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Le métro de Québec 21 divise les experts

Esquisse du projet de métro léger souterrain de Québec 21.

Le projet de réseau structurant de transport en commun présenté mercredi par Québec 21 divise les experts (archives).

Photo : Courtoisie / Québec 21

Le projet de réseau de transport structurant de Québec 21, qui est articulé autour d’un métro léger souterrain, suscite des avis partagés chez les experts consultés par Radio-Canada.

L’économiste spécialisé en transport Robert Gagné croit que les coûts de construction de 200 millions de dollars par kilomètre de tunnel mis de l’avant par le parti de Jean-François Gosselin ne sont pas réalistes.

Il n'y a pas un projet de métro souterrain en cours de réalisation, parmi ceux que je connais, qui est à 200 millions du km. On est beaucoup plus élevé que ça, insiste M. Gagné en entrevue à l’émission Première Heure.

Le professeur titulaire à HEC Montréal juge que la ville de Québec a une densité de population beaucoup trop faible pour justifier la construction d'un métro.

Esquisse d'un métro léger souterrain.

Le métro léger peut atteindre une vitesse commerciale de 50 km/h, ce qui est 2,5 fois plus rapide que celle du tramway, selon les données fournies par Québec 21 (archives).

Photo : Courtoisie/Québec 21

Pour arriver à une estimation de 200 millions de dollars par km de tunnel, Québec 21 s’est basé sur l’étude comparative métro-tramway réalisée par la firme Systra en 2019.

Rappelons que Robert Gagné est l’un des deux experts indépendants que la Ville de Québec avait sélectionnés pour évaluer les travaux de Systra.

Un mode adaptable

L’ingénieur Robert Vanderwinkel accueille pour sa part favorablement le projet de Québec 21. Il y voit une amélioration par rapport au tramway de l’administration Labeaume.

Selon lui, le principal avantage du métro réside dans la possibilité d’adapter la fréquence des passages aux besoins futurs de la population de Québec en matière de transport collectif.

La carte du projet de réseau structurant de transport en commun de Québec 21.

Le projet de réseau structurant de Québec 21 comprend 13,5 km de métro en mode souterrain desservis par 17 stations ainsi que 4,5 km de routes pour le trambus ou des voies réservées (archives).

Photo : Québec 21

Libéré des contraintes liées à la circulation automobile et aux conditions météorologiques, un métro souterrain pourrait atteindre une fréquence d’un passage à la minute, soutient Robert Vanderwinkel.

Comparativement aux quatre minutes du tramway, pour une même capacité, je dirais, de voitures ou de rames, on est capable de quadrupler la capacité totale de la ligne juste en augmentant la fréquence [...] Ce n'est pas négligeable, souligne l’ingénieur.

Il ajoute qu’un métro serait à la fois plus rapide et confortable qu’un tramway.

Retour en arrière

De son côté, l'experte en ingénierie des transports Catherine Morency déplore que Québec 21 propose un nouveau mode de transport. Le débat était selon elle réglé depuis longtemps. La professeure titulaire à Polytechnique Montréal croit qu’il faut dépolitiser les projets de transport en commun.

Toute politisation d'une discussion de même, je trouve ça catastrophique [...] Ce n'est pas aujourd’hui qu'on commence à parler d'une desserte de transport en commun pour les corridors importants de Québec. En 2000, j'étudiais déjà ça. Après toutes les étapes qu'il y a eu, après toutes les reprises d'analyses, après toutes les questions qui ont été posées, on revient avec ça. C'est une farce?, demande Mme Morency.

Elle ajoute que la politisation du dossier fait en sorte que les projets de transport en commun à Québec tournent en rond. Les citoyens de la capitale, qui ont besoin d’un réseau structurant, en sont les premiers perdants.

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