C’est un défi énorme. Ça a été difficile parce qu’il faut comprendre que l’équipe de la SOPFIM, c’est une équipe très fière. On avait travaillé énormément pour le programme de 2020, soutient le directeur général de la SOPFIM, Yves Arsenault.

Il ajoute que l'annulation des opérations l'an dernier a créé de la déception et de l'inquiétude chez les travailleurs de l'organisation, dont certains craignaient de perdre leur emploi. Aujourd'hui, un programme de protection de la COVID a été élaboré et tout le monde doit le respecter.

Un pilote dans un avion de la SOPFIM.

L'annulation des opérations d'épandage l'an dernier a créé de l'inquiétude et de la déception chez les travailleurs de la SOPFIM l'an dernier.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Deschênes

Entre 250 et 300 personnes sont employées par la SOPFIM. Une vingtaine d'entre elles travaillent de la fin mai à la fin juin à la base de Matane.

D'après un reportage de Jean-François Deschênes

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