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Depuis des siècles, l’industrie de la parfumerie nous flatte les narines

Bouteilles des parfums Channel No 5 et Samsara des parfumeurs Coco Channel et Guerlain

L'industrie du parfum est vieille de plusieurs millénaires et est le fruit de sélection de milliers d'odeurs naturelles et artificielles.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L’industrie de la parfumerie de luxe à la fois séduit et intrigue. Comment réalise-t-on un parfum? Des reportages nous lèvent le voile sur ces produits envoûtants.

Grasse, capitale de la parfumerie

Dans cet extrait de reportage présenté à La semaine verte le 27 décembre 1992, la journaliste Aline Desjardins et le réalisateur André Forte nous amènent dans un des lieux les plus importants pour la production de parfums de luxe.

La semaine verte, 27 décembre 1992 (extrait)

Bienvenue à Grasse, ville provençale tout près de Cannes. Grasse est considérée depuis le 17e siècle comme la capitale mondiale du parfum.

Aline Desjardins interviewe tout d’abord Raymond Gatti.

Il fait partie d’une famille d’un petit village à six kilomètres de Grasse, Plascassier, où l’on cultive des fleurs depuis des décennies.

Celui qui est maire adjoint de la ville de Grasse partage avec Aline Desjardins quelques informations sur la cueillette des fleurs.

À Plascassier, on cueille chaque année, du 15 juillet au 15 octobre, les fleurs de jasmin de même que les roses de mai qui possèdent une odeur très subtile.

Raymond Gatti calcule que ses parents et les autres maraîchers de Plascassier produisaient approximativement 1 200 000 kilos de jasmin annuellement.

Pour produire un kilo de fleurs de jasmin, il faut 10 000 fleurs.

Aline Desjardins interviewe aussi Simone Iaropoli, qui est cueilleuse de fleurs.

Elle confirme que c’est un travail qui exige à la fois rapidité et endurance.

C’est en effet une activité éreintante, notamment parce que les cueilleurs sont presque toujours penchés pour récolter les précieuses plantes.

Pour créer, il faut du nez

Il n’y a aucune règle pour faire un parfum. Un parfum, c’est une intuition.

Une citation de :Joseph Fraysse

Pour créer un parfum, il faut des fleurs ainsi que certaines autres matières végétales et animales.

Pour composer un parfum, il faut une expertise très spécialisée. Il nous faut un nez.

Un nez, c’est une personne dotée d’un odorat si sensible qu’elle peut reconnaître les odeurs tout comme les musiciens reconnaissent les notes.

C’est cette personne qui, chez les parfumeurs, est responsable de trouver, de mélanger et de doser les différentes odeurs pour constituer un nouveau produit.

Carrefour, 10 février 1958

La journaliste Judith Jasmin nous présente un des grands nez de France, Joseph Fraysse, qu’elle interviewe dans un reportage diffusé à l’émission Carrefour le 10 février 1958.

Joseph Fraysse montre à Judith Jasmin quelques produits essentiels dans la production de parfums.

Il fait notamment sentir à la journaliste des fleurs de jasmin et des roses de Bulgarie aux effluves si enivrants.

Puis il lui ouvre des contenants dans lesquels on retrouve du musc et de la civette.

Cela, c’est le cas de le dire, ne sent pas la rose !

Judith Jasmin, retenant un peu sa respiration, confie aux téléspectateurs que la civette, ça pue tout simplement comme la mouffette.

Joseph Fraysse explique à une Judith Jasmin, quelque peu étonnée, que ces essences animales, une fois diluées dans des solutions alcooliques, font partie de tous les parfums qu’il a créés.

Reproduire artificiellement les essences de la nature

Joseph Fraysse nous a rappelé qu’au fil du temps, la découverte et l’utilisation de produits synthétiques amènent des développements intéressants pour cette industrie.

Découverte, 15 mai 1995

Un reportage du journaliste Jean-Pierre Rogel et de la réalisatrice Chantal Théorêt présenté à l’émission Découverte le 15 mai 1995 nous en donne un exemple.

L’émission est animée par Charles Tisseyre.

Chantal Théorêt et Jean-Pierre Rogel se sont rendus en banlieue de New York, où ils visitent les laboratoires de l’International Flavors and Fragrance.

Ils y rencontrent un biologiste, Brajam Moukerji, qui professe une croyance peu orthodoxe pour un scientifique.

Le biologiste croit que les fleurs ont des sentiments et qu’elles souffrent lorsqu’on les coupe.

Ce postulat spirituel l’amène à développer une méthode scientifique d’extraction des odeurs du monde floral tout à fait originale.

On sacrifie une fleur d’une variété qu’on place dans un dispositif qui va capturer son essence.

Cette essence est analysée pour en connaître exactement tous les composants. Le résultat permet de reproduire ces derniers en molécules chimiques artificielles.

Cette technique brevetée de reconstitution des recettes des odeurs peut s’appliquer non seulement aux fleurs, mais aussi aux fruits, aux légumes et aux herbes aromatiques.

La palette des parfumeurs s’en trouve ainsi élargie.

Une parfumerie d’ici

La Montréalaise Isabelle Michaud est une des rares personnes à être un nez au Canada.

Téléjournal Grand Montréal 18 h, 19 juin 2015.

Comme le souligne le journaliste Mathieu Dion dans un reportage présenté au Téléjournal Grand Montréal 18 h du 19 juin 2015, elle a aussi fondé une parfumerie qui commence à obtenir une reconnaissance internationale.

Le Téléjournal Grand Montréal 18 h est animé ce jour-là par François Cormier.

Fascinée par les odeurs dès son enfance, Isabelle Michaud a étudié à l’Institut international supérieur de parfumerie de Versailles.

En 2009, elle lance sa ligne de parfums et de savons.

Parmi ses parfums, on retrouve Eau de céleri qui, en avril 2015, est récompensée par l’Institute for Art and Olfaction de Los Angeles.

Dire qu’Isabelle Michaud a créé Eau de céleri pour exorciser son allergie à ce légume…

Ses créations regroupées sous le nom de Monsillage sont vendues au Québec, mais aussi dans le reste du Canada ainsi qu’à New York et à Miami.

En 2024, l’industrie mondiale de la parfumerie pourrait faire un chiffre d’affaires de 45,6 milliards de dollars américains.

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