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Le présumé tueur de London aurait demandé à un chauffeur de taxi d'appeler la police

Une rangée de policiers travaillent en bordure de route, tandis qu'on voit une voiture de la police de London à l'arrière.

Quatre membres d'une même famille ont perdu la vie dimanche.

Photo : La Presse canadienne / Geoff Robins

La Presse canadienne

L'homme accusé d'avoir volontairement fauché une famille avec son véhicule à London, en Ontario, tuant quatre de ses membres, aurait ensuite demandé à un chauffeur de taxi d'alerter les policiers, a révélé mercredi le patron de l'entreprise de transport.

Hasan Savehilaghi, président de Yellow London Taxi, a raconté qu'un de ses chauffeurs profitait d'une pause cigarette et café, près de son véhicule, dimanche soir, lorsqu'une camionnette noire est arrivée à vive allure près de lui dans le stationnement désert d'un centre commercial.

Le conducteur de la camionnette se serait alors lancé dans une tirade d'injures à l'endroit du chauffeur de taxi, selon M. Savehilaghi. Ce dernier a dit se faire le porte-parole de son employé qui a été grandement secoué par l'incident.

Il a crié à notre collègue d'appeler la police parce qu'il avait tué quelqu'un, a relaté le patron de la compagnie de taxi.

C'est à ce moment-là que le chauffeur aurait remarqué les importants dommages à l'avant de la camionnette ainsi que les traces de sang. Il s'est précipité pour appeler le 911 et alors qu'il était en ligne, il a aperçu une autopatrouille passer tout près.

Sans hésiter, le chauffeur de taxi s'est dirigé en courant vers le véhicule de police pour informer la policière de ce qu'avait confessé l'homme au volant de la camionnette. La policière et plusieurs de ses collègues ont ensuite procédé à l'arrestation du suspect.

Des policiers cherchent des indices à une scène de crime.

La police et plusieurs politiciens parlent d'un crime haineux.

Photo : La Presse canadienne / Geoff Robins

Au moment de son arrestation, il portait un casque militaire et ce qui semblait être un gilet pare-balles, d'après le témoignage du chauffeur de taxi relayé par son patron.

Il riait durant tout le temps de l'intervention et scandait quelque chose, a continué M. Savehilaghi. Le suspect aurait demandé au chauffeur de taxi de filmer son arrestation.

Le chauffeur de taxi est lui-même musulman, d'après les informations de M. Savehilaghi, et il se repose chez lui.

Je suis fier de lui, il a gardé son calme et a été très allumé de faire signe aux policiers pendant qu'il était au téléphone avec le 911. Il n'a pas paniqué, il a fait ce qu'il devait faire à chaque étape, a commenté son patron.

Une famille décimée

Les autorités policières ont décrit l'attaque perpétrée dimanche comme un crime haineux islamophobe visant délibérément une famille en raison de sa foi musulmane.

Les quatre membres de la famille tués représentaient trois générations. Le seul membre à avoir survécu à l'attaque est un jeune garçon de neuf ans qui est toujours hospitalisé en raison de ses blessures graves.

Les quatre victimes mortes dans l'attaque posaient il y a quelque temps pour une photo de famille dans un parc.

De gauche à droite, les quatre victimes tuées dans l'attaque de dimanche à London : Yumna Afzaal, 15 ans, sa mère Madiha Salman, 44 ans, sa grand-mère paternelle, Talat Afzaal, 74 ans, et son père, Salman Afzaal, 46 ans.

Photo : Photo fournie par la famille Afzaal

Les victimes sont Salman Afzaal, 46 ans, son épouse Madiha Salman, 44 ans, leur fille de 15 ans Yumna Afzaal et la grand-mère paternelle Talat Afzaal, 74 ans.

Le suspect de 20 ans, Nathaniel Veltman, fait face à quatre chefs d'accusation de meurtre au premier degré et un chef d'accusation de tentative de meurtre.

Des gens accueillants

Parmi les nombreuses personnes endeuillées, il faut compter les voisins des victimes, dont Craig Tilford, qui habite à quelques maisons de celle de la famille décimée.

J'ai parlé avec Salman et son fils 24 heures avant que ça arrive, s'est-il souvenu.

Mon ami et moi sommes très extravertis, mais pas Salman. Il a vu que mon ami et moi étions en conversation, alors il nous a salués. Mon ami en ourdou et moi en anglais, a raconté M. Tilford.

S'il n'était pas lui-même très proche de la famille, Craig Tilford était bien conscient qu'elle entretenait d'importants liens avec d'autres habitants du quartier.

Dès qu'une nouvelle famille arrivait du Pakistan, Salman et sa famille les accueillaient dans le quartier et les aidaient à s'installer. M. Tilford espère que ceux qui souffrent à la suite de la tragédie pourront se tourner vers leurs voisins plutôt que de se refermer sur eux-mêmes.

Les membres d'une famille se réconfortent sur les lieux du drame.

De nombreux résidents de London sont venus se recueillir sur les lieux du drame.

Photo : La Presse canadienne / Brett Gundlock

Une communauté en deuil

Sur les lieux du crime, mercredi, une pluie torrentielle a effacé les dernières traces de pneus sur le trottoir et les messages d'amour et de soutien dessinés à la craie.

Des montagnes de fleurs, de cartes et d'animaux en peluche se sont retrouvées détrempées pendant que des passants continuaient de s'arrêter pour honorer les victimes.

Pendant ce temps, tous les immeubles du gouvernement ontarien avaient mis leur drapeau en berne mercredi, au lendemain d'une veillée qui a vu des milliers de personnes se rassembler en solidarité devant la mosquée de London.

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