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Une première maison conçue pour les adultes autistes

Des parents qui savent que leur enfant différent aura toujours besoin de supervision, un couple médiatisé qui se cherchait une cause et un réseau de la santé incapable de répondre à la demande croissante d’hébergement pour ces adultes.

Marie-Christine et ses parents Nathalie Ferland et Guy Drolet sont assis sur des chaises.

Marie-Christine et ses parents Nathalie Ferland et Guy Drolet. La femme de 25 ans quittera la maison familiale de Saint-Jean-sur-Richelieu au cours des prochaines semaines pour s'installer dans la première maison Véro et Louis, située à Varennes.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

L’idée de construire une maison adaptée aux particularités sensorielles et aux besoins très diversifiés des personnes qui vivent avec un trouble du spectre de l'autisme se concrétise avec l’ouverture d’une première maison Véro & Louis à Varennes, en Montérégie, qui sera le milieu de vie d’une vingtaine d’entre elles.

Construite au coût de 5 millions de dollars, la nouvelle ressource profitera des services du réseau de la santé pour être plus qu’une simple résidence.

On a entendu parler de cas de personnes autistes qui se retrouvent en CHSLD. Nous, c’est complètement autre chose, c'est un milieu de vie, ils vont passer toute leur vie ici. C'est juste qu'ils vont être encadrés, ils vont être supervisés, et ils vont être stimulés aussi, dit Véronique Cloutier, cofondatrice de la Fondation Véro & Louis.

Deux centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie vont offrir les services de soutien et financer l’hébergement, tandis que la Fondation Véro & Louis s’occupera du bâtiment et de son entretien. C’est le CISSS de la Montérégie-Ouest qui sélectionne les résidents : quelques dizaines d’adultes sont en attente d’hébergement dans la région.

C’est pas juste de la surveillance. On est vraiment dans une programmation éducative qui vise au développement de leur potentiel et de leur autonomie […] Malgré leur condition, ils sont aptes à faire des choix.

Une citation de :Katty Taillon, directrice générale de la Fondation Véro & Louis

Une vingtaine d’employés vont graviter autour des résidents. Des chercheurs de trois universités, également : Université de Montréal, Université de Sherbrooke et l'Université du Québec à Trois-Rivières.

Le directeur des programmes déficience et du trouble du spectre de l'autisme (TSA) du CISSS de la Montérégie-Ouest, Jean-Marc Ricard, explique que son organisation est partie de l'idée de Véronique Cloutier et de Louis Morissette de construire un projet clinique qui répond aux besoins immenses en hébergement pour les autistes de la Montérégie.

C’est tout à fait audacieux et les projets de recherche vont nous aider à démontrer l’aspect novateur. Et si ça donne les résultats escomptés – c’est ce qu'on souhaite – ça va sûrement ouvrir la porte à d'autres modèles d'hébergement, avance Jean-Marc Ricard.

Des gens sont debout devant une maison.

Au centre, Véronique Cloutier et Louis Morissette devant la première Maison Véro et Louis, destinée aux adultes autistes. C'est un milieu de vie pour Marie-Christine (à gauche) et Alexandra (à droite), entourées de leur famille. On aperçoit aussi Dominique Auger et Jean-Marc Ricard, du CISSS de la Montérégie-Ouest, de même que Guylaine Guay, marraine et membre du C. A., Jean-Sébastien Lamoureux, de Lowe's Canada, et Katty Taillon, directrice générale de la Fondation Véro & Louis.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

Une attention toute particulière a été apportée à l’éclairage, à l’acoustique et à l’aménagement des lieux pour créer des grappes, des maisonnettes : par exemple, en regroupant quatre chambres autour d’un petit salon.

On parle du besoin d'intimité. Tout ça est respecté. On parle des particularités sensorielles de chacun. Il y aura des écrans avec des pictogrammes, les routines qui seront affichées. Parce que ces jeunes-là et moins jeunes ont besoin de stabilité, dit Guylaine Guay, mère de deux garçons autistes de 18 et de 20 ans, qui a écrit un livre devenu l'étincelle de la Fondation Véro & Louis.

Véronique Cloutier, Guylaine Guay et Katty Taillon dans un salon

Véronique Cloutier, Katty Taillon et Guylaine Guay réunies dans un des cinq petits salons autour desquels quatre chambres sont aménagées.

Photo : Radio-Canada / Anne-Louise Despatie

J’ai simplement écrit que je rêvais d'une maison qui pourrait accueillir mes deux fils autistes, confie Guylaine Guay. Je pensais plus à mon fils Clovis qui est non verbal et qui aura besoin de supervision toute sa vie durant. C’est important pour moi qu'il y ait de la joie autant pour les gens qui travaillent à la maison, pour les résidents et pour les parents à qui ça va apporter une grande paix d'esprit. Et je sais de quoi je parle.

Une chambre aménagée.

Le modèle retenu par la première maison Véro & Louis ravit les parents de Marie-Christine. Ils s'estiment bien chanceux que leur fille de 25 ans ait été sélectionnée.

C’est ce qu'on pouvait souhaiter de mieux pour notre fille Marie-Christine. C’est un endroit où elle pourrait continuer d'être bien et de s'épanouir quand nous, on ne serait plus capables. Ma plus grande crainte, c'était de me retrouver à 75-80 ans avec un enfant à la maison qui en aurait eu 50 ou 60 ans.

Une citation de :Guy Drolet, père de Marie-Christine

Il a fallu cinq ans pour trouver le financement et le terrain, un don de la ville de Varennes. Le couple Cloutier-Morissette espère maintenant que ce modèle fera des petits.

Les besoins sont grands, ce qui fait qu'aujourd'hui on ouvre la première maison. Mais j’espère qu'il y aura des dizaines de maisons à travers le Québec, soutient Louis Morissette, cofondateur de la Fondation Véro & Louis.

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