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Un Ontarien atteint de troubles bipolaires dans une prison à sécurité maximale aux É.-U.

Le jeune homme inculpé de complot à visée terroriste lorsqu'il était adolescent purge sa peine dans la même prison que Joaquin « El Chapo » Guzman.

 Abdulrahman El Bahnasawy.

Le Canadien Abdulrahman El Bahnasawy a récemment été transféré à la prison à sécurité maximale ADX, dans le Colorado. De plus en plus d'appels sont lancés pour son transfert dans un établissement canadien.

Photo : Photo soumise par la famille El Bahnasawy

CBC News

Condamné à 40 ans d’incarcération pour des chefs d'accusation relatifs à une tentative de complot terroriste lorsqu’il avait 17 ans, Abdulrahman El Bahnasawy poursuit sa peine dans une prison à sécurité maximale dans le Colorado, sans aucun traitement pour sa santé mentale.

Sa famille, à Mississauga, et des experts américains affirment que la structure n’est pas adaptée à sa santé mentale et qu'il devrait être rapatrié au Canada pour subir le reste de sa peine, et y recevoir les soins psychiatriques dont il a besoin.

Il a tenté de se suicider cinq fois en prison à cause de sa dépression. C'est pourquoi son transfert est très, très important, car il n'est pas citoyen américain, il n'est pas admissible pour aller dans une prison [américaine] avec un établissement de santé mentale qui lui est rattaché , déclare son père, Osama El Bahnasawy, à CBC News.

Attiré par un agent du FBI sous couverture

Ayant reçu un diagnostic de troubles bipolaires et ayant des problèmes de dépendance, Abdulrahman El Bahnasawy a passé les cinq dernières années en détention aux États-Unis. En 2015, il a rencontré en ligne un agent infiltré du FBI qu'il pensait être un membre du groupe armé État islamique. L’adolescent a accepté d'aider à préparer des attentats à New York, notamment le bombardement de Times Square et du métro de la ville.

Aucune des attaques n'a été perpétrée. El Bahnasawy a plaidé coupable d'accusations de terrorisme liées au complot et a été condamné par un tribunal fédéral américain à Manhattan en 2019 à 40 ans de prison. À l'époque, les responsables de la sécurité américains et canadiens étaient au courant de ses problèmes de santé mentale de longue date.

Les détenus isolés dans leur cellule 23 heures par jour

À l'heure actuelle, Abdulrahman El Bahnasawy est incarcéré à l’Administrative Maximum Facility (ADX) à Florence, un pénitencier du Colorado conçu pour enfermer les détenus les plus dangereux des États-Unis.

Les détenus, dont le baron de la drogue Joaquin El Chapo Guzman, sont isolés dans des cellules de 2 m sur 3,5 m pendant 23 heures par jour. Ces cellules ont des murs insonorisés et une porte en béton. Les détenus n’ont pas de vue sur l'extérieur.

Une prison vue de l'extérieur.

La prison à sécurité maximale de Florence, au Colorado, est un endroit « pire que la mort », selon son ancien directeur.

Photo : Associated Press / Brennan Linsley

La mère du jeune Ontarien affirme qu'il est enchaîné avec des fers aux jambes, des chaînes abdominales et des menottes la plupart du temps, même pendant les repas. Impossible de lui rendre visite ni de lui parler au téléphone; seuls les échanges par courrier sont autorisés, selon sa famille.

Ils mettent sa nourriture par terre et il doit s'agenouiller comme un chien pour manger

Une citation de :Khadiga Metwally, mère du détenu

C'est la pire prison du monde. Il ne peut parler à personne, voir personne. Il est totalement isolé, ajoute-t-elle.

L’avenir du jeune Ontarien dépend d’un transfert en vertu de la Loi sur le transfèrement international des délinquants.

Un possible transfert à l'étude

Cependant, les gouvernements canadien et américain doivent préalablement accepter cette décision. À l'heure actuelle, le gouvernement canadien est allé jusqu'à demander des documents sur le cas d'Abdulrahman El Bahnasawy – la première étape du processus, selon la famille. Le juge qui l’a condamné a par ailleurs recommandé que le détenu soit transféré au Canada pour y purger le reste de sa peine.

Un porte-parole de Sécurité publique Canada a déclaré qu'il ne pouvait pas commenter les demandes individuelles de transfert de prison en raison des règles de confidentialité.

De son côté, le Dr Stephen Xenakis, ancien général de l'armée américaine et psychiatre, indique que l'arrestation et les poursuites d'Abdulrahman El Bahnasawy n'avaient en rien rendu son pays plus sûr.

Selon lui, les personnes atteintes de maladie mentale peuvent être facilement manipulées par les agences qui tentent d'assurer la sécurité des Américains et des Canadiens.

Je crois que nous devrions faire tout notre possible pour être très impliqués de manière proactive dans l'identification de ces personnes et leur traitement. Et je pense que c'était l'erreur dans ce cas, que ce jeune homme souffrait d'une grave maladie mentale. Il était malade depuis de nombreuses années.

Un adolescent perturbé dans sa chambre

L'ancien procureur fédéral américain Andrew Frisch a quant à lui été embauché par la famille El Bahnasawy pour examiner la situation de leur fils.

Andrew Frisch, qui pratique maintenant le droit en privé à Manhattan, a déclaré qu’Abdulrahman n'était probablement pas capable de savoir ce qu'il faisait lorsqu'il a commencé à discuter avec l'agent infiltré du FBI et d'autres personnes en ligne.

Ce n'est pas Khalid Sheikh Mohammed, le cerveau du 11 septembre. Ce n'est pas Ted Bundy. Ce n'est pas Ted Kaczynski, l'Unabomber. C'est un adolescent perturbé qui était littéralement dans la chambre de la maison de banlieue de ses parents, avec des antécédents documentés d'hospitalisation en soins psychiatriques, insiste Andrew Frisch.

Andrew Frisch dit comprendre pourquoi certaines personnes peuvent penser qu'Abdulrahman El Bahnasawy a obtenu ce qu'il méritait, mais enfermer les malades mentaux et leur refuser des médicaments ou un traitement n'est pas une solution à long terme, selon lui.

Ce n'est bon pour aucun d'entre nous. Nous ne rendons pas le monde plus sûr ni aucun d'entre nous plus en sécurité en traitant les gens comme il a été traité. En fait, nous faisons le contraire.

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