•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Réouverture : les gyms naviguent entre optimisme et poids de la dette

Une machine sportive avec la mention "temporairement indisponible".

Les salles de sport ont rouvert jeudi en Alberta avec certaines restrictions, notamment de distance, entre les clients.

Photo : Radio-Canada / Tiphanie Roquette

Les salles de sport ont rouvert leurs portes jeudi en Alberta et elles espèrent que c'est pour de bon. Survivre financièrement aux multiples fermetures leur a demandé beaucoup d’ingéniosité, mais la bataille n’est pas terminée.

Après plus d’un an de pandémie, le fondateur de Fitset Ninja, à Edmonton, Tim Gourlay, a perdu le compte du nombre de mois où il a pu être en activité. Chose certaine, les portes de son centre d’entraînement ont été plus souvent fermées qu'ouvertes.

À la recherche de nouvelles sources de revenus

Toutefois, l’entrepreneur a affronté les défis comme un parcours du combattant : en surmontant chacun des obstacles.

Nous avons dû être créatifs et trouver de nouvelles façons de diversifier nos revenus , explique-t-il.

Les visites des groupes scolaires, interdites pendant la pandémie, représentaient la moitié de son chiffre d’affaires. Qu’à cela ne tienne, M. Gourlay a adapté son équipement pour qu’il puisse être facilement transporté et loué aux écoles.

Un enfant marche sur des pneus transformés en balançoire.

Le centre d'entraînement Fitset Ninja a accueilli les enfants qui faisaient l'école en ligne.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Brown

Le défi de penser de manière créative nous a ouvert plein de nouvelles occasions d’affaires.

Une citation de :Tim Gourlay, Fitset Ninja

Tim Gourlay a aussi profité de la pandémie pour refaire une beauté à son centre. En essayant de revendre le revêtement synthétique usagé, il s’est aperçu qu’il y avait un filon à exploiter. J’ai eu 200 propositions pour racheter ce synthétique usé jusqu’à la corde. Alors tout de suite, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à creuser, une demande à satisfaire , raconte-t-il.

Il a donc monté en parallèle une entreprise de revêtement synthétique et de tapis de sport pour tous ceux qui ont recréé une salle d'exercice dans leur maison.

Tim Gourlay dans son centre d'entraînement de ninjas.

Tim Gourlay a créé deux entreprises parallèles pendant la pandémie pour diversifier ses sources de revenu.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Brown

Une dette lourde à porter

L’entrepreneur ne cache cependant pas que ces nouvelles sources de revenus n’ont pas été suffisantes. Nous sommes extrêmement subventionnés [par le gouvernement fédéral]. Nous sommes donc loin d’être sortis d’affaires, reconnaît-il.

Les subventions vont s’arrêter à la fin de l’été, le compte à rebours est donc lancé. Nous ne devons plus être dans le rouge dans deux mois.

Une citation de :Tim Gourlay, Fitset Ninja

Selon la vice-présidente du Conseil canadien de l’industrie du conditionnement physique (CCICP), Nathalie Lacombe, les 200 salles de sport de l’Alberta ont accumulé en moyenne 250 000 $ de dettes pendant les 15 derniers mois.

Les subventions gouvernementales d’aide au loyer et aux salaires ont bien aidé, mais les dépenses supplémentaires liées à l'achat de masques et de séparateurs, de même que la baisse d’activité ont grandement nui aux chiffres d’affaires des membres du CCICP. Même rouverts, ceux-ci fonctionnent à perte.

Mme Lacombe ne sait pas combien ont dû ou devront fermer en raison de la pandémie. La chaîne GYMVMT, qui appartenait au groupe International Fitness Holdings, a vendu ses salles pour éviter la faillite.

On espère que la majorité va survivre, mais les réouvertures sont presque aussi dangereuses financièrement que les fermetures.

Une citation de :Nathalie Lacombe, vice-présidente du CCICP

Mme Lacombe demeure cependant optimiste parce que la pandémie aura au moins permis à l’industrie de mettre de côté la compétition commerciale et de collaborer pour se faire entendre des gouvernements.

Sortir plus fort de la pandémie

Elle croit aussi que les Canadiens portent un autre regard sur les salles de sport.

Les membres de la salle GoodLife Fitness dans le centre commercial Northland, à Calgary, semblent lui donner raison. Trois heures après la réouverture, le directeur adjoint, Boris Kamara, ne sait plus où donner de la tête tellement les clients sont au rendez-vous.

Gros plan de Boris Kamara.

Le directeur adjoint de GoodLife Northland, Boris Kamara, espère que cette réouverture sera la dernière.

Photo : Radio-Canada / Louise Moquin

Il en attribue le crédit à tout le travail fait en amont de la pandémie pour donner à cette salle une ambiance familiale et fidéliser les membres.

Certaines enseignes ont dû fermer, mais ce n’est pas notre cas et on en sortira plus fort , croit-il.

La salle a perdu des clients, mais l’entraîneur mise sur un afflux encore plus massif cet été.

Le modèle classique a changé. En temps normal, septembre et janvier sont les gros mois, mais depuis la pandémie, dès qu’on rouvre, les gens se précipitent, explique-t-il. On s’attend à une grosse affluence et à une demande différente : une attente en termes de conseils et de plan d’entraînement.

Aller à la salle de sport, prendre soin de sa santé, ce n’est plus seulement un loisir, c’est une nécessité.

Une citation de :Boris Kamara, GoodLife Fitness

Maintenant que l’industrie a trouvé sa voix, elle entend bien continuer à faire pression sur le gouvernement fédéral. Le CCICP plaide notamment pour la mise en place d’une déduction fiscale pour les services sportifs chez les adultes.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !