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Démissions aux soins intensifs : le CIUSSS fait appel aux autres régions

Le stationnement d'un hôpital.

L'hôpital de Chicoutimi

Photo : Radio-Canada / Mireille Chayer

La vague de démissions aux soins intensifs de l'hôpital de Chicoutimi frappe si fort que le Centre intégré universitaire de santé et de service sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean lance un appel aux autres hôpitaux du Québec et amorce une réflexion, à moyen et long terme, sur l'offre de services en fonction des ressources de moins en moins disponibles.

Depuis le mois de mai, sept personnes ont remis leur démission au département des soins intensifs. Au moins trois de ces démissions sont survenues au cours de la dernière semaine.

C'est extrêmement difficile, a affirmé en entrevue Joëlle Savard, conseillère cadre aux affaires publiques du CIUSSS. il y a beaucoup de temps supplémentaire, beaucoup de temps supplémentaire obligatoire. Donc, à court terme ce qu'on souhaite c'est de maintenir les services et s'assurer qu'il n'y ait pas de rupture de services. C'est donc de trouver du personnel pour que les services puissent se tenir au cours des prochains jours.

Elle indique que la pénurie de personnel frappe le Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais aussi tout le Québec.

Nécessairement, à moyen et long terme, il y aura une réflexion sur comment maintenir notre offre de services en fonction des besoins de la population, mais également des ressources qui sont disponibles pour offrir ces services-là.

Une citation de :Joëlle Savard, conseillère cadre aux affaires publiques du CIUSSS

Plus tôt en journée, la présidente régionale de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, Julie Bouchard, avait illustré l'essoufflement parmi ses membres. Présentement aux soins intensifs à l'hôpital de Chicoutimi, c'est une situation de crise qui se vit. Donc on parle d'une pénurie importante de personnel avec sept démissions depuis le mois de mai. Il y a une surcharge de travail incroyable et ça, ça se vit oui aux soins intensifs, mais dans l'ensemble du CIUSSS, dans les CHSLD, dans tous les autres établissements, a-t-elle analysé.

Rappelons que le départements des soins intensifs a subi le plus gros du coup causé par la pandémie de COVID-19. L'hôpital de Chicoutimi compte encore trois patients hospitalisés aux soins intensifs en lien avec le coronavirus.

On fait face à une pénurie de main-d'œuvre importante, partout dans le réseau, mais principalement dans le secteur clinique des soins intensifs. C'est un secteur pour lequel on a été durement éprouvé pendant la pandémie, c'est le secteur où il y a eu le plus de pression, a reconnu Joëlle Savard.

Un appel aux autres régions

Ainsi, un appel au renfort est lancé par le CIUSSS pour faire face à la pénurie exacerbée dernièrement. À court terme, on fait un appel à tous à l'intérieur de nos installations pour voir qui peut venir prêter main forte et qui a la formation nécessaire en soins critiques, a poursuivi Joëlle Savard. Mais on fait aussi un appel à l'ensemble du réseau du Québec, aux autres établissements de la province pour voir s'il n'y aurait pas des gens qui seraient intéressés et disponibles à venir nous soutenir pendant une certaine période de temps, le temps qu'on puisse retrouver du personnel ou recruter davantage.

L'appel s'adresse aussi à des retraités ou des enseignants en soins infirmiers qui pourraient venir offrir quelques heures par semaine.

Un peu plus tard en après-midi, lors d'une séance régulière du conseil d'administration du CIUSSS, la présidente-directrice générale, Julie Labbé, a révélé que des personnes s'étaient manifestées. Déjà, on a des gens qui lèvent la main. On espère que ça va répondre à l'appel, a-t-elle souligné.

Des transferts possibles

La situation est telle que des patients des soins intensifs pourraient être envoyés à l'extérieur de la région. Ce sera l'une des options qui va être envisagée pour la fin de semaine, advenant le cas où on aurait besoin d'hospitaliser davantage. Ça pourrait être une des options envisagées selon la condition du patient, a admis la porte-parole du CIUSSS.

C'est justement ce que proposait aussi Julie Bouchard. Donc pour le court terme, on doit transférer de la clientèle et on doit diminuer les services tout simplement du côté du bloc opératoire pour s'assurer qu'on a la capacité de recevoir cette clientèle-là, avait-elle estimé.

Selon Julie Bouchard, la pénurie de personnel s'étend aux infirmières, infirmières-auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques. La situation actuelle est du jamais-vu, a-t-elle insisté, ajoutant que la surcharge de travail est venue à bout de plusieurs de ses membres.

C'est multifactoriel, que ce soit dû aux conditions de travail, que ce soit dû à un épuisement, fatigue extrême. Ça peut aussi être une réorientation de carrière comme on a vu à l'occasion. Ça peut aussi être quelqu'un qui était venu donner un coup de main, une retraitée qui a décidé de retourner à la maison parce que les conditions de travail étaient trop difficiles, a-t-elle expliqué.

La présidente syndicale montre du doigt le temps supplémentaire qui est imposé au personnel de la santé. Le temps supplémentaire obligatoire est selon moi la chose à ne jamais mettre en place. Seize heures de travail consécutif pour une infirmière, une infirmière-auxiliaire ou inhalothérapeute, c'est inhumain, a-t-elle plaidé.

La pdg du CIUSSS, Julie Labbé, a d'ailleurs dit que de gros efforts étaient en cours pour permettre au personnel de profiter de vacances prochainement. Des efforts énormes sont consentis pour permettre aux gens d’aller se reposer cet été. Ce n’est pas un exercice qui est simple en contexte de pénurie de personnel, a-t-elle avancé.

La direction est particulièrement préoccupée par la situation et c'est sûr que ça va demander d'innover pour essayer de trouver d'autres solutions pour faire face à cette pénurie de main-d'œuvre qu'on vit ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais partout au Québec, a conclu Joëlle Savard.

Avec Mireille Chayer et Mélyssa Gagnon

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