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Les opposants à Laurentia appellent à enterrer le projet pour de bon

Les installations du Port de Québec avec, en arrière-plan, le château Frontenac.

À terme, le projet Laurentia permettrait d'accueillir jusqu'à 700 000 conteneurs par année au port de Québec.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Croteau-Langevin

Le nouveau refus de l’Agence d'évaluation d'impact du Canada (AEIC) d’accorder son feu vert au terminal de conteneurs du Port de Québec doit sonner le glas du projet, selon ses détracteurs.

Pour la deuxième fois en moins d’un an, l’AEIC est arrivée à la conclusion jeudi que le projet Laurentia, qui consiste en l'ajout d'une ligne de quai en eau profonde de 610 mètres dans la baie de Beauport, aurait des effets environnementaux négatifs importants, directs et cumulatifs.

Pour le député solidaire Sol Zanetti, l’agence fédérale a apporté la preuve écrite que le projet du Port de Québec n’a rien de vert.

Je me réjouis de constater que ce rapport est très lucide et qu’il démontre clairement les faits : ce projet serait désastreux pour l’environnement et les milieux naturels, a réagi l’élu de Jean-Lesage.

On ne lâchera pas le morceau

M. Zanetti, dont la circonscription englobe une bonne partie des installations du Port de Québec, croit que le projet de terminal de conteneurs ne passera tout simplement jamais les évaluations environnementales. Il invite le gouvernement fédéral à enterrer le projet avant la prochaine élection.

S’ils nous font niaiser avec ça, c’est certain que ça va être un enjeu électoral. La mobilisation contre Laurentia est plus forte que jamais, et on ne lâchera pas le morceau, a prévenu le député solidaire.

Sol Zanetti accorde une entrevue à Radio-Canada devant les installations du Port de Québec.

Les conclusions de l'AEIC réjouissent le député sol Zanetti (archives).

Photo : Radio-Canada

Simon Parent, représentant de la Table citoyenne Littoral Est, s'attend également à ce que le rapport de l'AEIC signe l'arrêt de mort de Laurentia.

Nous, on le dit depuis le début : c’est un écocide. Ce projet est dévastateur à tellement de niveaux qu’on n’est pas surpris de la conclusion du rapport, a réagi M. Parent, en entrevue à Radio-Canada.

Six ans d'évaluation

La coalition SOS Port de Québec, qui regroupe plusieurs groupes environnementaux dont Nature Québec et Équiterre, a également salué les conclusions de l’AEIC.

La directrice générale de Nature Québec, Alice-Anne Simard, affirme qu’Ottawa n’a d’autre choix que de refuser le projet du Port de Québec.

Après plus de six ans d'évaluation et devant une opposition au projet qui ne démord pas, il est temps pour le gouvernement fédéral de refuser sans équivoque Laurentia afin de stopper une fois pour toutes la volonté persistante et injustifiée d’agrandissement du Port de Québec et d’empiétement dans le fleuve Saint-Laurent et sur les battures de Beauport, a déclaré Mme Simard.

Projet d'extension du terminal de conteneurs, dans la baie de Beauport.

Projet d'extension du terminal de conteneurs, dans la baie de Beauport

Photo : Administration portuaire de Québec

Le président-directeur général de l’Administration portuaire de Québec, Mario Girard, ne croit aucunement que le nouveau refus de l’AEIC mène à l’abandon du projet Laurentia.

Ce n'est pas le coup de grâce et ce n'est pas une surprise. C'est un long processus  Ce n'est pas le premier projet au Canada qui, lorsqu'il y a des impacts significatifs, est référé au [Conseil des ministres]. Ça, c'est inscrit dans la loi. Alors pour nous, c'était tout à fait prévisible, a-t-il réagi.

Un bon projet pour l'environnement

M. Girard affirme que les impacts environnementaux du projet de terminal de conteneurs sont connus, tout comme les solutions à apporter. Le patron du Port de Québec s’attend à ce que l’évaluation du projet par le Conseil des ministres soit plus exhaustive dans l’appréciation des éléments qui en font un bon projet pour l’environnement, tel que la réduction des réductions de gaz à effet de serre (GES).

[Le Conseil] va regarder l'ensemble des pour et l'ensemble des contre qui n'ont pas beaucoup été pris en considération par l'agence, qui tient davantage compte des éléments locaux, a soutenu M. Girard.

Mario Girard accorde une entrevue à la journaliste de Radio-Canada Guylaine Bussière au port de Québec.

Le rapport de l'AEIC ne signifie aucunement la fin du projet Laurentia, assure le patron du Port de Québec, Mario Girard.

Photo : Radio-Canada

Le Port de Québec soutient que son projet de terminal entraînera une réduction de GES de 18,5 %, notamment grâce à une diminution des marchandises transportées par camionnage.

On va pouvoir passer à autre chose

Le président de la Corporation des parcs industriels du Québec, Pierre Dolbec, qui appuie Laurentia, a abondé dans le même sens que Mario Girard. Il réagit plutôt favorablement au rapport de l’AEIC.

M. Dolbec assure que les partisans du terminal de conteneurs sont conscients de ses impacts environnementaux et souhaitent contribuer à les atténuer.

Le fait que ça s’en aille au conseil des ministres, pour moi, honnêtement, c’est une bonne nouvelle [...] On va passer à autre chose dans le sens que le rapport de l’agence, il est là. Une fois que tout le monde va l’avoir bien compris, on va être capable de tirer des conclusions et de voir ce qui peut être amélioré, a commenté M. Dolbec.

La ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault a indiqué dans un gazouillis que le gouvernement réitérait son appui au projet et prenait acte du rapport.

Avec la collaboration de Guylaine Bussière

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