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Gala Trille Or : des découvertes tous azimuts

Le Gala Trille Or, au cours duquel 10 prix seront remis en direct, sera diffusé le 19 juin sur Unis TV.

Montage photo des artistes De Flore, DJ Unpier, Les Soliloques, Mimi O'Bonsawin et Reney Ray.

De routiers méconnus aux nouveaux venus dans le paysage musical : portraits des cinq artistes ou duos en lice dans la catégorie découverte du Gala Trille Or.

Photo : Radio-Canada / Yosri Mimouna / Photos : Ashley Baker / Selina Latour / Gracieuseté Mimi O'Bonsawin / Gracieuseté De Flore / Shawn Bonneville

Gala par excellence de la musique francophone hors Québec, la soirée télévisée des Trille Or récompense le meilleur de ce qui s’y fait tous les deux ans. Dans la catégorie découverte, cinq artistes ou duos sont sur le radar de l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM).

De routiers méconnus aux nouveaux venus dans le paysage musical : portraits de créatrices et créateurs qui n’ont pas fini de faire parler d’eux.

La parfaite symbiose de De Flore

De Flore est l’évolution naturelle d’une complicité qui dure depuis l’époque où Sarah-Anne LaCombe et Mathieu Gauthier étaient de jeunes pousses. Nés à deux semaines d’intervalle, les deux amis se côtoient toute leur jeunesse, à Hawkesbury, où ils jouent déjà à créer de l’art ou des paroles ensemble.

Sarah-Anne et Mathieu se retrouvent à l’université, forment un couple et deviennent collègues de scène par l’entremise de Big Balade, un psychédélique sextet qui traverse en étoile filante le réseau musical franco-ontarien.

Il y a deux ou trois ans, Mathieu et Sarah-Anne font une escapade sur la route en direction de Tadoussac. C’était censé être des vacances, mais finalement ça ne l’a pas été pantoute, résume Mathieu. Leur horaire se remplit plutôt de spectacles bookés le jour même sur des scènes croisées en chemin.

Quant au nom de leur duo artistique, leur choix s’arrête sur quelque chose d’organique, qui naît et meurt, avec entre les deux l’idée d’une évolution qui leur ressemblerait. De Flore naît, et lance un premier microalbum en 2020.

Dans Figure déserte, on voulait mettre en évidence le contraste entre les deux extrêmes de ce qu’on aime, à savoir la musique électro, le roots et le folk de partout au monde, détaille Mathieu Gauthier.

Côté paroles, j’ai un penchant pour l’existentiel, laisse pour sa part tomber Sarah-Anne en riant. L’amour et la peur, la vie et la mort, c’est sûr que j’aime plonger dans ces dichotomies-là, ajoute celle qui a justement fait de la mort son sujet de maîtrise.

Unpier, DJ à deux

Les apparences sont trompeuses lorsqu’on parle d’Unpier.

Même si le DJ est en lice dans la catégorie découverte, voilà déjà plusieurs années que l’on peut écouter ses remixages et ses beats, ou le voir sur scène avec des artistes comme Jacobus, Radio Radio et LGS. Et même si tout donne l’impression que Pier-Bernard Tremblay est seul à bord, DJ Unpier est réellement un duo : le Franco-Ontarien d’adoption fait équipe avec le beatmaker et producteur Kenan Belzner depuis 2015.

Kenan [...], c’est un magicien du beat, du logiciel, des effets studio, énumère son complice.

Pour sa part, Pier-Bernard Tremblay s’occupe de tout le reste : partir en tournée, faire de la promotion, etc. Vous ne verrez probablement pas Kenan au Gala Trille Or, parce qu’il est beaucoup plus confortable dans son studio qu’à l’extérieur, ajoute son collègue.

Tandis que Kenan Belzner fait des beats depuis l’adolescence, Pier-Bernard Tremblay, lui, a commencé la musique tardivement, à 25 ans. Il a été tour à tour animateur culturel, vendeur d’assurances et employé dans un organisme culturel avant de se lancer à temps plein comme DJ.

Son parcours tortueux ne l’a pas empêché de prendre du gallon et de livrer près de 120 performances sur scène en 2019. Au ralenti depuis le début de la pandémie, le duo se concentre sur ses compositions, sur des projets scolaires et sur de nombreuses collaborations à venir, en attendant de pouvoir recommencer à faire des plans à moyen et long terme.

