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La DSFM critique vivement la réforme de l’éducation au Manitoba

Les dernières rayons d'un coucher de soleil illuminent le bureau divisionnaire de la DSFM.

La réunion a attiré plus de 130 participants.

Photo : Radio-Canada / Gavin Boutroy

La Commission scolaire scolaire franco-manitobaine (CSFM) a exprimé un point de vue critique sur la réforme de l’éducation au Manitoba, mercredi soir, lors d’une assemblée publique portant sur l’impact du projet de loi 64 sur la modernisation de l'éducation.

Une centaine de participants se sont branchés à la visioconférence, au cours de laquelle les dirigeants ont présenté leur analyse des effets possible de la réforme sur la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM). La rencontre était animée par Bernard Lesage, président de la CSFM, appuyé par le directeur général Alain Laberge.

D'entrée de jeu, Bernard Lesage a souligné le malaise qu’il éprouve au sujet de la devise adoptée par le gouvernement pour sa réforme de l’éducation : Une meilleure éducation, dès maintenant.

De laisser savoir que l’éducation meilleure commence aujourd’hui, je pense que c’est un peu triste d’entendre ça, quand on sait tout le travail qui a été fait par le passé, a-t-il ajouté.

Alain Laberge a renchéri en présentant pendant une demi-heure l'analyse du projet de loi faite par la commission scolaire, qui réunit les 11 commissaires élus de la DSFM.

Le projet de loi 64 en bref

Le projet de loi 64 sur la modernisation de l'éducation prévoit d'abolir les 37 divisions scolaires et de les remplacer par une seule autorité provinciale. La Division scolaire franco-manitobaine est la seule qui serait maintenue, en raison du caractère constitutionnel du droit à la gestion scolaire de la minorité francophone.

La réforme propose la mise sur pied d’un conseil consultatif provincial, avec des parents représentant les 15 nouvelles régions scolaires créées par la province.

Le gouvernement du Manitoba se donne un calendrier de cinq ans pour mener à bien cette réforme de la gouvernance de l’éducation. La nouvelle administration scolaire provinciale devrait pour sa part être en place pour l’année scolaire 2022.

Alain Laberge a déclaré aux participants ne pas être d’un bord ou de l’autre, et a affirmé aux participants que la présentation voulait simplement vous indiquer quels sont les impacts possibles de la réforme. Sa présentation contenait toutefois une véritable critique du projet de loi 64.

Elle remettait notamment en question certains des arguments de la province en faveur de la réforme. Par exemple, M. Laberge a noté que le ministère de l’Éducation justifie les changements nécessaires en pointant du doigt les faibles résultats des élèves manitobains à des tests nationaux ou internationaux d’évaluation de la performance des élèves.

Des décisions nébuleuses

Pour Alain Laberge, ces tests se penchent purement sur la performance académique des élèves dans certains domaines, et ne reflètent pas leur apprentissage.

Il a noté que les tests ne sont pas fondés sur le contenu du curriculum du Manitoba, et que de plus, ils ne mesurent pas l’apprentissage des élèves dans les domaines de la citoyenneté, de l’équité, de la santé mentale et physique, ou encore de l’empathie.

Il a résumé ses pensées en indiquant : nous croyons que le ministère […] est probablement erroné en ce qui concerne la performance et l’apprentissage des élèves.

M. Laberge a plusieurs fois qualifié de nébuleuses les décisions et les intentions de la province, se demandant même si certaines décisions avaient été prises en tirant au sort.

Un homme à lunettes, vêtu d'un veston rouge foncé, debout dans le hall d'entrée d'une école, l'air sérieux.

Alain Laberge est le directeur général de la Division scolaire franco-manitobaine (DSFM).

Photo : Radio-Canada / Fernand Detillieux

L’interprétation de la CSFM des objectifs de la province est tout aussi incisive.

Nous avons l’impression que le ministère de l’Éducation veut procéder à des amalgamations de divisions scolaires dans un simple but d’austérité et de compression sur le dos des administrateurs; ceci sans réellement comprendre l’impact sur les écoles, les parents, mais surtout, les élèves, a affirmé Alain Laberge dans sa présentation.

Nous avons l’impression que le ministère de l’Éducation veut se débarrasser des commissaires élus démocratiquement afin d’éviter d’avoir à rendre des comptes, ajoute-t-il.

Selon la présentation faite mercredi soir, la CSFM croit que la province balaie sous le tapis les vrais défis auxquels l’éducation publique est confrontée, soit la pauvreté, l’égalité des chances et le besoin de travailleurs sociaux, de conseillers et de cliniciens, entre autres.

Quant aux objectifs de la province, Alain Laberge croit qu’ils peuvent être atteints dans le cadre des présentes lois portant sur l’éducation au Manitoba.

Les questions des parents

La présentation a été suivie de questions du public. Un participant a rapidement demandé aux administrateurs quel était l’intérêt de la CSFM à être contre ce projet de loi.

Alain Laberge a laissé à Bernard Lesage le soin de répondre.

Ce n’est pas nécessairement une question d’être pour ou contre. Il s’agit de clarifier la place que la DSFM va prendre dans la nouvelle loi scolaire […], mais c’est vrai qu’en même temps, nous avions auprès des autres commissions scolaires des alliés, des collègues avec lesquels on a fait avancer l’éducation publique, a répondu le président de la CSFM.

Un homme assis en rencontre écoute attentivement.

Le président de la Commission scolaire franco-manitobaine, Bernard Lesage.

Photo : Radio-Canada / Bert Savard

Bernard Lesage a ajouté qu’il existait une belle synergie entre les divisions scolaires et a souligné que la CSFM comprenait tout particulièrement l’importance de la représentation de diverses communautés scolaires.

D’autres questions du public portaient sur les manières possibles de signaler son mécontentement au projet de loi. Bernard Lesage a indiqué qu’on peut écrire aux élus provinciaux et note qu’il a entendu très peu de choses de la part du caucus progressiste-conservateur à ce sujet.

Il indique par ailleurs qu’il est possible de s’inscrire comme intervenant lors de débats qui auront lieu en octobre ou en novembre au palais législatif. La CSFM figure parmi les quelque 300 intervenants qui ont déjà signalé vouloir être entendus par le comité parlementaire qui reverra le projet de loi.

Une autre question portait sur l’impact possible de ce projet de loi sur la gouvernance de la DSFM. A priori, selon Bernard Lesage, la CSFM est responsable de sa propre gouvernance et ne devrait pas être inquiétée par la réforme à cet égard. Cependant, il attend des clarifications de la province à ce sujet.

La CSFM attend des réponses à plusieurs questions, selon ses administrateurs. Par exemple, l’impact du projet de loi sur les écoles d’immersion française reste vague, tout comme son effet possible sur le financement de la DSFM.

Ainsi, 30 questions portant sur l’effet de ce projet de loi sur la DSFM ont été envoyées au ministère de l’Éducation au début de mai. Celles-ci, indiquent les responsables de la division scolaire, restent toujours sans réponse.

La CSFM indique qu’elle préparera un document avec des questions et des réponses qu’elle publiera sur son site web.

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