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De nombreux maires du Kamouraska partiront à la fin de leur mandat

Une main qui dépose un bulletin de vote dans une boîte de scrutin.

Huit des 17 maires du Kamouraska confirment déjà qu'ils ne brigueront pas les suffrages en novembre prochain (archives).

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Alors que les élections municipales approchent à grands pas, plusieurs mairesses et maires de l'Est-du-Québec ont déjà annoncé qu'ils ne solliciteront pas de nouveau mandat en novembre. Cette réalité marque particulièrement le Kamouraska, où pour le moment, seulement 4 des 17 maires affirment vouloir briguer les suffrages.

Frédéric Lizotte (Saint-Philippe-de-Néri), Richard Caron (Saint-Bruno-de-Kamouraska), Nancy Saint-Pierre (Saint-Joseph-de-Kamouraska) et Pierre Saillant (Mont-Carmel) sont ceux qui ont confirmé à Radio-Canada que leurs noms seront sur les bulletins de vote lors de la prochaine élection municipale.

On a encore de beaux projets à accomplir. Il y a une très belle équipe à la table du conseil. De mon côté, ça m'incite à revenir, explique Pierre Saillant.

Le maire de Mont-Carmel, Pierre Saillant.

Le maire de Mont-Carmel, Pierre Saillant, est l'un des rares élus du Kamouraska qui affirment déjà vouloir solliciter un nouveau mandat (archives).

Photo : Radio-Canada / Jérôme Lévesque-Boucher

Huit autres maires affirment d'ores et déjà qu'ils ne tenteront pas de se faire réélire par les citoyens de leur municipalité ou ville respective, en novembre.

Maires du Kamouraska qui ne solliciteront pas de nouveau mandat :


- Sylvain Hudon (La Pocatière)
- Rénald Bernier (Saint-Pascal)
- Gilles A. Michaud (Kamouraska)
- Gervais Darisse (Saint-André-de-Kamouraska)
- Louise Hémond (Sainte-Hélène-de-Kamouraska)
- René Lavoie (Saint-Gabriel-Lalemant)
- Jean Dallaire (Saint-Denis-De La Bouteillerie)
- Robert Bérubé (Saint-Pacôme)

À cette liste doit s'ajouter le préfet élu au suffrage universel, Yvon Soucy, qui a également annoncé qu'il ne sollicitera pas de nouveau mandat.

Ladite liste pourrait éventuellement s'allonger puisque plusieurs mairesses et maires sont encore en réflexion sur leur avenir politique.

Pour Anita Ouellet Castonguay, mairesse de Saint-Alexandre-de-Kamouraska, il est trop tôt pour faire une annonce. Louis-Georges Simard (Rivière-Ouelle), Daniel Laplante (Saint-Germain-de-Kamouraska), Benoît Pilotto (Saint-Onésime-d'Ixworth) et Rosaire Ouellet (Sainte-Anne-de-la-Pocatière) pèsent également le pour et le contre d'un nouveau mandat, à ce moment-ci.

Si plusieurs élus expliquent leur départ par la nécessité d'offrir du sang neuf aux citoyens, d'autres n'hésitent pas à mentionner que les temps sont durs pour les maires et mairesses. Robert Bérubé, maire de Saint-Pacôme, est d'avis que le climat peut être hargneux à l'occasion, que ce soit dans la relation qu'ont les élus avec les citoyens ou même, entre les élus eux-mêmes.

J'ai atteint mes objectifs en tant que maire. Mais oui, des fois, les relations sont difficiles, admet M. Bérubé.

Pour avoir été moi-même dans l'opposition dans les quatre années où j'ai été conseiller avant d'être maire, je sais aujourd'hui ce que c'est de le vivre comme maire, explique-t-il.

En effet, c'est un environnement qui n'est pas toujours facile et avec le temps, ça use.

Une citation de :Robert Bérubé, maire de Saint-Pacôme
Robert Bérubé, coordonnateur du projet

Robert Bérubé, maire de Saint-Pacôme (archives).

Photo : Radio-Canada

Un danger pour la démocratie?

Le professeur invité de l'École nationale d'administration publique (ENAP), Rémy Trudel, est également l'un des anciens ministres des Affaires municipales de la province. Selon lui, le Québec en entier est touché par les nombreux départs d'élus municipaux.

C'est en grande partie à cause des médias sociaux, tranche l'ancien ministre, qui se dit préoccupé par la situation tout la qualifiant de danger pour notre démocratie.

Il ne faut pas avoir peur des mots, il ne faut pas avoir peur de voir la situation telle qu'elle l'est. Il y a un malaise, une insécurité chez celles et ceux qui souhaitent représenter la population.

Une citation de :Rémy Trudel, ancien ministre des Affaires municipales

Rémy Trudel va jusqu'à dire que Québec doit se saisir du dossier dans les plus brefs délais. On ne peut pas attendre des années pour faire des études ou pour analyser et quantifier le problème. On le voit sur le terrain : les gens partent et ce n'est pas toujours parce qu'ils veulent passer plus de temps avec leur famille, ironise le professeur invité de l'ÉNAP.

Toujours selon M. Trudel, la solution au problème ne passe pas par la dénonciation de citoyens agressifs à l'égard d'élus, que ce soit par les réseaux sociaux ou en personne. Là, on embarque les tribunaux là-dedans. Soyons clairs, ça ne fonctionne pas. Je crois qu'il faut privilégier le signalement.

Rémy Trudel, ancien ministre du Parti québécois et professeur invité à l'École nationale d'administration publique (ÉNAP)

Rémy Trudel, ancien ministre des Affaires municipales et professeur invité à l'École nationale d'administration publique (archives).

Photo : Radio-Canada

Le meilleur exemple que j'ai à donner, c'est Hydro-Québec. Ils ont monté une équipe qui répond aux questions et aux préoccupations, même les plus farfelues, des citoyens. [...] On pourrait faire la même chose au municipal! Que des gens soient embauchés pour signaler les situations plus problématiques question de ne pas laisser les élus, surtout ceux des petites municipalités, tous seuls là-dedans!, explique-t-il.

Si Rémy Trudel se dit particulièrement préoccupé par le départ de nombreux élus, il affirme ne pas être le seul. Il faut que la ministre (Andrée Laforest) s'y penche sérieusement. Sans quoi, on va perdre des personnes de qualité ainsi que leurs années d'expérience. Et ça, ce n'est absolument rien de bon pour la santé de la politique municipale, conclut-il.

Les inquiétudes de M. Trudel vont dans le même sens que celles formulées par le président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) et maire de Gaspé, Daniel Côté.

Par ailleurs, l'ancien maire de Témiscouata-sur-le-Lac, Gilles Garon, avait démissionné en raison de commentaires virulents dont il faisait l'objet, sur les médias sociaux.

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