Les raconteurs de Soliloques

C’est un peu par hasard, un peu dans un élan de spontanéité que le projet musical de Max Nolet naît en 2016. À deux doigts d'obtenir un diplôme de l’Université d’Ottawa, le natif de Barrhaven veut lancer un nouveau groupe. Il sollicite sa conjointe, Erika Lamon, autrice-compositrice-interprète gérant déjà un projet solo anglophone. Et la chimie opère avec un troisième mousquetaire, Heinrick Gonneville, qui a depuis quitté le navire.

On a commencé à écrire ensemble et à jammer ensemble [...]. Vraiment, j’ai juste mis deux personnes qui ne se connaissaient pas dans un band avec moi, relate Max Nolet.

Ils participent à Rond Point en formule trio, en 2016. Trois ans plus tard, Max et Erika sortent un microalbum à deux, Quel que soit notre sort. Le produit est aussi théâtral que l’annonce le nom des Soliloques : les paroles sont poétiques, imagées, et racontent à demi-mot des histoires fictives. Leur musique indie-rock y est tantôt folk, tantôt pop, tantôt langoureuse, dans un mélange de styles refusant de rester campé dans un genre défini.

Maintenant établi à Kingston, le couple travaille sur le projet Soliloques et sur celui d’Erika simultanément. Il compte ainsi continuer à naviguer entre les univers musicaux anglophone et francophone. Car la scène franco-ontarienne, ce n’est pas la même vibe que la scène anglophone. Ce n’est pas le même monde. [...] On aime ça, justement parce que c’est différent, conclut Erika.

Dans l’espace sacré de Mimi O’Bonsawin

Des pompons colorés, un sourire lumineux, des compositions libres et sauvages comme les paysages du Nord de l’Ontario : Mimi O’Bonsawin incarne un électron libre du folk et du roots.

Les cinq chansons d’Elle danse (2020) l’ont positionnée dans le paysage musical francophone de l’Ontario, bien qu’on entende déjà la Sudburoise d’origine chanter en anglais aux quatre coins de la province depuis des années.

Musicienne depuis l’enfance, la Franco-Ontarienne aux racines abénakises s’est lancée comme professionnelle immédiatement après ses études secondaires. Aujourd’hui âgée de 27 ans, elle peut déjà plonger dans un répertoire de quatre albums dont elle a porté les paroles et les musiques partout en Ontario, au Canada, de même qu’en Inde et au Mexique.

Qu’elle opte pour la musique ou les arts visuels, créer représente une façon d’accepter et de revendiquer son unicité pour celle qui se faisait jadis taxer d’être weird.

Maintenant établie dans le canton de Bonnechere Valley, à l’ouest de Renfrew, Mimi O’Bonsawin porte par ailleurs ce message dans les écoles, lors d’ateliers de création qu’elle donne depuis quelques années.

Je suis qui je suis, ajoute-t-elle, tout sourire. La musique m’a vraiment donné une place sacrée où je peux m’exprimer comme je veux. [...] Sur [les scènes], avec ma musique, avec mon band, dans le studio : c’est une place où je peux juste ignorer le monde dehors.

Reney Ray, ou les Rayons à travers l’orage

Le fait que je joue de la musique, c’est parti d’une tragédie. Mais aujourd’hui, je te dirais que c’est un très, très grand cadeau dans ma vie, confie la chanteuse country Reney Ray.

Originaire de Val-Rita, petite bourgade du Nord de l’Ontario située non loin de Kapuskasing, la trentenaire raconte avoir vécu une enfance très Walt Disney, pratiquement en autosuffisance avec sa famille. Mais son monde magique s’écroule au début de son adolescence, lorsque son père s’enlève la vie.

Pour survivre à son chagrin, Reney Ray se remet à la musique et signe des textes tristes, très tristes, résume-t-elle. Cette thérapie lui a ouvert des portes : l’autrice-compositrice-interprète a maintenant deux albums solos à son actif, dont le plus récent est paru en mars dernier. Sur les deux opus, les auditeurs retrouvent une Reney Ray franche, qui chronique les événements de sa vie personnelle, tantôt sur un ton intime ou éditorial, tantôt en assumant un côté "nounoune", soutient la principale intéressée.

Reney Ray est en lice dans cinq catégories du Gala Trille Or, dont celle de la meilleure initiative artistique. Depuis janvier 2020, elle donne des conférences musicales sur la prévention du suicide dans des écoles secondaires. C’est vraiment d’aller parler aux jeunes et de leur dire [que] peu importe ce que tu vis, peu importe tout ce qui t’entoure, il y a toujours quelque chose de plus beau qui s'en vient, résume-t-elle.

Bannière invitant les gens à visiter L'atelier culturel pour consulter la couverture du gala.

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