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Déconfinement en Ontario : qui peut rouvrir et qui doit toujours attendre

Photo aérienne qui montre l'avenue en plongée. Une partie de l'avenue près du trottoir est fermée à la circulation et des tables ont été dressées sur ses terrasses.

Des terrasses aménagées devant des restaurants de l'avenue Ossington, à Toronto.

Photo : Radio-Canada / Sue Reid

L’Ontario est officiellement entré dans la première étape de son déconfinement : les terrasses des restaurants et les commerces non essentiels peuvent rouvrir avec des restrictions. D’autres entreprises, comme les salons de coiffure et les salles de sport, devront encore prendre leur mal en patience.

Seul le district sanitaire de Porcupine – qui comprend Timmins, Hearst et Kapuskasing – ne passera pas à cette première étape en raison d’une recrudescence inquiétante des cas de COVID-19 dans la région.

Tannis Bundi est propriétaire d’une boutique torontoise qui vend des savons et des produits de nettoyage en vrac. Elle se réjouit de pouvoir de nouveau accueillir des clients dans son magasin, même si ce n’est qu’une personne à la fois.

La province impose aux détaillants non essentiels une limite de 15 % de leur capacité d'accueil, dans la première étape du déconfinement. Les épiceries, les pharmacies et d’autres commerces essentiels pourront, quant à eux, accueillir jusqu’à 25 % de leurs clients habituels.

Nous sommes choyés de pouvoir rouvrir de nouveau. Nous avions de la difficulté à joindre les deux bouts.

Une citation de :Tannis Bundi, copropriétaire, The Green Jar
La propriétaire de la boutique The Green Jar, Tannis Bundi, devant des étagères de produits écoresponsables.

Tannis Bundi, propriétaire de la boutique The Green Jar

Photo : Radio-Canada / Keith Burgess

Même avec la collecte en bordure de rue et les achats en ligne, ses revenus ont chuté de 70 % par rapport à leur niveau prépandémie. Nous craignions de mois en mois de devoir fermer nos portes pour de bon. Nous n'arrivions qu’à payer nos factures, affirme l’entrepreneure.

Réouverture des terrasses

Comme bien d’autres restaurateurs, Pascal Vernhes a passé les derniers jours à embaucher du personnel et à aménager sa terrasse, ce qui a été un casse-tête logistique.

Il a fallu se batailler un peu avec la Ville pour avoir cette terrasse, qu'on partage avec un bar à côté, affirme le propriétaire du Baratin, un restaurant dans le quartier portugais de Toronto. Pour se donner le temps de bien se préparer, il prévoit recevoir ses premiers clients mardi prochain.

On tourne à peu près à 50 % de notre capacité, donc c'est à peine viable.

Une citation de :Pascal Vernhes, propriétaire, Le Baratin

D’autres employeurs de l’industrie de la restauration peinent à recruter des serveurs, des plongeurs et des cuisiniers vu que d’anciens employés du secteur ont décidé de changer carrément de métier, face à l’incertitude qui plane durant la pandémie.

Le propriétaire du restaurant Le Baratin, Pascal Vernhes, devant sa terrasse.

Pascal Vernhes, propriétaire du restaurant Le Baratin, dans le quartier portugais de Toronto

Photo : Radio-Canada / Keith Burgess

Le restaurateur espère rouvrir sa salle à manger à l’intérieur d’ici la fin de juillet ou le début d'août. C’est ce qui est prévu dans la troisième étape du plan de déconfinement du gouvernement Ford.

Pour y arriver, cependant, de 70 % à 80 % des adultes ontariens devront avoir reçu une première dose et le quart de la population de plus de 18 ans devra avoir obtenu ses deux doses.

On espère surtout que la lumière va rester allumée et qu'on ne va pas refermer et retourner en confinement dans deux ou trois mois ou même dans deux ou trois semaines, lance M. Vernhes.

Autres réouvertures dans la première étape :

  • Zoos, sites historiques et jardins botaniques extérieurs
  • Magasins dans les centres commerciaux, s’ils possèdent une entrée sur la rue
  • Cours de conditionnement physique extérieurs jusqu’à 10 personnes
  • Terrains de camping et locations à court terme (comme Airbnb)
  • Courses de chevaux et circuits de vitesse motorisés, sans spectateurs

Attendre son tour

D’autres entreprises comme les salons de beauté, les salles de sport et les centres commerciaux devront attendre encore quelques semaines avant de pouvoir rouvrir. Certains propriétaires, qui se disent déjà en mesure de servir leurs clients de façon sécuritaire, sont frustrés.

C’est le cas de Sylvie Prud’Homme, propriétaire du salon de coiffure The Loft à Toronto. Son entreprise a été fermée pendant plus de neuf mois dans la dernière année.

Je suis déçue qu'on ne soit pas inclus dans la première étape. On ne comprend pas.

Une citation de :Sylvie Prud’Homme, propriétaire du salon de coiffure The Loft

Elle souligne que les coiffeurs et les salons de beauté sont tenus aux mêmes normes que les massothérapeutes, les chiropraticiens et les physiothérapeutes, qui peuvent pourtant servir des clients, malgré le contact rapproché.

Une femme blonde avec des lunettes devant des stations d'un salon de coiffure.

Sylvie Prud'Homme est propriétaire et directrice créative du salon de coiffure The Loft à Toronto, fermé depuis plus de neuf mois dans la dernière année.

Photo : Radio-Canada / Keith Burgess

Il n’y a pas beaucoup de revenus. Vendre des shampooings et des produits, ça peut seulement couvrir une fraction de mes factures, explique la propriétaire, même si elle a recours à l’aide financière fédérale.

Sylvie Prud’Homme souligne d’ailleurs qu’elle a beaucoup investi pour rénover son salon, espacer les stations de coiffure, ajouter des écrans en plexiglas et acheter du désinfectant et de l’équipement de protection.

Je pense que le gouvernement Ford ne voit pas notre industrie comme essentielle.

Des tests rapides pour éviter les éclosions

La Chambre de commerce de l’Ontario et ses associations membres ont déjà distribué plus de 2,4 millions de tests de dépistage rapides gratuits dans l’ensemble de la province, en moins d’un mois. Ils sont destinés aux petites entreprises de moins de 150 employés.

Nous savons qu'avec les tests rapides, on peut avoir une politique de dépistage pour tout le monde. On utilise ces tests avec les gens qui n'ont pas de symptômes, explique le président Rocco Rossi.

C'est un autre outil qui nous permet de rouvrir de manière plus sécuritaire.

Une citation de :Rocco Rossi, président de la Chambre de commerce de l’Ontario

Selon lui, repérer plus tôt des infections à la COVID-19 permet de briser les chaînes de transmission et d’empêcher des éclosions dans les milieux de travail et dans les quartiers où habitent ces travailleurs.

Le président de la Chambre de commerce de l'Ontario, Rocco Rossi.

Rocco Rossi, président de la Chambre de commerce de l'Ontario

Photo : Radio-Canada / Keith Burgess

Grâce à cette réouverture, l’économie ontarienne devrait croître de 5,6 % cette année et de 3,4 % en 2022, selon une récente étude du Conference Board du Canada. La reprise sera alimentée notamment par une forte demande refoulée.

Les exportateurs ontariens pourront bénéficier également d’une forte croissance aux États-Unis. L’étude souligne aussi l’investissement d’un milliard de dollars de General Motors à Ingersoll, où l’usine CAMI sera transformée pour y construire des véhicules commerciaux électriques.

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