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Gala Trille Or : les petites histoires des chansons primées

Le Gala Trille Or, au cours duquel 10 prix seront remis en direct, sera diffusé le 19 juin sur Unis TV.

Montage photo des artiste Marie-Clo, Beauséjour, Damien Robitaille, Mehdi Cayenne et Rayannah.

Voici les histoires qui se cachent derrière les cinq pièces en lice pour le Trille Or de la Chanson primée.

Photo : Radio-Canada / Yosri Mimouna / Photos : Gracieuseté SIX media marketing / Gracieuseté Beauséjour / Gaelle Leroyer / Marie-Ève Rompré / Travis Ross

À chaque chanson sa trajectoire, des premiers mots et notes enregistrés jusqu’à son interprétation sur scène. Voici celles qui se cachent derrière les cinq pièces en lice pour le Trille Or de la Chanson primée.

Elles ont été inspirées par des mots imposés ou des émotions à fleur de peau, créées à la suite d’un compliment reçu, dans l’envie de faire du bien ou encore dans l’urgence de dénoncer une réalité toxique. Beauséjour, Damien Robitaille, Marie-Clo, Mehdi Cayenne et Rayannah racontent comment leur chanson respective est venue au monde.

Une étincelle nommée Lucille Starr

En 2018, Jocelyne Baribeau participe à l’émission Pour l’amour du country. L’animateur Patrick Norman lui fait alors un compliment : les yeux de la Franco-Manitobaine lui rappellent ceux d’une certaine Lucille Starr.

La Lucille Starr en question, c’est l’interprète de Quand le soleil dit bonjour aux montagnes. C’est aussi elle la première chanteuse country du pays à avoir vendu plus d’un million de disques et la première femme à avoir été intronisée au Hall of Honour de l'Association de la musique country canadienne.

Cerise sur le gâteau, c’était une artiste qui venait de chez moi, au Manitoba, s’exclame Jocelyne Baribeau. Je trouvais ça quand même fascinant! Et dans ma tête, je me suis dit : "J’irai loin, j’irai far, avec mes yeux de Lucille Starr".

Le commentaire lui inspire un embryon de chanson qu’elle présente au Néo-Brunswickois Danny Boudreau, alors que les deux font une tournée en plateau double dans l’Ouest canadien. Dans ses temps libres, le duo termine la pièce en question. Une deuxième suit, puis une troisième, et une quatrième...

Alors que la Franco-Manitobaine enregistre ces chansons pour son prochain album au studio de l’Acadien, à Moncton, l’évidence la frappe : ce ne sont pas des titres pour son projet solo, mais ceux d’un duo distinct, sur le point de voir le jour.

On s’est dit qu’on allait écrire des chansons et qu’on verrait où ça irait. Et un an après, on avait un album : ça a été la naissance de Beauséjour..., raconte Danny.

... Complètement par accident! ajoute Jocelyne en s’esclaffant.

Il me semble : qu’on en finisse avec la pandémie

Au printemps 2020, alors que la COVID-19 entraîne un premier confinement et une première vague de fermeture d’écoles, Damien Robitaille répond à une invitation des organisateurs des Journées de la culture. On lui demande d’écrire une chanson pour lancer l’année scolaire à venir, un cri de ralliement qui va faire du bien aux élèves, aux parents et aux enseignants, explique le Franco-Ontarien.

L’auteur-compositeur-interprète s’imagine le retour en classe des élèves après de longues semaines d’école à la maison. Il pense aussi à sa famille dispersée un peu partout : à ses enfants en Espagne, à sa mère dans le sud de l’Ontario, à son frère expatrié au Yukon. Comme tout le monde, on a le goût de se rassembler, laisse-t-il entendre.

Un jour, je me promenais dans le parc et je me suis dit : "Il me semble... qu’il est temps qu’on se rassemble". C’est simple comme petit jeu de mots, mais ça disait tout, précise-t-il.

Malgré son incantation, son souhait ne s’est pas tout à fait réalisé. La deuxième vague pandémique a frappé et la tournée qu’il devait faire en présentiel dans les écoles est devenue virtuelle. Mais des jeunes de partout au Canada ont chanté Il me semble en vidéo.

La chanson demeure source de fierté pour Damien Robitaille. Ça a donné une chanson qui est honnête, qui est vraie, qui est un peu intemporelle. Ça devient une "toune" de mon répertoire qui, se réjouit-il, s’adresse à tous, petits et grands.

Un drapeau rouge hissé bien haut

Au cours de l'été 2018, Marie-Clo participe à la résidence en écriture du Camp chanson de Petite-Vallée. Un des ateliers consiste à bâtir une chanson autour d’un bout de phrase. Le sien compte six mots : au beau milieu des herbes folles.

