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Le futur du champ pétrolifère Terra Nova est incertain

Les câbles d'amarrage avec le navire en arrière plan.

Le navire Terra Nova amarré au quai de Bull Arm n’a pas extrait une goutte de pétrole au large de Terre-Neuve depuis la fin de 2019.

Photo : Facebook/Newfoundland Offshore

Radio-Canada

Les pourparlers au sujet du champ pétrolifère Terra Nova entre le gouvernement provincial et les compagnies pétrolières ont échoué selon le ministre de l’Énergie, ce qui rend incertain l’avenir du projet.

Il n’est pas clair ce qui va arriver au projet pour l’instant. Selon certaines sources de CBC, les compagnies pétrolières pourraient devoir elles-mêmes trouver une solution, sans l’aide du gouvernement.

Le ministre de l’Énergie Andrew Parsons a dit aux journalistes jeudi que, malgré des efforts considérables de tous les partis et une importante offre de la province, l’avenir du projet demeure incertain.

Andrew Parsons en conférence de presse.

Andrew Parsons, ministre de l'Énergie de Terre-Neuve-et-Labrador

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

CBC a appris, par l’entremise de certaines de ses sources, que l’associé chargé de la mission, Suncor Energy, dont le siège social est Calgary, a demandé au gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador d'acheter 15 % des actions de Terra Nova.

Toujours selon des sources de CBC, la province a refusé parce que les risques étaient trop importants.

M. Parsons a fait une déclaration dans la même lignée, soutenant que la province a tenu des discussions impliquant l’achat d’actions, mais que les risques se sont avérés trop importants, surtout pour un projet aussi avancé.

Une offre de 205 millions $

Afin de maintenir le projet à flot, la province a offert 175 millions de dollars aux compagnies pétrolières et un allègement concernant les paiements de redevances.

L’enveloppe contenant les 175 millions de dollars a été créée grâce à des fonds du gouvernement fédéral.

Terre-Neuve-et-Labrador a aussi augmenté son offre à 205 millions de dollars.

Selon le ministre Parsons, l’offre n’a pas été acceptée, mais elle n'a pas été rejetée non plus. Il soutient que la province, compte tenu de sa situation financière fragile, ne peut pas appuyer ce projet, peu importe le prix.

Dave Mercer, président de la section locale 2121 du syndicat Unifor qui représente les travailleurs du projet Terra Nova, remet en question la volonté de la province d’investir dans le projet, puisque la majeure partie de l’argent vient du fédéral.

Il ajoute que des centaines d’employés peinent à joindre les deux bouts et à faire vivre leurs familles.

La Newfoundland and Labrador Oil and Gas Industries Association est du même avis. L’association soutient qu’aucun parti ne devrait mettre un terme au projet compte tenu des revenus qu’il a générés pour la province et les compagnies.

L’Association dit qu’elle a commandé une étude sur l’impact économique que pourrait avoir le projet Terra Nova. On doit en connaître les résultats dans les prochains jours.

Quatre entreprises se désistent

Près de 1000 emplois étaient liés au champ pétrolifère à la fin de 2019, au dernier moment où le navire Terra-Nova a extrait du pétrole. Ce navire vieillissant décrit comme une unité flottante de production, de stockage et de déchargement en mer est amarré à Bull Arm, à Terre-Neuve.

Le retrait de quatre des sept partenaires à l’origine de l’exploitation du champ pétrolifère est confirmé. Ce sont les pétrolières ExxonMobil Canada, Equinor, Mosbacher et Chevron. Elles possèdent en tout 40 % des actions de Terra Nova.

Selon des sources, les pétrolières Suncor et Husky Energy seraient d’accord d’accroître leur participation, mais sans promettre de remplir complètement le vide laissé par le départ des quatre autres.

On estime qu’il faudrait investir 600 millions de dollars pour remettre à niveau le navire Terra Nova et l’infrastructure sous-marine du champ pétrolifère. Le gouvernement provincial possède 15 % des actions et devrait donc payer 90 millions de dollars pour sa part de ces coûts estimés.

La province devrait aussi payer 15 % des coûts de l’abandon du projet après une dizaine d’années de production de plus. Selon certaines estimations, ces coûts risquent d’atteindre un milliard de dollars au total.

Des sources estiment que le gouvernement provincial ne devrait pas courir un tel risque financier. Elles craignent aussi de possibles dépassements de coûts, les fluctuations des cours du pétrole ou une possible fin prématurée de la production du champ pétrolifère.

Les trois imposantes structures sont le long d'un quai.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Bull Arm, à Terre-Neuve, est en quelque sorte devenue le cimetière de l'industrie pétrolière. Ci-dessus: au premier plan, la plateforme Henry Goodrich, en arrière-plan se trouve la plateforme West Aquarius et à droite le navire Terra Nova qui n’a pas extrait de pétrole depuis la fin de 2019 (archives).

Photo : Gracieuseté/auteur anonyme

Les preneurs de décision, selon ces sources, ont tenu compte du rapport Green commandé par le premier ministre pour redresser les finances publiques et qui a été rendu public le mois dernier. La commissaire Moya Greene a notamment recommandé au gouvernement de vendre ses actions de trois projets pétroliers parce qu’il ne s’agit pas, selon elle, d’une fonction essentielle du gouvernement. Son rapport souligne qu’une petite province comme celle-ci ne devrait pas être propriétaire d’infrastructures de production pétrolière.

Dans l’espoir de sauver Terra Nova, le gouvernement provincial a offert aux pétrolières 175 millions de dollars d’un fonds d’aide à l’industrie créé avec de l’argent provenant du fédéral. La province leur a aussi offert de suspendre le paiement de leurs redevances. Et ces dernières semaines, le gouvernement a augmenté son offre à 205 millions de dollars.

Ces mesures incitatives, selon des sources, totalisent environ un demi-milliard de dollars et n’entreront en vigueur que si les pétrolières s'entendent sur un plan à long terme pour la reprise de la production.

Suncor est un partenaire de quatre champs pétrolifères au large de Terre-Neuve. L’entreprise a fait état de profits de 350 millions de dollars sur ces investissements au cours du premier trimestre de 2021.

L’exploitation du champ pétrolifère de Terra Nova a commencé en 2002. La quantité de pétrole pouvant toujours être extraite était estimée à 81 millions de barils à la fin de 2020.

Avec les informations de CBC

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