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Chirurgies reportées : Québec se donne deux ans pour revenir au niveau prépandémique

Le ministre Dubé en conférence de presse.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le gouvernement Legault s'est fixé comme objectif de réduire la liste d'attente pour des chirurgies à 100 000 patients d'ici mars 2023.

Avant la pandémie, cette liste comptait 125 000 noms, mais elle s'est accrue depuis, car la COVID-19 a monopolisé le personnel médical et hospitalier du réseau de la santé. Au plus fort de la crise, au printemps 2020, plus de 80 % des interventions étaient repoussées.

Québec estime qu'à l'heure actuelle, 145 000 patients sont en attente d'une chirurgie. Et le gouvernement Legault s'attend à ce que la liste continue de s'allonger dans les prochains mois, notamment parce que plusieurs consultations prévues dans les derniers mois ont été reportées, encore une fois en raison du coronavirus.

Cette liste invisible devrait donc faire grimper le nombre de patients en attente d'une chirurgie à 150 000 d'ici le mois d'octobre.

Réaliste, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a expliqué en conférence de presse jeudi après-midi vouloir stabiliser cette liste d'attente d'ici la fin de l'année en cours. Il faudra attendre à 2022 avant de la voir réduite, a-t-il prévenu.

Rattraper le temps perdu

Pour réduire les listes d'attente, le gouvernement Legault souhaite que le nombre de chirurgies réalisées chaque mois passe de 26 000 présentement à 40 000 en mars 2023. Ce chiffre était de 34 000 avant la pandémie.

Et puis, il faudra aussi réduire les retards. Avant que la COVID-19 ne s'abatte sur le Québec, la liste de patients en attente d'une chirurgie depuis plus d'un an, par exemple, comptait 4000 noms. Elle en compte maintenant 19 000.

Le ministre Dubé souhaiterait que chaque patient qui est actuellement en attente d'une chirurgie soit contacté d'ici la fin de l'été pour être informé de la date à laquelle l'opération se déroulera.

C'est malheureux, mais ce sont ces gens-là qui sont sur la liste d'attente qui ont payé le prix d'attendre pour faire soigner les gens de la COVID-19.

Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

M. Dubé invite en outre les patients qui ne sont pas sur la liste d'attente, mais qui auraient besoin d'une chirurgie, à appeler leur médecin traitant.

Pendant la pandémie, le nombre de consultations ayant débouché sur une demande de chirurgie a diminué de 24 %, a-t-on fait savoir jeudi.

Chirurgie : deux ans de rattrapage en mettant les bouchées doubles

Raccourcir les délais

L'objectif ultime, qui était déjà celui du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) avant la pandémie, sera de réaliser toutes les chirurgies en moins de six mois.

Présente aux côtés du ministre Dubé, jeudi, la sous-ministre adjointe à la Direction générale des affaires universitaires, médicales, infirmières et pharmaceutiques du MSSS, la Dre Lucie Opatrny, a estimé qu'il était réaliste de penser que cette cible pourrait être atteindre en mars 2024.

Pour remplir tous ces objectifs, les cliniques médicales spécialisées (CMS) continueront d'être mises à contribution, a-t-elle aussi confirmé. Le gouvernement a déjà conclu des ententes avec 25 partenaires externes pour désengorger le secteur public. La plupart d'entre elles sont d'une durée de deux ans.

Pour passer en deuxième vitesse, la Dre Opatrny propose également d'augmenter la participation des infirmières auxiliaires en bloc opératoire. Au CHUM, 30 % des infirmières sont des infirmières auxiliaires aux blocs, a-t-elle indiqué, alors que, globalement, au Québec, c'est à peu près 12 %.

La Dre Lucie Opatrny en conférence de presse.

La Dre Lucie Opatrny est sous-ministre adjointe à la direction générale des affaires universitaires, médicales, infirmières et pharmaceutiques du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Malgré tout, Christian Dubé le dit franchement : la reprise prendra du temps.

Le réseau est fatigué, a-t-il rappelé. Tout le monde est d'accord que notre personnel doit se reposer cet été, il y a un consensus là-dessus, et de travailler autrement ne serait pas respectueux de ceux qui ont travaillé depuis la dernière année.

Le ministre a confié à la Dre Opatrny le mandat de mener des discussions avec les partenaires et les syndicats au cours de l'été afin de trouver des solutions innovantes pour réduire la liste d'attente. Pour ce faire, le maintien de l'état d'urgence ne sera pas nécessaire, a reconnu la principale intéressée.

L'opération de rattrapage prendra véritablement son envol à l'automne, lorsque la campagne de vaccination sera derrière nous, a indiqué M. Dubé, selon qui il reste environ 6 millions de deuxièmes doses à administrer.

Avec les informations de La Presse canadienne

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