C’était quelques mois après son divorce. J’ai décidé de parler de ma rupture [...], de ce genre de relation-là où il y a justement plein de petits indices, des red flags à travers la relation, et où tu te sens un peu comme au milieu de la jungle. C’est comme ça que je le voyais : de longues herbes où tu te caches, que tu divises pour voir si tu es en sécurité, illustre l’artiste originaire de Lefaivre, dans l’est ontarien.

Ainsi, elle chante : Me vois-tu? / J'pense trop, tu n'penses pas, tu m'isoles / Au beau milieu des herbes folles.

Entre les métaphores de Red Flag, elle glisse aussi ces mots, en guise de copier-coller de son ancienne relation : Raconte-moi ton rêve ce matin / même si tu n’veux rien savoir du mien.

Cette personne-là ne me demandait jamais mes rêves, souligne Marie-Clo. Je ne parle pas [...] de mes ambitions, juste, carrément, je veux que tu me demandes ce qu’il se passe dans ma tête.

D’autres artistes de la cuvée 2018 de Petite-Vallée ont retiré leur bout de phrase imposé dans leur composition, mais pas celle qui habite maintenant à Ottawa. Je trouvais que ça faisait un beau petit clin d'œil à ces deux semaines-là que j’ai passées en Gaspésie!

Molly et la masculinité toxique

De tout le répertoire de Mehdi Cayenne, Molly est le titre qui a le plus joué à la radio, et l’un de ceux qu’on lui a le plus souvent réclamés d'interpréter en spectacle. De l’avis de l’artiste, il y a là quelque chose d’ironique, parce que c’est une chanson horrible, en fait! s’exclame-t-il.

Mehdi Cayenne n’a pas l’habitude des textes à personnage, mais pour cette pièce précise, il se glisse dans la peau d’un gentleman cannibale et abreuve la pauvre Molly de commentaires condescendants. Les paroles et la musique lui sont venues dans un éclair d’inspiration au petit matin, à l’époque où l’auteur-compositeur-interprète, poète et slameur, créait la nuit.

[La chanson] parle de ce qu’on pourrait appeler la masculinité toxique. Elle parle du monde des dudes, de l’éloge de la domination qui est répliquée par le patriarcat, par les gars, par l’impunité qui s’en dégage, et comment cette domination est encensée dans notre société, fait valoir le trentenaire, qui partage aujourd’hui son temps entre Ottawa et Montréal.

Je pense que tous les garçons, tous les hommes ont un travail de réflexion à faire là-dessus, ajoute-t-il.

Molly était le premier extrait de son quatrième album, Radio Batata (2019). Mehdi Cayenne n’a pas chômé depuis. Des tournées l’ont mené à l’étranger, notamment en Arménie et en Russie. Puis, la pandémie lui a donné le temps nécessaire pour créer un spectacle en vidéo et enregistrer deux albums, en français et en anglais, qu’il compte offrir bientôt.

« Pourquoi pas »... écrire une chanson, Rayannah?

En attendant demain n’aurait pas existé, n'eut été l’intervention de l’organisme franco-manitobain 100 Nons. À son invitation, des artistes avaient comme défi de broder une chanson autour d’un filon soumis par le public. Dans le cas de Rayannah, ç’a été deux mots : pourquoi pas.

Pourquoi pas tout faire tomber, chante-t-elle, quelques heures plus tard, pour raconter l’histoire d’un couple dont les membres, lentement, se distancient au point de ne plus savoir se rebrancher l’un à l’autre. Le texte et la musique sont sortis d’un seul jet - une première pour l’artiste de Winnipeg.

C’était un peu bizarre, parce que ce n’était pas quelque chose que j’étais en train de vivre à ce moment-là. Cette idée-là [...] m’a traversée, j’[ai été] en larmes pendant cinq heures de temps, à l’écrire, raconte la Franco-Manitobaine en riant.

En attendant demain, lancée en 2018, a été le premier extrait de son premier album long format, Nos repaires. Rayannah éprouve de la gratitude envers la chanson qui l’a positionnée dans le paysage musical franco-canadien et lui a permis de faire des tournées.

Pour le vidéoclip de la pièce, également son premier, Rayannah s’est permis d’ajouter une autre de ses facettes de créatrice à sa musique. Mon petit secret, c’est que je suis vraiment passionnée de l’art visuel. Je me gâte vraiment dans mon projet. Je me donne la chance de faire des choses dans cet univers-là que je n’aurais peut-être pas la chance de faire autrement, mentionne-t-elle.

Bannière invitant les gens à visiter L'atelier culturel pour consulter la couverture du gala.

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