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Le chef de l’UPAC présente ses excuses à Guy Ouellette

Frédérick Gaudreau en mêlée de presse.

Frédérick Gaudreau s'est excusé auprès de Guy Ouellette jeudi pour son arrestation « injustifiée » en 2017.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

Le commissaire à la lutte contre la corruption, Frédérick Gaudreau, présente ses excuses au nom de l’UPAC au député Guy Ouellette pour son arrestation « injustifiée » en octobre 2017.

Dans une courte déclaration jeudi, Frédérick Gaudreau a reconnu certains manquements de la part de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) dans ce dossier. Les faits ont démontré que l’arrestation de monsieur Ouellette par l’UPAC résulte d’une enquête fautive à certains égards et que cette arrestation était injustifiée, a-t-il déclaré.

Dans un communiqué publié juste avant sa déclaration, M. Gaudreau a indiqué avoir noté lui-même ces manquements lors de sa propre révision de l'enquête.

L’UPAC s’excuse des conséquences dévastatrices que cette arrestation et cette enquête intrusive ont pu avoir sur la vie professionnelle et personnelle du député de Chomedey, de sa famille, de ses proches, ainsi que celle de ses collègues parlementaires, a-t-il déclaré.

Nous sommes conscients que ces événements ont atteint l’intégrité du député de Chomedey et lui ont causé un tort irréparable et nous nous en excusons sincèrement.

Une citation de :Frédérick Gaudreau, commissaire à la lutte contre la corruption

Commissaire de l'UPAC depuis octobre 2019, Frédérick Gaudreau a succédé à Robert Lafrenière, qui avait quitté son poste trois ans avant la fin de son mandat, sans explications, en octobre 2018.

Affirmant qu'il faut apprendre de ses erreurs, il a réitéré qu'il avait entièrement confiance dans le travail de ses enquêteurs.

J'encaisse le coup

Le député de Chomedey, qui a été exclu du caucus du Parti libéral du Québec en octobre 2018 et qui siège maintenant comme indépendant, a fait une courte déclaration jeudi pour expliquer qu'il ne commenterait pas cette sortie de l'UPAC.

Aujourd’hui, c’est une importante étape. Vous connaissez mon histoire. Ça fait quatre ans que ça dure. Ce matin, j’encaisse le coup. Je vous demanderais de respecter ma décision de ne pas commenter la déclaration de l’UPAC.

Une citation de :Guy Ouellette, député indépendant de Chomedey
Guy Ouellette, député indépendant de Chomedey, parle au Salon bleu de l'Assemblée nationale.

Guy Ouellette, député de Chomedey, lors de sa déclaration dans le Salon bleu de l'Assemblée nationale du Québec le 31 octobre 2017

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le député de Chomedey avait été arrêté dans la foulée de fuites d'informations liées à l'enquête Mâchurer de l'UPAC, qui portait sur le financement du Parti libéral du Québec. Il était soupçonné d'avoir transmis des informations aux médias provenant de sources policières participant directement à l'enquête.

Aucune accusation n'a jamais été portée contre lui et les mandats de perquisition de son domicile ont été invalidés.

En août dernier, Guy Ouellette a publié un livre intitulé Qu'on accuse ou qu'on s'excuse, dans lequel il revient sur son arrestation et règle ses comptes avec plusieurs personnalités politiques, dont l'ex-commissaire de l'UPAC Robert Lafrenière, le premier ministre François Legault et la cheffe du Parti libéral Dominique Anglade.

Faire la lumière sur les comportements fautifs

Questionné sur la sortie de l'UPAC, le premier ministre François Legault s'est fait avare de commentaires, jeudi après-midi, lors d'une conférence de presse concernant un investissement en culture.

Quand on est arrivé au pouvoir, on a déposé un projet de loi et le chef actuel de l’UPAC a été nommé par un vote unanime des quatre partis qui sont représentés à l’Assemblée nationale, a-t-il rappelé.

Ce qui est arrivé, c’était sous l’ancien régime de l’UPAC. Je trouve ça malheureux, mais je ne veux pas m’ingérer et faire des commentaires, parce que c’est un organisme qui est indépendant.

Au dire de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui a refusé de commenter le geste du patron de l'UPAC à l'égard de Guy Ouellette, ces excuses s’enracinent dans les vieilles histoires de l’ancien commissaire, de la vieille époque de l’UPAC, des vieilles enquêtes avortées, des vieux problèmes.

D'après Mme Guilbault, son gouvernement n'a ménagé aucun effort depuis cette époque pour faire en sorte de professionnaliser le personnel de l'UPAC et de restaurer la confiance du public à l'égard de cette institution qui demeure essentielle au Québec, selon elle.

Il nous faut une organisation qui se consacre à temps plein à lutter contre la corruption. C’est essentiel au Québec. Il y a eu trop de scandales, trop d’histoires et de problèmes pour se priver de ça […] mais il fallait travailler pour la redresser, a déclaré la ministre en point de presse.

Du côté du Parti québécois, le député de René-Lévesque et porte-parole en matière d’éthique s'est montré plus offensif lors d'une mêlée de presse à l'Assemblée nationale.

Qu’on accuse ou qu’on s’excuse, souvenez-vous […]. Ça prend toute son ampleur aujourd’hui.

Une citation de :Martin Ouellet, député du PQ

C’est la première étape, on s’excuse, mais il faut qu’on fasse la lumière sur ce qui s’est passé, surtout sur les comportements fautifs, a ajouté Martin Ouellet, évoquant des méthodes questionnables de la part de l'UPAC. On ne peut pas tolérer qu’un corps de police ait essayé de piéger des élus, ici, à l’Assemblée nationale.

Il manque encore des réponses et j’espère qu’on les aura. Monsieur Gaudreau ne peut pas se cacher […], il doit démontrer que les choses ont changé, a déclaré Martin Ouellet. J’espère que l’UPAC va nous dire de quelle façon dorénavant ils vont aborder leur travail lorsqu’un élu sera en cause.

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