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Abus sexuels : l’Église catholique en Saskatchewan appelée à la transparence

La cathédrale Holy Rosary, à Regina.

L'archidiocèse de Regina a embauché un conseiller indépendant afin de soutenir les victimes d'abus sexuels.

Photo : Radio-Canada / Sophie Chevance

Radio-Canada

Des victimes d’abus sexuels commis par des prêtres catholiques en Saskatchewan exhortent l’Église à faire la lumière sur ces agressions.

Les demandes font suite à des appels du premier ministre Justin Trudeau et du chef national de l’Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde. Ceux-ci pressent l’Église de transmettre tous les documents relatifs aux pensionnats autochtones.

Joey Basaraba, aujourd’hui âgé de 55 ans, dit faire partie des personnes agressées sexuellement pendant plusieurs années. Il affirme avoir été agressé dès l'âge de 6 ans par deux prêtres de Prince Albert, et demande à l’Église catholique de divulguer tous les dossiers des prêtres agresseurs.

M. Basaraba est Autochtone, mais n’a pas fréquenté de pensionnat. Il réclame toutefois une compensation pour les souffrances causées par ses agresseurs même si sa priorité absolue, dit-il, est la vérité.

Je veux croire en Dieu, je veux dépasser ça. Mais comment faire?

Une citation de :Joey Basaraba, victime d'abus sexuels

Depuis huit ans, le plaignant combat le diocèse de Prince Albert devant les tribunaux. Il veut que l'Église admette publiquement combien d'agresseurs ont été cachés au fil des ans. Il ajoute qu’il n’y aura pas de réconciliation tant que l'Église ne dira pas la vérité.

De son côté, le diocèse de Prince Albert ne nie pas les faits, mais ne plaide pas non plus en faveur d’un procès. Selon le diocèse, Joey Basaraba s’est manifesté trop tard. La circonscription ecclésiastique de Prince Albert juge par ailleurs que seuls les prêtres concernés sont responsables, pas l’établissement.

Un partage d’informations?

Cette semaine, un responsable de l'Église de Prince Albert a déclaré qu'un comité avait compilé des dossiers internes sur les prêtres agresseurs. On ignore si les informations seront rendues publiques. La décision revient au nouvel évêque du diocèse, qui entre en fonction ce mois-ci.

D'autres diocèses et ordres religieux catholiques en Saskatchewan ont promis de divulguer des détails, tels que les noms des prêtres agresseurs et la façon dont les cas ont été traités.

Les responsables de l’Église catholique à Saskatoon ont déclaré que ces informations seront publiées dans un avenir proche.

À Regina, l'archevêque Donald Bolen a accepté en 2019 de publier les dossiers. Mais après avoir consulté les victimes, il a expliqué que les noms ne seraient finalement pas rendus publics.

Il existe un héritage important d'abus sexuels de la part du clergé dans l’archidiocèse.

Une citation de :Donald Bolen, archevêque de Regina

Mercredi, le responsable religieux a fait allusion à l'ampleur des dégâts. Il a admis dans un courriel que chaque paroisse fait partie de cette histoire.

L'une de ces victimes à Regina, Pamela Walsh, estime que la transparence ne doit pas se limiter à une seule liste de noms. Elle doit aussi concerner, les règles de l'établissement et ses structures.

Il s'agit de faire preuve de compassion et de compréhension lorsqu'une personne se manifeste.

Une citation de :Pamela Walsh, victime d'abus sexuels

Pamela Walsh plaide pour un profond changement d'attitude envers les victimes. Non plus comme des ordures, mais comme des personnes profondément blessées, explique-t-elle. Elle affirme aussi que l'archevêque de Regina a fait beaucoup pour accompagner les victimes, avec des cérémonies religieuses, notamment.

L'archidiocèse a par ailleurs mis en place un conseil de surveillance pour recueillir les plaintes. Il a également embauché un conseiller indépendant pour soutenir les victimes, qu’elles soient membres de l’Église ou non.

Les responsables des services de police de Saskatoon et de Regina, ainsi que du ministère de la Justice de la Saskatchewan, disent qu'ils ne divulguent généralement pas les détails des enquêtes, à moins que des accusations ne soient portées.

Avec les informations de Jason Warick

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