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Procès du 79 Fraser : « Ma maison est une prison », déplore le propriétaire

Une imposante résidence de luxe avec façade de briques à trois étages.

Le tribunal doit déterminer si la dérogation mineure était légale et si l'imposante résidence sera démolie (archives).

Photo : Radio-Canada

Patrick Molla, le propriétaire du 79 Fraser, cette résidence du secteur d'Aylmer qui est au cœur d'un procès cette semaine au palais de justice de Gatineau, souhaite que la Ville de Gatineau achète sa résidence et qu’elle mette ainsi fin à une situation qu'il qualifie d'invivable.

C’est une prison, c'est pas compliqué. On [ne] peut pas faire ce qu'on veut. On n'a pas fini [la maison] comme on aurait voulu parce qu’on savait qu'il y avait un risque de démolition. C'est la Cour qui va trancher. D'un côté, je perds la valeur de ma maison et de l'autre on va la faire démolir. On te coupe la tête ou on te jette en bas de la falaise. [Dans tous les cas], je vais avoir perdu.

Ses voisins et lui ont intenté des poursuites contre la Ville de Gatineau. Le tribunal doit déterminer si la dérogation mineure était légale et si l'imposante résidence sera démolie.

Appelé à la barre des témoins au quatrième jour du procès, Patrick Molla a expliqué au tribunal comment toute cette saga, qui a commencé il y a près de huit ans, a eu des répercussions importantes pour sa famille.

Lors de son témoignage, M. Molla a soutenu que si la Ville l'avait informé en septembre 2013, soit au moment de découvrir l'erreur qui a mené à cette saga administrative, il aurait cessé les travaux. Il soutient cependant que ce n'est que quatre mois après avoir obtenu son permis de construction qu'il a été avisé d'un problème.

La Ville m’a appelé pour me dire qu'il y avait eu une erreur et qu'il y aurait une dérogation pour régulariser la maison.

Une citation de :Patrick Molla, propriétaire du 79, chemin Fraser

M. Molla a donc poursuivi ses travaux avant d’apprendre, le mois suivant, que le comité consultatif d'urbanisme a approuvé la demande de dérogation mineure qui permettra de réduire la marge avant de sa demeure de 15 à 7 mètres.

Le tout devait être soumis au vote du conseil en décembre et on lui a dit que le vote serait une formalité, a raconté le propriétaire.

Par contre, le 17 décembre 2013, le vote a été reporté. Le nouveau conseiller du district et nouveau président du comité consultatif d'urbanisme, élu depuis un mois, Richard Bégin, a dit souhaiter plus d'informations sur le dossier.

Ce n'est qu'au printemps suivant, soit un an après avoir commencé ses travaux que Patrick Molla apprend qu'un nouveau vote aura lieu à l’été. C'est aussi à ce moment, a-t-il dit, que sa vie a basculée.

Je ne souhaite ça à personne. Les médias sont en avant [de] chez nous. Ça fait la file devant chez nous, ça crie ‘‘démolition’’. Des avions se posaient sur la rivière pour prendre des photos, a-t-il énuméré, décrivant cela comme étant les pires années de ma vie.

Le vote du conseil municipal a finalement eu lieu le 8 juillet 2014. Les élus de Gatineau avaient accordé une dérogation mineure à M. Molla au terme d'une assemblée houleuse.

La Ville a mené une enquête interne et elle a conclu à une erreur humaine dans cette affaire et a mené à une importante réforme au sein du service de l'urbanisme.

Le procès se poursuit vendredi alors que le juge Michel Déziel doit visiter la maison en question. Les avocats devraient commencer leurs plaidoiries au début de la semaine prochaine.

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