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Les longues distances ralentissent l'électrification du transport scolaire en région

Quatre autobus dans une cour d'autobus.

Chez Autobus Manic, 26 des 38 autobus sont passés du diesel au propane l'an dernier. Le passage à l'électrique de ces nouvelles acquisitions est prévu pour 2034.

Photo : Radio-Canada / Benoit Jobin

Radio-Canada

Des compagnies de transport scolaire de l’Est-du-Québec se demandent si le transport électrique est adapté aux aléas de leur territoire. Alors que le gouvernement provincial veut électrifier 65 % de le parc d’autobus scolaires de la province d’ici 2030, les transporteurs de la région se retrouvent devant un casse-tête logistique quand vient le temps de renouveler leurs véhicules.

Depuis une semaine, un autobus 100 % électrique transporte des écoliers de Rimouski.

L'entreprise Autobus Dionne compte faire l'acquisition de trois autobus similaires de plus d'ici la prochaine rentrée scolaire afin de réduire l’empreinte carbone de son parc de véhicules.

La directrice des communications, Maude Bernier, explique qu'Autobus Dionne devra cependant utiliser ses nouveaux autobus uniquement pour les petits trajets.

Comme on est en milieux ruraux, on a des autobus qui doivent faire des circuits d’environ 100 à 150 km, dit-elle.

C’est sûr que présentement, les autobus n’ont pas la capacité de desservir tous les circuits qu’on a à la commission scolaire.

Une citation de :Maude Bernier, directrice des communications et des ressources humaines chez Autobus Dionne
Maude Bernier est dans une cour à autobus et derrière elle est stationné le tout premier autobus électrique de la compagnie.

Maude Bernier est directrice des communications et des ressources humaines chez Autobus Dionne.

Photo : Radio-Canada

Certains modèles d’autobus plus performants et plus chers peuvent atteindre jusqu’à 250 km d’autonomie dans des conditions idéales.

Dans des régions éloignées comme la Côte-Nord, les circuits scolaires sont parfois plus longs que cette limite d’autonomie.

Il faudra donc s’armer de patience avant de pouvoir conduire des élèves nord-côtiers dans des autobus entièrement électriques, selon le directeur général des Autobus du Fer, sur la Côte-Nord, Jean-Marie Potvin.

On a hâte que la technologie soit rendue à nos spécificités nordiques. Il faut comprendre que nous, l’hiver, à -30 °C, avec les distances, si on regarde la technologie actuelle, on n’est peut-être pas en mesure de répondre à nos attentes actuellement, estime M. Potvin.

Jean-Marie-Potvin, président de la Chambre de commerce de Port-Cartier

Jean-Marie-Potvin est directeur général des Autobus du Fer (archives).

Photo : Radio-Canada / Lydianne Ouimet

Les transporteurs s’inquiètent aussi du coût d’acquisition de ces autobus, évalué à 300 000 $, soit environ trois fois plus cher que celui des véhicules diesels normalement utilisés.

Le gouvernement subventionne en partie l’achat des autobus et des bornes de recharge pour une durée de trois ans, mais, malgré cela, certains craignent que le coût du transport augmente.

Est-ce que c’est à nos clients de supporter la charge fiscale? Peut-être, mais si c’est le cas, les clients vont comprendre que les prix vont augmenter. On parle des centres de services scolaires, des voyages organisés, etc., s’inquiète Jean-Marie Potvin.

La capacité à réparer les autobus électriques tracasse également les compagnies de transport scolaire. Dans le contexte de pénurie de main-d'œuvre, trouver des électromécaniciens sera un défi supplémentaire pour eux, pense le directeur général d'Autobus Manic, Mario Gallant.

Mario Gallant, directeur d'Autobus Manic.

Mario Gallant est directeur d'Autobus Manic (archives).

Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Cette technologie-là, on ne la connaît pas. Même dans la région, ici, si j’arrive avec un autobus électrique, je ne peux pas le faire réparer nulle part. Le fournisseur d’autobus présentement, c’est Autobus Lion, et il est à Saint-Jérôme. Si j’ai un bris sur un autobus, on n’est pas capables de rien faire ici, on envoie le véhicule à Saint-Jérôme et on le perd pour 2-3-4 semaines, on ne sait pas, appréhende M. Gallant.

Plusieurs transporteurs veulent réduire l'empreinte carbone de leurs activités, mais ils espèrent toutefois que la technologie et le gouvernement seront au rendez-vous pour effectuer ce virage vert sans accroc.

D'après le reportage de Félix Lebel

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